PE­TITS AR­RAN­GE­MENTS

Le Mensuel Magazine - - Économie Temps Fort -

Que se passe-t-il lorsque la po­lice met la main sur un vé­hi­cule vo­lé à l’étran­ger? Dans la plu­part des cas, in­dique le lieu­te­nant-co­lo­nel Saad, la­dite voi­ture res­te­ra au Li­ban… dans les mains de son nou­veau pro­prié­taire. A cette bi­zar­re­rie, plu­sieurs ex­pli­ca­tions.

D’abord, le fait que le vol a été dé­cla­ré, la plu­part du temps, par le pro­prié­taire ini­tial dans son pays de ré­si­dence, par exemple, la Bel­gique. Comme cha­cun sait, une dé­cla­ra­tion de vol à sa com­pa­gnie d’as­su­rance en­traîne le re­ver­se­ment d’une prime à l’as­su­ré. De fait, sou­ligne Ni­co­las Saad, l’as­su­reur de­vient alors lé­ga­le­ment le pro­prié­taire du vé­hi­cule vo­lé, s’il est re­trou­vé. Quid du nou­vel ache­teur alors? Perd-il son vé­hi­cule? Est-il sai­si par la po­lice? Et bien non, se­lon l’of­fi­cier des FSI, qui es­time qu’il se­rait im­pos­sible de sto­cker toutes les voitures sai­sies. Par ailleurs, il re­lève la dif­fi­cul­té pour la po­lice comme pour la jus­tice, de prou­ver que l’ache­teur de la voi­ture vo­lée sa­vait qu’il s’agis­sait d’un bien frau­du­leux. Jus­qu’ici, le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique n’a ja­mais pour­sui­vi les ac­qué­reurs.

La lo­gique vou­drait aus­si que le bien vo­lé soit ra­pa­trié dans le pays d’ori­gine. Trop coû­teux, car l’as­su­reur a dé­jà ver­sé une prime au pro­prié­taire ini­tial, et n’a pas for­cé­ment en­vie de payer en­core des frais, comme le coût d’un transport par ba­teau, d’un avo­cat, ou en­core, du sto­ckage dans un dé­pôt, en at­ten­dant la re­vente. Le scé­na­rio le plus fré­quent se­lon l’of­fi­cier des FSI, est tout autre. Le nou­veau pro­prié­taire du bien vo­lé se met en contact avec les re­pré­sen­tants de la com­pa­gnie d’as­su­rance au Li­ban. Ceux-ci lui pro­po­se­ront alors, de «lé­ga­li­ser» le vé­hi­cule, en payant une cer­taine somme, es­ti­mée de 20000 à 30000$.

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