«La so­cié­té li­ba­naise est ré­si­liente»

MI­LA­GROS HER­NAN­DO

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«J’AI AI­MÉ CETTE SO­CIÉ­TÉ GÉ­NÉ­REUSE, HOS­PI­TA­LIÈRE, OU­VERTE,

QUI N’A PAS PEUR DES ÉTRAN­GERS».

La guerre en Sy­rie et ses re­tom­bées sur le Li­ban avec l’af­flux de près d’un mil­lion et de­mi de ré­fu­giés, la va­cance à la pré­si­dence, qui s’est pro­lon­gée pen­dant deux ans et de­mi, la prorogation du man­dat de la Chambre, la crise des dé­chets. Au­tant d’évé­ne­ments qui ont meu­blé le long sé­jour de Mi­la­gros Her­nan­do au Li­ban et qu’elle a vé­cu avec les Li­ba­nais. «Je réa­lise qu’au­jourd’hui la si­tua­tion sé­cu­ri­taire est de loin meilleure. En 2012 la so­cié­té li­ba­naise était très di­vi­sée, il y a eu plu­sieurs at­ten­tats dans la ban­lieue sud de Bey­routh, à Tripoli, il y avait des échanges ac­cu­sa­tions. Mais au­jourd’hui, il est clair qu’au­cune des forces po­li­tiques ne cherche la confron­ta­tion, et la col­la­bo­ra­tion entre les di­vers ser­vices de sé­cu­ri­té a por­té ses fruits».

Aus­si­tôt ar­ri­vée en 2012, sa pre­mière ap­proche était de dé­fi­nir une idée claire de la stra­té­gie à adop­ter. «Mon sou­hait était de trans­for­mer notre re­la­tion, d’un rap­port tac­tique à un rap­port stra­té­gique, à long terme » confie Mi­la­gros Her­nan­do. As­sis­tée par les mi­lieux jour­na­lis­tiques et po­li­tiques, l’am­bas­sa­drice a construit une stra­té­gie vi­sant à ai­der le Li­ban dans le pro­ces­sus de construc­tion dé­mo­cra­tique. A tra­vers l’as­so­cia­tion Ma­sar, plu­sieurs ini­tia­tives à ca­rac­tère so­cial ont été en­tre­prises telles que l’ins­pec­tion des pri­sons, l’ap­pui aux femmes, l’amé­lio­ra­tion de la si­tua­tion du per­son­nel de mai­son, etc. «Nous avons ten­té d’ac­com­pa­gner le Li­ban dans ces ef­forts de ré­formes pour avoir de meilleures lé­gis­la­tions, no­tam­ment une loi élec­to­rale». D’ailleurs, à ce ni­veau, Mi­la­gros Her­nan­do ne cache pas son op­ti­misme. Dans sa tour­née au­près des prin­ci­pales fi­gures po­li­tiques, le Pre­mier mi­nistre Saad Ha­ri­ri, Wa­lid Joum­blatt ou Slei­man Fran­gié, tous lui ont as­su­ré leur in­ten­tion de trou­ver un ac­cord sur une nou­velle loi élec­to­rale. Tout en sa­chant qu’il n’y a pas de sys­tème par­fait, elle af­firme avec un large sou­rire: «Notre rôle n’est pas d’en­trer dans les dé­tails et les mo­da­li­tés de la loi, mais de vous ac­com­pa­gner dans le pro­ces­sus de ré­forme. La so­cié­té li­ba­naise mé­rite une nou­velle loi élec­to­rale et si vos lea­ders po­li­tiques sont op­ti­mistes, il n’y a au­cune rai­son que je ne le sois pas aus­si».

LA SO­CIÉ­TÉ CI­VILE. Par­mi les réa­li­sa­tions de Mi­la­gros Her­nan­do, on re­lève un tra­vail tac­tique et stra­té­gique qui a por­té sur des ré­formes dé­mo­cra­tiques, le pro­ces­sus de conso­li­da­tion de la paix à tra­vers la Fi­nul dont l’es­pagne fait par­tie, l’amé­lio­ra­tion des re­la­tions entre l’es­pagne et le Li­ban au ni­veau de l’éco­no­mie, du tou­risme et de l’édu­ca­tion. «Nous avons réus­si à in­tro­duire l’es­pa­gnol comme deuxième langue choi­sie par les Li­ba­nais dans les écoles pu­bliques et à l’uni­ver­si­té li­ba­naise et nous avons in­tro­duit un Mas­ter en langue es­pa­gnole».

Mal­gré tout ce qu’elle a réus­si à faire, Mi­la­gros Her­nan­do avoue qu’elle au­rait ai­mé être plus en contact avec la so­cié­té cultu­relle

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