DR HA­BIB TORBEY

Le Mensuel Magazine - - Économie Internet -

«Le re­dres­se­ment peut être ra­pide» (...) «si tant est que le gou­ver­ne­ment lève toutes les res­tric­tions au dé­ve­lop­pe­ment du sec­teur».

était aus­si mal vu de la part de ceux qui cher­chaient à im­po­ser des res­tric­tions aux li­ber­tés pu­bliques. Les gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs ont aban­don­né la po­li­tique de li­bé­ra­lisme éco­no­mique au pro­fit d’une po­li­tique di­ri­giste, qui s’est avé­rée dé­sas­treuse pour le sec­teur. La nou­velle loi des télécoms, la loi n°431, qui donne une orien­ta­tion li­bé­rale au sec­teur, a été aban­don­née au pro­fit d’un re­tour à une loi an­té­rieure da­tant de 1957», ex­plique le Dr Torbey. «Celle-ci a im­po­sé une orien­ta­tion mo­no­po­lis­tique au sec­teur, qui pré­date le dé­ve­lop­pe­ment de tous les ser­vices de té­lé­com­mu­ni­ca­tions mo­dernes, et ce­ci, sans qu’au­cun dé­pu­té ne conteste l’aban­don uni­la­té­ral d’une loi dû­ment vo­tée par le Par­le­ment. Du­rant cette pé­riode, le sec­teur des télécoms n’a été vu que sous l’angle des re­cettes fis­cales et non sous l’angle de vec­teur es­sen­tiel au dé­ve­lop­pe­ment de l’éco­no­mie. Des ten­ta­tives iso­lées de dé­blo­cages se sont vite heur­tées au mur des conflits po­li­tiques. Le re­tard pris par le Li­ban est dé­sor­mais énorme. De pion­nier mon­dial du sec­teur en 1998, le pays s’est re­trou­vé à la traîne, en­traî­nant des ré­per­cus­sions dé­sas­treuses sur la crois­sance, la com­pé­ti­ti­vi­té du pays et sa ca­pa­ci­té à pro­duire de la ri­chesse. Ce­ci dit, le re­dres­se­ment peut être ra­pide. Nous sa­vons ce qui doit être fait, le pays pos­sède les com­pé­tences et les moyens fi­nan­ciers pour une mise en oeuvre ra­pide d’un plan, si tant est que le gou­ver­ne­ment lève toutes les res­tric­tions au dé­ve­lop­pe­ment du sec­teur», ex­plique le Dr Torbey.

Les pro­fes­sion­nels du sec­teur ne comptent plus les op­por­tu­ni­tés man­quées. Un des fac­teurs prin­ci­paux qui dis­suade les so­cié­tés in­ter­na­tio­nales à ou­vrir leurs bu­reaux ré­gio­naux au Li­ban est la mau­vaise qua­li­té des in­fra­struc­tures et ser­vices té­lé­com. Pour­tant, Beyrouth a beau­coup d’atouts pour les at­ti­rer. Plu­sieurs exemples sont sou­vent ci­tés:

Une très grande so­cié­té amé­ri­caine d’in­for­ma­tion et de com­mu­ni­ca­tion avait dé­ci­dé en 2006 d’ou­vrir un bu­reau ré­gio­nal à Beyrouth. Pour les be­soins de son ac­ti­vi­té, une vi­tesse de 100 mé­ga­bits par se­conde était né­ces­saire. Vu l’im­pos­si­bi­li­té de s’en pro­cu­rer au Li­ban, cette so­cié­té a dû fi­na­le­ment s’ins­tal­ler au Caire, où elle em­ploie quelque 5 000 sa­la­riés. Au­tant d’op­por­tu­ni­tés d’em­plois qua­li­fiés, man­quées pour les Li­ba­nais.

De même, des mé­de­cins spé­cia­li­sés en ra­dio­lo­gie ont vou­lu créer un sys­tème de té­lé­ra­dio­lo­gie en contrat avec des hô­pi­taux aux Etats-unis. La vi­tesse de l’in­ter­net né­ces­saire pour ce genre de com­mu­ni­ca­tion était de 500 mé­ga­bits par se­conde. De­vant l’im­pos­si­bi­li­té de s’en pro­cu­rer, ils ont pré­fé­ré s’ins­tal­ler en Is­raël.

Fi­na­le­ment, les obs­tacles ar­ti­fi­ciels mis de­vant le dé­ve­lop­pe­ment des call-centers a fait ra­ter au Li­ban la vague mon­diale des dé­lo­ca­li­sa­tions de ces centres au pro­fit du Ma­roc et de l’inde, fai­sant ain­si perdre des di­zaines de mil­liers d’em­plois qua­li­fiés.

DANS DEUX MOIS, NOUS ASSISTERONS À UNE NETTE AMÉ­LIO­RA­TION DES SER­VICES TÉLÉCOMS DANS TOUT LE PAYS.

Newspapers in French

Newspapers from Lebanon

© PressReader. All rights reserved.