ALAIN PLIS­SON MET EN SCÈNE OS­CAR WILDE L’IM­POR­TANT EST D’ÊTRE AI­MÉ

Le Mensuel Magazine - - Théâtre -

D’an­née en an­née, entre le prin­temps et l’été, Alain Plis­son est tou­jours au ren­dez-vous, au coeur du théâtre qu’il n’a ja­mais ces­sé de dé­fendre. Il ne joue plus, même si dans un sou­rire frais, il se rap­pelle avoir été un bon ac­teur, il sent qu’il n’a plus les mêmes pos­si­bi­li­tés phy­siques. Mais con­ti­nuer à mettre en scène des pièces de qua­li­té, con­ti­nuer à faire jouer des ac­teurs, oui, sû­re­ment, d’au­tant plus, dit-il, que «je suis dé­mo­ra­li­sé quand je re­garde ce qui se passe au­tour de moi. On joue n’im­porte quoi!» Sa mise en scène an­nuelle se­ra consa­crée à la co­mé­die d’os­car Wilde, L’im­por­tant est d’être ai­mé. «Un pe­tit bi­jou d’humour an­glais, de­ve­nu un grand clas­sique», ex­plique Plis­son. Il n’avait pas réus­si à la mon­ter, car il lui fal­lait une dis­tri­bu­tion jeune. Au fil de la conver­sa­tion, au dé­tour des anec­dotes qui fusent, d’une jour­née à la plage et d’une dame qui l’in­ter­pelle, il se dé­cide fi­na­le­ment à prendre le risque de la jeu­nesse. «Je suis très heu­reux de tra­vailler avec des jeunes, car ils m’ont ap­por­té quelque chose que je n’ai plus, de l’éner­gie, de la vi­ta­li­té, de l’ima­gi­na­tion». Pour­tant, du­rant toutes ses an­nées d’en­sei­gne­ment, il a tou­jours fait jouer ses étu­diants dans ses pièces, leur per­met­tant d’ex­pé­ri­men­ter la scène à ses cô­tés.

SANG NEUF. Sa troupe se com­pose au­jourd’hui My­riam Wat­fa, In­grid Ziade, Car­los Yam­mine et Tho­mas Trad. «J’ai eu beau­coup de dif­fi­cul­tés pour les trou­ver, af­firme-t-il, et je les ai en­tou­rés d’ac­teurs qui ont dé­jà du mé­tier et l’ha­bi­tude de la scène», à sa­voir Ro­bert Arab, Jo­syane Bou­los, Ma­rie La­gar­rigue et Jacques Mo­kh­bat. Et dans les cou­lisses, Alain Plis­son se­ra là, pour sti­mu­ler ses jeunes ac­teurs qui n’ont pas en­core l’ex­pé­rience du pu­blic, «pour les en­voyer se sa­cri­fier sur scène!».

Une scène presque sans dé­cor, juste quelques meubles et deux pa­ra­vents. En re­vanche, pour les cos­tumes d’époque, voi­là que sortent les ju­pons, les den­telles, les plumes d’au­truche, les cha­peaux in­vrai­sem­blables. Nous sommes en An­gle­terre, sous le règne de Vic­to­ria. Deux jeunes aris­to­crates, Jack Wor­thing et Al­ger­noon Mont­crief vivent des amours contra­riées et doivent sur­mon­ter de mul­tiples obs­tacles avant d’en ar­ri­ver à sé­duire Gwendoline et Ce­ci­ly: l’im­por­tant est d’être ai­mé (avec un «a» mi­nus­cule) ou d’être Ai­mé (avec un «A» ma­jus­cule). «Cette pièce est d’une sub­ti­li­té ex­tra­or­di­naire, très en fi­nesse, pleine d’humour, de lé­gè­re­té, de fraî­cheur, pour­suit Plis­son. Une co­mé­die dans le vrai sens du mot, avec des per­son­nages ma­gni­fi­que­ment des­si­nés». A l’ins­tar de La­dy Bra­ck­nell, «cette la­dy au­to­ri­taire qui mène tout le monde à la ba­guette, la mé­gère pas ap­pri­voi­sée». Alain Plis­son confie: «Moi ac­teur, dans un autre pays, à une autre pé­riode, à un autre âge, j’au­rai joué La­dy Bra­ck­nell!».

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