GAS­TRO­NO­MIE

Le Mensuel Magazine - - Économie Temps Fort -

PRE­MIER RANG SUR LE MAR­CHÉ DU LUXE ET DU VIN.

«le mar­ché des cos­mé­tiques au Li­ban est pri­mor­dial pour la ré­gion. Mal­gré sa pe­tite taille (par rap­port aux mar­chés eu­ro­péens), le mar­ché li­ba­nais est très dy­na­mique et il oriente les ten­dances au Moyen-orient. Beyrouth reste la ca­pi­tale de la mode, de l’art et de la beau­té. Il s’agit d’une des­ti­na­tion pri­vi­lé­giée pour le luxe et les cos­mé­tiques dans toute la ré­gion. Avec l’ar­ri­vée d’un grand nombre de marques in­ter­na­tio­nales, le mar­ché est de­ve­nu très com­pé­ti­tif.»

C’est ce que confirme une étude réa­li­sée par

en 2014, qui a es­ti­mé le mar­ché de la cos­mé­tique de luxe au Li­ban (par­fum, soins et ma­quillage) à 65 mil­lions de dol­lars.

«La France est le pre­mier four­nis­seur du Li­ban en pro­duits cos­mé­tiques, avec une es­ti­ma­tion de part de mar­ché de 60%, écrit Ubi­france. La pré­sence des marques fran­çaises s’avère pré­pon­dé­rante. La clien­tèle est vaste et di­ver­si­fiée. Elle est bien in­for­mée, ex­trê­me­ment exi­geante, avec des com­por­te­ments, des at­tentes et des as­pi­ra­tions va­riées. Il s’agit d’un mar­ché qui évo­lue ra­pi­de­ment». Et sur le­quel les consom­ma­trices, crise ou pas, achètent en toutes cir­cons­tances. «La femme li­ba­naise ac­corde beau­coup d’im­por­tance à la beau­té, ajoute Philippe Pat­sa­lides. Dans cer­tains do­maines, comme la coif­fure ou le ma­quillage, le Li­ban dé­passe même cer­tains pays eu­ro­péens. Le soin et le ma­quillage res­tent an­crés dans les ha­bi­tudes de nos clientes li­ba­naises: même lorsque la si­tua­tion est dif­fi­cile, les femmes ne peuvent mettre com­plè­te­ment de cô­té leurs dé­si­rs de beau­té et de bien-être, sur­tout avec le phé­no­mène des ‘sel­fies’ à tout mo­ment de la jour­née.»

Se­lon Ubi­france, la France oc­cupe aus­si le 1er rang sur le mar­ché de la gas­tro­no­mie de luxe. «L’hexa­gone s’af­fiche comme le pre­mier four­nis­seur de vin grâce à son image de pres­tige et de qua­li­té, avec une part éva­luée à 70%. Pro­fes­sion­nels comme par­ti­cu­liers ne dis­si­mulent pas leur pré­fé­rence pour le raf­fi­ne­ment cu­li­naire fran­çais. Les marques fran­çaises au Li­ban sont, soit im­plan­tées lo­ca­le­ment, soit dis­tri­buées par un agent lo­cal».

L’OBS­TACLE RISQUE-PAYS. Au­jourd’hui, la mau­vaise per­cep­tion des in­ves­tis­seurs concer­nant le risque-pays ap­pa­raît comme le prin­ci­pal pro­blème qui em­pêche le Li­ban de de­ve­nir la ca­pi­tale ré­gio­nale des af­faires dans la ré­gion. «Le Li­ban souffre de cette mau­vaise image de pays in­stable, d’ab­sence d’ins­ti­tu­tions fiables, ce qui ne ras­sure pas, re­grette Sté­phane At­ta­li. Beau­coup d’in­ves­tis­seurs fran­çais, qui pen­saient ini­tia­le­ment à Beyrouth, ont fi­na­le­ment pré­fé­ré Du­baï pour dé­ve­lop­per des ac­ti­vi­tés, no­tam­ment ces der­nières an­nées quand le pays se trou­vait sans pré­sident. Le Li­ban est pas­sé à cô­té de belles op­por­tu­ni­tés du­rant cette pé­riode.»

Se­lon le di­rec­teur gé­né­ral de L’ESA, cette mau­vaise per­cep­tion du pays ex­pli­que­rait, en par­tie, l’éro­sion des parts de mar­ché des grands groupes fran­çais au Li­ban. «De nou­velles op­por­tu­ni­tés se dé­ve­loppent dans les nou­velles tech­no­lo­gies, avec la cir­cu­laire 331 de la BDL, et avec la pers­pec­tive de la re­cons­truc­tion de la Sy­rie, à la­quelle les Fran­çais pour­raient tra­vailler avec les Li­ba­nais. C’est aus­si une op­por­tu­ni­té pour le Li­ban».

Si le pays du Cèdre at­tend beau­coup de la pos­sible dé­cou­verte de gaz et de pé­trole au large de ses côtes, la plu­part des ex­perts fran­çais in­ter­ro­gés es­timent qu’«il ne s’agit pas d’une op­por­tu­ni­té éco­no­mique im­mi­nente, le Li­ban ayant pris beau­coup de re­tard dans cette course ré­gio­nale.» Les deux dé­crets in­dis­pen­sables au lan­ce­ment de l’ap­pel d’offres pour l’ex­plo­ra­tion viennent à peine d’être adop­tés par le gou­ver­ne­ment après 4 ans de blo­cage. Par consé­quent, les Fran­çais pré­fèrent se tour­ner vers d’autres sec­teurs, no­tam­ment ce­lui du dé­ve­lop­pe­ment de l’in­no­va­tion, boos­té par la cir­cu­laire 331 de la BDL.

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