L’HIS­TOIRE

Le Mensuel Magazine - - Revisitée -

Lors­qu’il di­ri­geait l’ar­mée, l’ex-pré­sident était un fervent dé­fen­seur de la ré­sis­tance contre Is­raël. Les ac­cu­sa­tions por­tées contre Riyad sur son im­pli­ca­tion pré­su­mée dans l’at­ten­tat contre l’am­bas­sade d’iran ont je­té un froid sur la re­la­tion avec le Hez­bol­lah. L’ex-pré­sident re­proche au Hez­bol­lah de ne pas l’avoir in­for­mé du sur­vol d’is­raël par le drone Ayoub et d’avoir ap­pris la nou­velle de la bouche des Ira­niens.

in­for­mé au préa­lable de cette opé­ra­tion: «Ils ont en­voyé le drone Ayoub sans même me consul­ter. Je n’ai ap­pris la nou­velle que lorsque les Ira­niens ont an­non­cé que l’ap­pa­reil avait pris des pho­tos du ter­ri­toire is­raé­lien. Pour­quoi ne m’ont-ils pas pré­ve­nu? Est-il ac­cep­table que le pré­sident li­ba­nais ap­prenne la nou­velle par les Ira­niens?».

Cette «er­reur» s’ajoute à d’autres, com­mises par le Hez­bol­lah, et qui ont contri­bué à re­froi­dir les re­la­tions entre la pré­si­dence de la Ré­pu­blique et le par­ti chiite. L’autre faute a été les ac­cu­sa­tions lan­cées contre l’arabie saoudite sur sa res­pon­sa­bi­li­té pré­su­mée après l’at­ten­tat contre l’am­bas­sade d’iran à Bey­routh, qui a fait 23 morts, en no­vembre 2013. «S’ils dis­po­saient de preuves sur une pré­ten­due im­pli­ca­tion saou­dienne, pour­quoi n’en ai-je pas été in­for­mé, s’in­digne Mi­chel Slei­man. En tant que

pré­sident de la Ré­pu­blique, com­ment au­raisje pu ac­cep­ter de telles ac­cu­sa­tions contre un pays qui ac­cueille 125 000 tra­vailleurs li­ba­nais et qui a tant ai­dé à la re­cons­truc­tion et au dé­ve­lop­pe­ment du Li­ban?».

L’ex-pré­sident re­proche aus­si au Hez­bol­lah son at­ti­tude «peu construc­tive» à l’in­té­rieur du Conseil des mi­nistres: «Ses al­liances po­li­tiques avec les autres com­po­santes du 8-Mars pri­maient sur le sou­ci de faire fonc­tion­ner conve­na­ble­ment les ins­ti­tu­tions de l’etat. Je ne sen­tais pas qu’il m’ap­por­tait un sou­tien ferme au sein du gou­ver­ne­ment».

Cette ac­cu­mu­la­tion de «fautes», cou­plée à l’in­gé­rence en Sy­rie, ont fi­ni par mi­ner du­ra­ble­ment la re­la­tion entre le pré­sident et le Hez­bol­lah. «A ce stade, j’ai clai­re­ment ré­cla­mé le re­trait du par­ti de Sy­rie et je conti­nue à le faire au­jourd’hui avec la même convic­tion, af­firme Mi­chel Slei­man. Je de­mande éga­le­ment l’adop­tion d’une stra­té­gie dé­fen­sive, afin de don­ner l’es­poir à nos pe­tits-en­fants que d’ici dix ans, l’ar­mée li­ba­naise se­ra la seule force ha­bi­li­tée à pro­té­ger la pa­trie.»

Mi­chel Slei­man re­jette en bloc les ar­gu­ments se­lon les­quels il était plus ju­di­cieux d’al­ler com­battre les ter­ro­ristes en Sy­rie plu­tôt que d’avoir à les af­fron­ter, un jour, au Li­ban. «Il ne fal­lait pas al­ler en Sy­rie, mar­tèle-t-il. Si nous avions été at­ta­qués, nous au­rions pu dé­fendre nos villes et nos vil­lages, tous en­sembles, plu­tôt que d’al­ler nous battre contre des ci­toyens sy­riens. Qui sait quel est le prix que le Li­ban de­vra payer, et il le paie­ra un jour. Cer­tains at­ten­tats ter­ro­ristes qui ont frap­pé

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