TO­NY KHALIFÉ

Il a fait ses dé­buts à la LBCI comme jour­na­liste-re­por­ter, puis pré­sen­ta­teur du jour­nal té­lé­vi­sé et, en­fin, ani­ma­teur de jeux et de talk-shows. Sa re­nom­mée a de­puis long­temps dé­pas­sé le Li­ban pour at­teindre l’egypte, où il est une vé­ri­table star.

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Un jour­na­liste qui n'a pas froid aux yeux

To­ny Khalifé a le dé­faut de ses qua­li­tés. «Je suis un homme franc et c’est la rai­son pour la­quelle beau­coup de per­sonnes ne m’aiment pas. Les gens aiment ceux qui leur mentent, ceux qui leur disent ce qu’ils ont en­vie d’en­tendre. Je n’ap­par­tiens pas à cette école, je ne sais pas flat­ter. Et c’est de là que ve­naient tous mes pro­blèmes pen­dant les dix-sept an­nées que j’ai pas­sées à la LBCI. Durant toute cette pé­riode, ce sont mes com­pé­tences qui m’ont per­mis de res­ter en place, alors qu’à chaque fois que je me lan­çais dans un nou­veau pro­gramme, on at­ten­dait que j’échoue», dit-il. Con­trai­re­ment à ce que les gens croient, c’est à force de tra­vail et d’achar­ne­ment que To­ny Khalifé a tra­cé son che­min. «J’ai réus­si grâce à mes com­pé­tences. Mes pro­grammes étaient tou­jours à bud­get très mo­deste com­pa­ré aux autres». Alors que cer­tains pré­sen­ta­teurs ont com­men­cé leur car­rière en re­ce­vant de grandes stars, To­ny Khalifé réus­sis­sait ses émis­sions avec de pe­tits moyens, même quand il in­ter­ro­geait le sans-abri au coin de la rue. «Pour par­ti­ci­per à une émis­sion, les stars ré­clament de gros ca­chets et leur pré­sence

même fait de l’émis­sion un vé­ri­table suc­cès sans que le pré­sen­ta­teur n’ait au­cun mé­rite». Au­jourd’hui, To­ny Khalifé ne fait pas ce genre d’émis­sion. «Je n’ai pas le car­net d’adresses né­ces­saire pour ce­la. J’es­time avoir réus­si là où d’autres ont échoué et c’est la rai­son pour la­quelle je suis en­core là, 25 ans après», dit-il.

SA­LAIRE MO­DESTE. C’est à la LBCI que l’ani­ma­teur a fait ses dé­buts. «J’avais le sen­ti­ment d’avoir un po­ten­tiel mais les res­pon­sables de la chaîne vou­laient me confi­ner dans le même re­gistre». Son dé­part, après 17 ans, était «une dé­ci­sion cou­ra­geuse», com­mente-t-il. Son sa­laire était mo­deste mais son émis­sion Li man ya­j­ro’ fa­kat (Pour ceux qui osent seule­ment), dont le bud­get avoi­si­nait les 10 000 dol­lars, a réus­si à concur­ren­cer Star Aca­de­my, qui coû­tait 300 000 dol­lars par épi­sode. «Des pres­sions ont été exer­cées pour m’écar­ter et me ra­me­ner à la pré­sen­ta­tion de jeux. A cet ins­tant, j’ai pris la dé­ci­sion de par­tir et d’ac­cep­ter l’offre pro­po­sée par la NTV».

To­ny Khalifé es­time avoir je­té les bases de plu­sieurs nou­velles écoles. Avec son émis­sion Li man ya­j­ro’ fa­kat, il sort des cli­chés où les stars étaient adu­lées, mises sur un pié­des­tal et re­ve­naient à leur état brut, avant qu’elles n’aient su­bi des «trans­for­ma­tions». «Cer­tains ont consi­dé­ré le fait de de­man­der à une star si elle a su­bi des in­ter­ven­tions de chirurgie plas­tique comme un scan­dale, alors que cette ques­tion est tout à fait lé­gi­time en Eu­rope. Le comble, c’est que les ques­tions que je po­sais étaient pré­pa­rées par des gens qui m’ont ac­cu­sé, plus tard, de faire par­tie de la presse à sen­sa­tion».

LI­BÉ­RÉ DE L’AUDIMAT. Avec son émis­sion Lil na­cher (A pu­blier), To­ny Khalifé crée un nou­veau concept, qui se­ra co­pié par bien d’autres et du­quel il se dé­sis­te­ra en fa­veur de la NTV. D’ailleurs, cette émis­sion a conser­vé son nom et conti­nué dans le même es­prit mais avec un nou­veau pré­sen­ta­teur. «Beau­coup ont ten­té de suivre mais n’ont pas réus­si. C’est comme une sauce dont j’étais le seul à dé­te­nir la re­cette. Ils ont ten­té de l’imi­ter mais sans suc­cès». Il as­sure ne pas être l’es­clave de l’audimat. «Ce­lui-ci ne re­flète pas vrai­ment la réa­li­té, il existe beau­coup de com­plai­sance dans ce do­maine. Per­sonne n’ac­cepte d’en dé­battre et mal­heu­reu­se­ment nous sommes éva­lués par ce fa­meux audimat».

Lors­qu’on lui dit qu’il a chan­gé de cré­neau et s’est éloi­gné du sen­sa­tion­nel, To­ny Khalifé es­time que c’est in­juste. «J’ai 25 ans de car­rière dans ce do­maine. Li­mi­ter mon par­cours à une ou deux émis­sions est tout à fait in­juste à mon égard. J’ai été jour­na­liste, re­por­ter, pré­sen­ta­teur du jour­nal té­lé­vi­sé, puis ani­ma­teur de jeux et de talk-shows. Je n’ai ja­mais fait de la presse à sen­sa­tion. Je ne fai­sais que rap­por­ter ce que cette presse ra­con­tait. J’ai été vic­time de ce genre de presse et c’est moi qui en ait le plus souf­fert».

Dans son émis­sion Al ain bil ain (Oeil pour oeil), pré­sen­tée ac­tuel­le­ment sur la NTV, pré­vue ini­tia­le­ment pour treize épi­sodes, il en est dé­jà à son 43ème pas­sage. «Al ain bil ain est la ver­sion li­ba­naise des talk-shows en Egypte, dont j’ai li­ba­ni­sé le for­mat et le conte­nu». Après le Ra­ma­dan, To­ny Khalifé re­vien­dra avec une nou­velle ver­sion de son fa­meux Sa’a bi ourb al ha­bib (Une heure aux cô­tés de l’ai­mé).

Si au Li­ban nous n’avons pas eu l’oc­ca­sion de voir To­ny Khalifé dans des émis­sions à ca­rac­tère po­li­tique, en re­vanche, son émis­sion Za­man el ekh­wan (Le temps des frères), pré­sen­tée en Egypte sur une chaîne lo­cale, a connu un im­mense suc­cès et était clas­sée nu­mé­ro 1. «J’ai fait de la po­li­tique en Egypte. J’étais Li­ba­nais, chré­tien, libre de toute at­tache po­li­tique. Je pou­vais dire des choses que peut-être per­sonne d’autre n’au­rait pu dire. Cette émis­sion a eu un tel suc­cès que je ne sais plus rien faire d’autre», conclut-il avec le sou­rire.

BUD­GET Con­trai­re­ment à d’autres, To­ny Khalifé a réus­si ses émis­sions avec un bud­get mo­dique.

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