JEAN-MA­RIE LE GUEN «LE FRAN­ÇAIS EST LANGUE D’AC­TION ÉCO­NO­MIQUE ET DI­PLO­MA­TIQUE»

Le Mensuel Magazine - - Francophonie -

Se­lon vous, quels sont les chan­tiers prio­ri­taires de la fran­co­pho­nie?

Lorsque l’on parle de la fran­co­pho­nie au Li­ban, c’est d’abord la cé­lé­bra­tion d’une re­la­tion par­ti­cu­lière, le mé­lange de l’iden­ti­té de deux na­tions. Le monde fran­co­phone re­groupe plus de 260 mil­lions de per­sonnes, et au­ra un im­pact dé­mo­gra­phique consi­dé­rable au XXIE siècle. L’afrique connaît le développement dé­mo­gra­phique et éco­no­mique que l’on sait… ce qui fait que la fran­co­pho­nie brasse de plus en plus de po­pu­la­tions dans leur di­ver­si­té. C’est aus­si la troi­sième com­po­sante d’un monde éco­no­mique. On cé­lèbre la fran­co­pho­nie à tra­vers la langue, la culture, les po­li­tiques qu’elle porte, mais ce­la va bien au-de­là. C’est une langue d’ac­tion éco­no­mique, d’ac­tion di­plo­ma­tique. C’est un es­pace sin­gu­lier, ef­fi­cace et cha­leu­reux de com­mu­ni­ca­tion.

Quels en sont les prin­ci­paux dé­fis ?

D’abord, ce­lui du nu­mé­rique. Com­ment la fran­co­pho­nie peut prendre pos­ses­sion de ce nou­veau conti­nent qu’est le nu­mé­rique? Il est né dans un lan­gage qui n’est pas spon­ta­né­ment le nôtre, il faut se l’ap­pro­prier. Le deuxième dé­fi concerne la ca­pa­ci­té à for­mer les cen­taines de mil­liers d’en­sei­gnants, en Fran­çais, dont le monde fran­co­phone a be­soin, tout par­ti­cu­liè­re­ment en Afrique. Com­ment for­mer 100000 à 200000 en­sei­gnants en Fran­çais? C’est un dé­fi consi­dé­rable qui de­vrait être por­té par toutes les com­mu­nau­tés fran­co­phones. Il y a des res­sources hu­maines que l’on pour­rait très lar­ge­ment par­ta­ger. Pour­quoi de­main les en­sei­gnants dont on a be­soin, au Sé­né­gal ou au Ni­ger, ne pour­raient-ils pas être aus­si de jeunes Li­ba­nais fran­co­phones qui au­raient en­vie de par­ti­ci­per à cette aven­ture mon­diale qu’est la fran­co­pho­nie?

Le se­cré­taire d’etat à la Fran­co­pho­nie et au Développement, Jeanma­rie Le Guen, a cé­lé­bré la fête du 20 mars au Li­ban. L’oc­ca­sion pour

de sur ces thé­ma­tiques.

La fran­co­pho­nie n’est pas en perte de vi­tesse, se­lon vous?

Il y a un «glo­bish» qui s’est dé­ve­lop­pé et qui sert de langue de com­mu­ni­ca­tion in­ter­na­tio­nale, mais le Fran­çais est quelque part, à la fois en mi­roir de cette langue, et en même temps, por­teur de va­leurs et de di­men­sion cultu­relle — sans vou­loir être pré­somp­tueux — d’une autre na­ture que celles por­tées par l’an­glais. On a sou­vent dit que l’an­glais consti­tuait le re­lais idéo­lo­gique des Etats-unis, on voit bien que ça va de­ve­nir plus com­pli­qué. Il y a une culture et un es­pace propre qui est ce­lui de la fran­co­pho­nie.

Votre mi­nis­tère al­lie Fran­co­pho­nie et Développement. Se servent-ils mu­tuel­le­ment?

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