NOTRE DI­LEMME DE GOU­VER­NANCE PO­LI­TIQUE

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l’ab­sence bien évi­dente de la trans­pa­rence dans le ma­na­ge­ment pu­blic, l’om­ni­pré­sence de la culture de cor­rup­tion et la perte de la no­tion de res­pon­sa­bi­li­té.

S’il est conce­vable de confier le pou­voir po­li­tique à des per­sonnes qua­li­fiées, afin d’as­sai­nir et de pro­fes­sion­na­li­ser la scène pu­blique, l’on est en me­sure de s’in­ter­ro­ger sur les cri­tères de choix de ces per­sonnes. En d’autres termes, le clien­té­lisme, qui ca­rac­té­rise la po­li­tique li­ba­naise, va en­traî­ner un bou­le­ver­se­ment des normes et un che­mi­ne­ment vers une sorte de dic­ta­ture dé­ci­sion­nelle et bu­reau­cra­tique, ce qui risque d’am­pli­fier la haine et les tensions struc­tu­relles, à l’ins­tar de celles qui ap­pa­raissent de temps à autre dans la so­cié­té li­ba­naise.

Oui, notre sys­tème éta­tique a dé­ra­pé du fait que l’ap­pa­reil exé­cu­tif et lé­gis­la­tif prend des dé­ci­sions tech­niques en se ba­sant, peut-être, sur des réa­li­tés fi­nan­cières, mais sans te­nir compte des vi­sions à éta­blir, des plans à concré­ti­ser ou des po­li­tiques pu­bliques à en­vi­sa­ger.

De plus, le contre-pou­voir s’avère ca­duc, aux deux ni­veaux in­ter­éta­tiques, comme le Conseil consti­tu­tion­nel, le Conseil d’etat, la fonc­tion pu­blique, la Cour des comptes et l’ins­pec­tion cen­trale, ou ex­tra-éta­tiques, comme le pou­voir de par­ti­ci­pa­tion des ci­toyens par le biais de la so­cié­té ci­vile et de l’exer­cice de leur droit d’être in­for­més pré­ci­sé­ment sur les dé­penses pu­bliques, les sa­laires et les contrats si­gnés par l’ad­mi­nis­tra­tion pu­blique. Dans ce contexte, s’ins­crivent les re­com­man­da­tions de L’OCDE, qui consacrent des prin­cipes di­rec­teurs, comme la par­ti­ci­pa­tion libre et éveillée des ci­toyens, afin de concré­ti­ser le prin­cipe de trans­pa­rence, et de res­pon­sa­bi­li­ser les ci­toyens et di­ri­geants, ce qui as­sure le res­pect de la bonne gou­ver­nance.

Nous sommes de­vant un di­lemme de gou­ver­nance pu­blique qui sus­cite de nom­breuses ques­tions. Qui prend les dé­ci­sions? Sui­vant quelles normes? La trans­pa­rence existe-t-elle réel­le­ment? La res­pon­sa­bi­li­sa­tion des dé­ci­deurs pour­rait-elle voir le jour?

La gou­ver­nance est or­ga­ni­que­ment liée à la ma­nière dont le pou­voir est exer­cé. Nos ex­pé­riences au Li­ban, ré­vèlent net­te­ment l’ur­gence de re­voir nos stra­té­gies, et de re­con­si­dé­rer les choix faits pour dé­si­gner nos dé­pu­tés et les dé­ci­sions prises par le lé­gis­la­teur et les po­li­ti­ciens. Ce­ci per­met­tra de sor­tir de ce di­lemme et d’as­sai­nir la classe, le choix et les vi­sions po­li­tiques.

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