ARAB SA­LIM Les femmes ont pris en main le tri

Dans le vil­lage de Arab Sa­lim, au Li­ban-sud, les femmes se chargent elles-mêmes de la col­lecte, du tri et de la re­vente des pro­duits re­cy­clables et ce, de­puis 1995.

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Dans le vil­lage de Arab Sa­lim, les ha­bi­tants trient les dé­chets de­puis 1995, grâce à l’ini­tia­tive d’une femme, Zei­nab Mo­kal­led, fon­da­trice de l’as­so­cia­tion Les Femmes d’arab Sa­lim. En 1995, ex­cé­dée par la mau­vaise ges­tion des dé­chets dans sa mu­ni­ci­pa­li­té, ce pro­fes­seur de langue arabe dé­cide de réunir ses amies et étu­diantes pour al­ler se faire en­tendre au­près des au­to­ri­tés lo­cales.

Très vite, les femmes d’arab Sa­lim réa­lisent que si elles sou­haitent vivre dans un en­vi­ron­ne­ment propre, il ne leur fau­dra comp­ter que sur elles-mêmes. «Les hommes étaient oc­cu­pés, la ville comme tout le Sud était en­core sous oc­cu­pa­tion is­raé­lienne, il n’y avait à l’époque que les femmes de la ville qui se pré­oc­cu­paient de ce su­jet», se sou­vient-elle. «Nous avons alors com­men­cé avec qua­torze femmes vo­lon­taires. Nous voyions les or­dures au bord des routes: beau­coup de nour­ri­ture mais aus­si des ma­té­riaux comme du plas­tique, du car­ton, des mé­taux, nous nous sommes ren­du compte du gâ­chis et avons mis en place un sys­tème de tri. Nous je­tions alors les dé­chets or­ga­niques sur un ter­rain non loin du vil­lage et ré­cu­pé­rions les ma­té­riaux re­cy­clables que nous sto­ckions au dé­but tout sim­ple­ment chez nous, dans nos jar­dins.» Les femmes ont com­plè­te­ment pris en main la ges­tion mu­ni­ci­pale des dé­chets, de­puis la col­lecte au porte-à-porte jus­qu’à la re­vente. «Au­jourd’hui, nous avons même une pe­tite usine, où nous pou­vons pré­pa­rer les or­dures re­cy­clables à être re­ven­dues, pour­suit Zei­nab. Mal­heu­reu­se­ment, les usines nous ra­chètent ces ma­té­riaux à des prix dé­ri­soires: la tonne de plas­tique est par exemple à 200 000 livres li­ba­naises, le verre à 50 dol­lars. Sur le pa­pier et le car­ton, nous ne ga­gnons pra­ti­que­ment rien car nous sommes obli­gées de payer un chauf­feur pour les en­voyer à Bey­routh. Notre rêve est de pou­voir éga­le­ment com­pos­ter nos dé­chets or­ga­niques. Mais pour ce­la, il fau­drait en­core avoir un bud­get… ».

PEU DE MOYENS L’as­so­cia­tion bé­né­fi­cie de dons ma­té­riels.

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