JOUMANA SA­LA­MÉ

Joumana Sa­la­mé est Ma­na­ging di­rec­tor de la so­cié­té Hos­pi­ta­li­ty ser­vices, fon­dée avec son père, Nou­had Dam­mous, en 1993. Son nom est dé­sor­mais lié aux plus grands sa­lons or­ga­ni­sés au Li­ban et qui sont de­ve­nus des ren­dez-vous an­nuels, chau­de­ment at­ten­dus pa

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«The sky is the li­mit»

Après une for­ma­tion en mar­ke­ting, Joumana Sa­la­mé en­vi­sage une car­rière dans l’hôtellerie. Mal­gré les conseils pro­di­gués par son père, qui es­ti­mait que ce n’était pas un mé­tier pour femme, elle s’en­vole pour les Etats-unis, où elle tra­vaille à l’hô­tel Hyatt à Wa­shing­ton D.C. «Une fois sur place, j’ai com­pris ce que mon père vou­lait dire. Je suis re­ve­nue convain­cue que ce n’était pas ce que je vou­lais».

En s’in­té­res­sant de plus près au tra­vail de son père, di­rec­teur de l’école hô­te­lière, Joumana Sa­la­mé réa­lise qu’il n’exis­tait pas au Li­ban un lieu d’échange entre les hô­te­liers et les res­tau­ra­teurs. Elle n’a que 23 ans mais elle fonde avec ses pa­rents la so­cié­té Hos­pi­ta­li­ty ser­vices. «Mon père a tou­jours été le consul­tant, le men­tor et ma mère la femme de l’ombre, qui n’a ja­mais vou­lu ap­pa­raître». C’est ain­si que naît l’idée du fa­meux sa­lon Ho­re­ca, qui fê­te­ra l’an­née pro­chaine ses 25 ans. «Au dé­part, Ho­re­ca était un lieu de ren­contre, mais pe­tit à pe­tit, ce sa­lon a évo­lué pour cou­vrir toutes les fa­cettes de l’hôtellerie et des mé­tiers de bouche». Au­jourd’hui, durant l’ex­po­si­tion, des ate­liers de tra­vail sont or­ga­ni­sés ain­si que des com­pé­ti­tions cou­vrant plu­sieurs as­pects de ce large do­maine. Au fil des ans, Ho­re­ca ne cesse de gran­dir: 350 ex­po­sants, 18 000 vi­si­teurs

an­nuels ain­si que plus de huit com­pé­ti­tions, des confé­rences et des ate­liers de tra­vail tout le temps.

Dé­si­reuse de créer d’autres outils, la jeune en­tre­pre­neuse dé­ve­loppe Hos­pi­ta­li­ty news, un ma­ga­zine spé­cia­li­sé des­ti­né aux hô­te­liers et res­tau­ra­teurs. Des fran­chises Ho­re­ca sont aus­si ac­cor­dées pour l’ara­bie saou­dite, le Ko­weït et la Jor­da­nie.

AU-DE­LÀ DES FRON­TIÈRES. Joumana Sa­la­mé ne s’en­dort pas sur ses lau­riers. Dix ans après le suc­cès rem­por­té par Ho­re­ca, elle es­time avoir fait le tour de la ques­tion. Se­con­dée par une équipe com­po­sée d’une tren­taine de per­sonnes, elle se lance dans une nou­velle aven­ture et or­ga­nise le Gar­den show. Con­trai­re­ment à Ho­re­ca, qui s’adresse aux pro­fes­sion­nels, le Gar­den show cible le grand pu­blic et porte sur l’art de vivre. Elle ne s’ar­rête pas là. Viennent en­suite le Sa­lon du Cho­co­lat, Whis­ky Live et le Beirut Res­tau­rant Fes­ti­val, or­ga­ni­sé avec le Syn­di­cat des res­tau­ra­teurs. Ses ac­ti­vi­tés dé­passent vite les fron­tières. Mme Sa­la­mé lance, pour le compte du mi­nis­tère de l’agriculture, le Le­ba­nese wine day, à New York Ci­ty. «Tous ces évé­ne­ments ont été or­ga­ni­sés à la de­mande des ama­teurs et des pas­sion­nés de cui­sine et d’art de vivre, qui se sont in­té­res­sés aux mé­tiers de bouche», in­dique-t-elle.

