LA DÉ­CLA­RA­TION DE BAAB­DA

Le Mensuel Magazine - - Revisitée -

notre pays sont dus à l’in­gé­rence en Sy­rie (…) Je crains que lors­qu’une so­lu­tion se­ra trou­vée au conflit sy­rien, le Li­ban ne soit à son tour au seuil d’une crise ma­jeure.»

LA CRISE DES RÉ­FU­GIÉS. Se­lon lui, l’in­ter­ven­tion du Hez­bol­lah en Sy­rie a lié les mains de l’etat et de la classe po­li­tique face à l’af­flux de ré­fu­giés. «Le pays était di­vi­sé entre par­ti­sans et op­po­sants à l’in­ter­ven­tion en Sy­rie, dit-il. Aus­si, les Li­ba­nais sont-ils res­tés im­puis­sants face à la vague de ré­fu­giés. Si nous avions adop­té une po­si­tion uni­fiée concer­nant la crise sy­rienne et res­pec­té le prin­cipe de la dis­tan­cia­tion, nous au­rions pu af­fron­ter d’une ma­nière plus ef­fi­cace ce dos­sier».

L’an­cien chef de l’etat est convain­cu que la Dé­cla­ra­tion de Baab­da a per­mis de li­mi­ter les consé­quences né­ga­tives du conflit sy­rien sur le Li­ban. «Ce do­cu­ment a em­pê­ché l’ex­plo­sion de la si­tua­tion à l’in­terne, as­sure-t-il. Le pro­ces­sus po­li­tique que j’ai conduit avec la Dé­cla­ra­tion de Baab­da a four­ni une cou­ver­ture in­ter­na­tio­nale au pays et il conti­nue à en bé­né­fi­cier jus­qu’à au­jourd’hui», conclut-il. Voi­ci les prin­ci­paux points de la Dé­cla­ra­tion de Baab­da, ap­prou­vée à l’una­ni­mi­té par les par­ti­ci­pants au Co­mi­té du Dia­logue na­tio­nal le 11 juin 2012:

S’at­ta­cher à conso­li­der la sta­bi­li­té; pré­ser­ver la paix ci­vile; em­pê­cher le pays de plon­ger dans la dis­corde et la vio­lence; et s’em­ployer ac­ti­ve­ment à trou­ver des moyens pa­ci­fiques d’ac­com­plir ces ob­jec­tifs;

Ex­hor­ter tous les ci­toyens, quelles que soient leurs af­fi­lia­tions, leurs ob­ses­sions et leurs frus­tra­tions, à être bien conscients qu’un re­cours aux armes et à la vio­lence en­traîne iné­luc­ta­ble­ment des pertes et des pré­ju­dices pour toutes les par­ties et met en dan­ger les moyens de sub­sis­tance des per­sonnes, leur ave­nir et ce­lui des gé­né­ra­tions fu­tures;

S’em­ployer à ren­for­cer les ins­ti­tu­tions de l’état et en­cou­ra­ger le re­cours aux lois et aux ins­ti­tu­tions lé­gi­times pour ré­gler les dif­fé­rends;

Ac­cor­der un ap­pui mo­ral et ma­té­riel à l’ar­mée qui est le ga­rant de la paix ci­vile et le sym­bole de l’uni­té na­tio­nale et dé­ployer les ef­forts né­ces­saires pour lui per­mettre, ain­si qu’aux autres forces de sé­cu­ri­té lé­gi­times, de ré­soudre les pro­blèmes de sé­cu­ri­té, confor­mé­ment au plan de dé­ploie­ment vi­sant à im­po­ser l’au­to­ri­té de l’état, la sé­cu­ri­té et la sta­bi­li­té;

Se te­nir à l’écart de la po­li­tique des axes et des conflits ré­gio­naux et in­ter­na­tio­naux et évi­ter les re­tom­bées des ten­sions et des crises ré­gio­nales pour pré­ser­ver les in­té­rêts su­pé­rieurs du Li­ban, son uni­té na­tio­nale et la paix ci­vile, ex­cep­tion faite des ré­so­lu­tions re­vê­tues de la lé­gi­ti­mi­té in­ter­na­tio­nale, de l’una­ni­mi­té arabe et de la juste cause pa­les­ti­nienne, y com­pris le droit des ré­fu­giés pa­les­ti­niens au re­tour dans leur ter­ri­toire et leurs foyers, plu­tôt que leur im­plan­ta­tion;

Veiller à maî­tri­ser la si­tua­tion à la fron­tière li­ba­no-sy­rienne et s’op­po­ser à la créa­tion d’une zone tam­pon au Li­ban, le pays ne pou­vant ser­vir de base ou de point de pas­sage pour la contre­bande d’armes et l’in­fil­tra­tion de com­bat­tants, tout en ga­ran­tis­sant le droit à la so­li­da­ri­té hu­ma­ni­taire et à l’ex­pres­sion po­li­tique et mé­dia­tique, en ver­tu de la Cons­ti­tu­tion et des lois.

Mi­chel Slei­man af­firme que le Hez­bol­lah ne le sou­te­nait pas au gou­ver­ne­ment.

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