CONDUIRE

Le Mensuel Magazine - - Combien Ça Coûte -

en 2012. «Je voyais mes amis fran­çais ga­lé­rer pour ré­vi­ser leurs épreuves du per­mis, sans comp­ter qu’ils doivent dé­bour­ser au moins 1000 eu­ros pour le pas­ser! Pour 400 dol­lars et quelques heures de conduite, j’avais mon per­mis li­ba­nais en poche. En réa­li­té, la seule dif­fi­cul­té que j’ai ren­con­trée était l’at­tente, le jour de l’exa­men.»

RÉ­FORME DU PER­MIS. Dans ce contexte, les pro­fes­sion­nels du sec­teur se battent pour qu’un nou­veau per­mis soit mis en place et pour qu’un mi­ni­mum d’heures de conduite soit ren­du obli­ga­toire.

«Nous de­man­dons à ce que les Li­ba­nais soient obli­gés de s'en­traî­ner pen­dant quelques heures en cir­cuit ou­vert, c’est-à-dire en pleine cir­cu­la­tion», in­siste Ca­mille Chal­houb. Il exis­te­rait au Li­ban près de 700 au­to-écoles, dont moins de 5% pro­posent des heures de conduite hors cir­cuit. «La plu­part d'entre elles pro­posent quelques heures au can­di­dat, pour qu’il s’en­traîne sur le par­king, avant de pas­ser l’exa­men» re­lève Chal­houb.

Se­lon les sources in­ter­ro­gées par Ma­ga­zine, il se­rait éga­le­ment tou­jours pos­sible d’ache­ter un per­mis de conduire «au noir» pour environ 600 000 L.L.. «Il s’agit de faux per­mis de conduire», mettent en garde les pro­fes­sion­nels, qui conseillent de res­ter très vi­gi­lants face à ce genre de pra­tiques.

La «was­ta» est une pra­tique cou­rante le jour de l'exa­men. «Par exemple, un ap­pren­ti qui com­met "une pe­tite faute" lors du test de conduite, si sa voi­ture a ca­lé ou qu’il a dé­pas­sé un peu les lignes blanches, dé­bour­se­ra entre 50 et 100$ sup­plé­men­taires, pour que son er­reur soit igno­rée», té­moigne une source qui a pré­fé­ré gar­der l’ano­ny­mat.

L’ap­pli­ca­tion de Sak­ker el-dek­kene, qui per­met aux Li­ba­nais de si­gna­ler les cas de cor­rup­tion qu’ils ren­contrent au quo­ti­dien, a ré­per­to­rié 105 si­tua­tions de ce type pour un mon­tant de 14 mil­lions de L.L., en ce qui concerne l’ad­mi­nis­tra­tion du tra­fic. «Ce mon­tant ne re­pré­sente que les cas dé­cla­rés, qui ne sont pas né­ces­sai­re­ment tous re­liés au per­mis», pré­cise Ra­bih Nas­sar, le pré­sident de L’ONG. Il est ain­si très dif­fi­cile de ra­ter son per­mis au Li­ban, tant l’épreuve est sym­bo­lique et rat­tra­pable.

Newspapers in French

Newspapers from Lebanon

© PressReader. All rights reserved.