EM­PLOI

Le Mensuel Magazine - - Université - PAR NATASHA METNI

Au Li­ban, toutes les en­tre­prises ne res­pectent pas la loi 220/2000 qui exige l’em­ploi de per­sonnes han­di­ca­pées. Une confé­rence se tien­dra à cet ef­fet, à la NDU, le 8 mai pro­chain.

La mis­sion de la Fa­cul­té de Ges­tion est très claire quand il s’agit de la res­pon­sa­bi­li­té so­ciale et so­cié­tale des en­tre­prises. «Nous te­nons à four­nir à nos étu­diants une for­ma­tion com­plète, de sorte à ce que ces der­niers puissent un jour de­ve­nir des lea­ders sou­cieux et res­pon­sables vis-à-vis de la so­cié­té», ex­plique Omar Sa­kr, pro­fes­seur à Notre-dame Uni­ver­si­ty (NDU). C’est dans ce sens que les Dé­par­te­ments de Mar­ke­ting, d’hô­tel­le­rie et de Bu­si­ness or­ga­nisent une confé­rence pu­blique, le lun­di 8 mai pro­chain, à 11h, à la NDU, sur le thème de l’em­ploi des han­di­ca­pés. Té­moi­gnages et re­tours d’ex­pé­riences fi­gurent au pro­gramme.

CE QUE DIT LA LOI. La loi 220/2000 pré­voit que toute en­tre­prise à l’ef­fec­tif com­pris entre 30 à 60 em­ployés de­vrait em­bau­cher au moins une per­sonne han­di­ca­pée. Quant aux en­tre­prises du sec­teur pu­blic et celles qui comptent plus de 60 em­ployés, 3% de leurs postes doivent être ré­ser­vés aux per­sonnes souf­frant de han­di­cap. L’ar­ticle 74 de la même loi dis­pose que «les em­ployeurs qui ne res­pectent pas cette loi doivent payer au mi­nis­tère du Tra­vail, dans l'an­née, un mon­tant équi­valent au double du sa­laire mi­ni­mum pour chaque per­sonne han­di­ca­pée non em­ployée». «Mal­heu­reu­se­ment, au Li­ban, cette culture manque. Les men­ta­li­tés changent et évo­luent de­puis un cer­tain nombre d’an­nées, mais un grand tra­vail reste à faire en ce qui concerne l’em­ploi de cette ca­té­go­rie de per­sonnes dans les en­tre­prises li­ba­naises», sou­ligne Omar Sa­kr. Il s›agit prin­ci­pa­le­ment de mettre en place une po­li­tique d’in­té­gra­tion des han­di­ca­pés au sein de l’en­tre­prise et d’ini­tier le Ser­vice des res­sources hu­maines à la pré­pa­ra­tion d’un en­tre­tien d’em­bauche spé­ci­fique. Ce der­nier doit prendre en consi­dé­ra­tion les be­soins et la sen­si­bi­li­té des per­sonnes han­di­ca­pées, com­prendre leur psy­cho­lo­gie et mettre à leur dis­po­si­tion des postes où elles sont ca­pables d’as­su­mer les res­pon­sa­bi­li­tés qui leur sont confiées. Un tel re­cru­te­ment exige des amé­na­ge­ments de postes de tra­vail par des moyens de com­pen­sa­tion tech­niques et lo­gis­tiques (ou­tillage ou vé­hi­cule adap­té, ma­té­riel in­for­ma­tique spé­ci­fique, al­lées, etc.). L’aide hu­maine s’avère souvent in­dis­pen­sable (tra­duc­teur en langue de signes pour des per­sonnes sourdes, tu­to­rat, for­ma­tion pro­fes­sion­nelle pour un ajus­te­ment des com­pé­tences de la per­sonne aux exi­gences du tra­vail, etc.).

Au-de­là de la di­men­sion ré­gle­men­taire, re­cru­ter par­mi ses ef­fec­tifs des tra­vailleurs han­di­ca­pés, consti­tue un acte concret de lutte contre les dis­cri­mi­na­tions et l’ex­clu­sion. L’en­tre­prise est ain­si sus­cep­tible de mettre en avant sa res­pon­sa­bi­li­té so­ciale, puis­qu’elle contri­bue, dans ce sens, à faire évo­luer les men­ta­li­tés et à re­je­ter les idées re­çues en la ma­tière. Il existe dif­fé­rents moyens de com­pen­sa­tion du han­di­cap. Même si elle est pré­pa­rée en amont, l’ar­ri­vée du sa­la­rié han­di­ca­pé peut né­ces­si­ter, après l’en­trée en fonc­tion de ce der­nier, des be­soins sup­plé­men­taires. Dans des condi­tions sa­tis­fai­santes et dans un cadre pro­fes­sion­nel adé­quat, les études ont prou­vé que les per­sonnes han­di­ca­pées sont sus­cep­tibles de dé­ployer da­van­tage d’ef­forts, de com­pé­tences et de sa­voir-faire qu’un em­ployé «or­di­naire». Les son­dages montrent éga­le­ment qu’elles font preuve de beau­coup de mo­ti­va­tion, de fi­dé­li­té, de vo­lon­ta­risme, ain­si que d’une ca­pa­ci­té d’in­té­gra­tion in­dé­niable.

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