Dans le même temps, Joumana Sa­la­mé dé­ve­loppe éga­le­ment des ma­ga­zines spé­cia­li­sés dans le tou­risme, la cui­sine et l’art de vivre tels que Taste and fla­vors, et Le­ba­non tra­ve­ler.

Ma­riée à Ma­lek Sa­la­mé, cette mère de trois en­fants, Yasmina, Na­dim et La­ma, dont elle est par­ti­cu­liè­re­ment fière, a tou­jours été gui­dée par la pas­sion et adore son mé­tier. «Mon père m’a tou­jours dit de faire un mé­tier qui m’amuse et c’est ce que je fais. J’aime créer, or­ga­ni­ser des évé­ne­ments qui peuvent ser­vir la pro­fes­sion. Puis, au fur et à me­sure, on cor­rige, on adapte. J’aime rê­ver de ce que l’on va en­core faire. J’ai tou­jours l’im­pres­sion que «the sky is the li­mit». Je suis une fon­ceuse et j’ai la chance d’être se­con­dée par une équipe pas­sion­née et en­thou­siaste».

Au­jourd’hui, Joumana Sa­la­mé ac­com­pagne le mar­ché. «Nous évo­luons na­tu­rel­le­ment avec tous les ac­teurs. Nous avons mis en place des mi­ni-co­mi­tés pour chaque ac­ti­vi­té. A chaque évé­ne­ment nous avons des co­mi­tés consul­ta­tifs com­po­sés de gens qui veulent faire évo­luer la pro­fes­sion».

Le plus grand chal­lenge au­quel elle fait face? La sé­cu­ri­té. «Un sa­lon est le pre­mier tou­ché en

cas d’in­sta­bi­li­té sé­cu­ri­taire mais nous n’avons ja­mais ar­rê­té et nous avons conti­nué mal­gré tout ce que le Li­ban tra­ver­sait et c’est notre plus grande fier­té. Les guerres, les at­ten­tats, les ex­plo­sions, rien ne nous a stop­pés». La sé­cu­ri­té a tou­jours été un vé­ri­table casse-tête car un sa­lon né­ces­site des ex­po­sants et des so­cié­tés qui ont en­vie de mon­trer leur tra­vail et d’in­ves­tir. «Les ex­po­sants, les spon­sors et les vi­si­teurs nous ont fait confiance. C’est grâce à eux que nous avons pu conti­nuer et or­ga­ni­ser de beaux évé­ne­ments».

D’AUTRES PRO­JETS. Se­lon Joumana Sa­la­mé, un sa­lon né­ces­site entre six mois et un an de tra­vail. «Par exemple, Ho­re­ca a be­soin d’un an de pré­pa­ra­tion. Il faut tout éla­bo­rer et je pense que c’est là que ré­side le se­cret de la réus­site: il faut prendre tout son temps dans la pré­pa­ra­tion». Pas­sion­née par son tra­vail, elle ne s’ar­rête ja­mais. Chaque an­née, la ques­tion qu’elle se pose est «what’s next?». D’ailleurs, un jour son ma­ri lui avait of­fert un cadre sur le­quel étaient ins­crits ces quelques mots: «Rat­tra­pe­la si tu peux». Elle es­père en­core créer des évé­ne­ments au Li­ban et à l’étran­ger, ou en­core ren­for­cer sa pla­te­forme on­line. «J’ai ap­pris que la spé­cia­li­sa­tion est la clé de la réus­site». Son sou­hait le plus cher? «Ne pas cé­der à la mé­dio­cri­té, som­brer dans la rou­tine qui rongent l’éner­gie et ôtent tout en­thou­siasme». Sa de­vise? Ces pa­roles de Gand­hi: «Vos croyances de­viennent vos pen­sées, vos pen­sées de­viennent vos mots, vos mots de­viennent vos ac­tions, vos ac­tions de­viennent vos ha­bi­tudes, vos ha­bi­tudes de­viennent vos va­leurs, vos va­leurs de­viennent votre destinée».

PRÉ­PA­RA­TION As­sis­tée par une équipe d’une tren­taine de per­sonnes, Joumana Sa­la­mé in­dique que cer­tains sa­lons, comme ce­lui de Ho­re­ca, né­ces­site un an de pré­pa­ra­tifs.

FRAN­CHISE Le suc­cès de ses sa­lons est tel que des fran­chises es­saiment dans le Golfe et au Moyen-orient.

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