MAD FAIT DÉ­COL­LER LES AR­TISTES ÉMER­GENTS SUR LE NET

MAD est une pla­te­forme qui per­met aux jeunes ar­tistes de trou­ver des sources de fi­nan­ce­ment et un pu­blic. Ren­contre avec Ri­ma Ya­coub, 30 ans, une des fon­da­trices du pro­jet.

Le Mensuel Magazine - - Sommaire - PAR SORAYA HAMDAN

Comment est née l’idée de MAD?

Il y a trois ans, ma soeur et moi nous sommes ren­du compte d’un pro­blème ma­jeur dans l’in­dus­trie de l’art: il existe un vi­vier de ta­lents au Li­ban, comme ailleurs, mais qui n’ont pas les moyens de fi­nan­cer leurs pro­jets. Nous avons vou­lu créer une pla­te­forme où ces jeunes ar­tistes pour­raient trou­ver à la fois fi­nan­ce­ment et pu­blic. C’est ain­si que nous avons lan­cé MAD (Mu­sique, art, de­si­gn) en 2016, qui a pour but de faire émer­ger les jeunes ar­tistes on­line.

Pour ce­la, nous pro­po­sons au pu­blic la dé­cou­verte d’un ré­per­toire d’ar­tistes que nous avons sé­lec­tion­né. Ces ta­lents peuvent di­rec­te­ment vendre leurs oeuvres sur notre site tout en le­vant des fonds via du crowd­fun­ding ou du sponsoring de la part des marques.

Quelles sont les dif­fi­cul­tés que vous ren­con­trez en tant qu’en­tre­pre­neur au Li­ban?

Le fait de ne rien pou­voir pla­ni­fier à l’avance est un vrai chal­lenge. Nous sommes obli­gées de prendre nos dé­ci­sions au jour le jour à cause des condi­tions po­li­tiques, sé­cu­ri­taires et éco­no­miques. Le re­tard tech­no­lo­gique du pays consti­tue aus­si un dé­fi. Ce n’est pas seule­ment la mau­vaise connexion In­ter­net qui rend dif­fi­cile le tra­vail avec l’étran­ger (no­tam­ment les vi­déos confé­rences) mais aus­si les pro­cé­dures ad­mi­nis­tra­tives. Dans beau­coup de pays, elles se font dé­sor­mais en ligne alors qu’ici, elles né­ces­sitent en­core que nous nous dé­pla­cions et ce­la fait perdre du temps!

Quelle est la force d’un en­tre­pre­neur li­ba­nais ?

Toutes les dif­fi­cul­tés que je viens de ci­ter sont aus­si une force. Etre en­tre­pre­neur au Li­ban est ex­trê­me­ment for­ma­teur. Pour un Li­ba­nais, l’en­tre­pre­neu­riat, c’est même un ré­flexe. On manque tel­le­ment de tout qu’on est obli­gé de tout créer nous-mêmes. C’est sans doute une des rai­sons qui ex­pliquent que les Li­ba­nais réus­sissent si bien à l’étran­ger. Nous sommes ha­bi­tués à ne rien at­tendre donc quand nous voya­geons, nous conti­nuons de créer mais avec les in­fra­struc­tures adé­quates, les aides et la sta­bi­li­té d’un pays nor­mal. Et na­tu­rel­le­ment, nous dé­col­lons.

DÉ­FIS Le re­tard tech­no­lo­gique et les len­teurs ad­mi­nis­tra­tives sont des écueils fré­quents.

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