DE 15 À 20 ANS

Le Mensuel Magazine - - Santé -

est aus­si sus­cep­tible d’ap­pa­raître chez les jeunes, par hé­ré­di­té. En ef­fet, la mu­ta­tion d’un gène bien spé­ci­fique, le gène Par­kin, peut dé­clen­cher la ma­la­die pré­co­ce­ment et bou­le­ver­ser pro­fon­dé­ment le quo­ti­dien de l’in­di­vi­du qui en est at­teint, d’au­tant qu’il s’agit d’un su­jet jeune. D’autres fac­teurs, tels que les trau­ma­tismes ré­pé­tés au ni­veau de la tête (ce fut le cas du grand boxeur Mo­ha­med Ali, dé­cé­dé de com­pli­ca­tions sur­ve­nant, en rai­son du Par­kin­son) et cer­tains pro­duits toxiques, pou­vant at­ta­quer une ré­gion bien ci­blée du cer­veau, sont au coeur de cette ma­la­die dé­gé­né­ra­tive.

LE PAR­KIN­SON TOUCHE 1% DE LA PO­PU­LA­TION LI­BA­NAISE.

LA TRIADE DE LA MA­LA­DIE DE PAR­KIN­SON. Trois symp­tômes car­di­naux ca­rac­té­risent la ma­la­die, d’après le Dr Abboud : les trem­ble­ments, la rai­deur et la len­teur. Les trem­ble­ments agissent sur le corps du­rant le temps de re­pos et de ma­nière asy­mé­trique. En d’autres termes, ce ne sont pas, par exemple, les deux mains qui «vibrent» (dans ce cas, il s’agi­ra de trem­ble­ment es­sen­tiel, ma­la­die neu­ro­lo­gique qui touche le corps au re­pos ou lors de gestes pré­cis, à ne pas confondre avec la ma­la­die de Par­kin­son), mais une seule. Ajou­tons à ce­la que tout «Par­kin­so­nien» court le risque de de­ve­nir ami­mique (su­bis­sant, dans ce sens, une ré­duc­tion de la mo­bi­li­té du vi­sage, in­dé­pen­dante de toute pa­ra­ly­sie).

Comme le manque de do­pa­mine est à l’ori­gine de la ma­la­die, le meilleur trai­te­ment consis­te­ra à com­bler cette «carence». Ain­si, en pre­nant de la do­pa­mine par voie orale, le «Par­kin­so­nien» ré­cu­père son état nor­mal. Cette «gué­ri­son», qui s’ins­crit dans une phase qu’on ap­pelle la «lune de miel», n’est tou­te­fois pas in­dé­fi­nie. Pas­sé un cer­tain nombre d’an­nées, le pro­ces­sus qui a dé­clen­ché, au dé­part, la mort des neu­rones fa­bri­quant la do­pa­mine, est ré­ac­ti­vé et la ma­la­die de­vient alors in­con­trô­lable. Bien que d’autres moyens existent aus­si pour lut­ter contre le Par­kin­son, le ma­lade ar­ri­ve­ra tou­jours à un stade où le trai­te­ment ne don­ne­ra plus d’ef­fet, mais ga­gne­ra 15 à 20 ans sup­plé­men­taires. La chi­rur­gie fait au­jourd'hui par­tie des trai­te­ments aux­quels on a re­cours pour se soi­gner. Le Dr Abboud ex­plique ain­si que «le cer­veau de l’in­di­vi­du qui souffre de Par­kin­son com­porte des par­ties hy­per­ac­tives». Pour li­mi­ter ce­la, une élec­trode, re­liée à un pa­ce­ma­ker ou sti­mu­la­teur car­diaque (dispositif in­tro­duit dans l’or­ga­nisme, four­nis­sant des im­pul­sions élec­triques), est im­plan­tée dans la ré­gion en ques­tion, pro­vo­quant une nette amé­lio­ra­tion, no­tam­ment au ni­veau des symp­tômes cli­niques de la ma­la­die.

NOU­VELLES DÉ­COU­VERTES. La dé­gé­né­res­cence de la struc­ture cé­ré­brale se trou­vant à l’ori­gine de la ma­la­die de Par­kin­son, de ré­cents es­sais ont per­mis de mon­trer qu’une greffe de neu­rones, ren­due pos­sible grâce à une trans­plan­ta­tion de cel­lules ca­pables de rem­pla­cer les neu­rones per­dus et de sé­cré­ter de la do­pa­mine, pour­rait se sub­sti­tuer à toute prise de mé­di­ca­ments.

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