CI­NÉ­MA LI­BA­NAIS

La ré­sur­rec­tion d'une in­dus­trie

Le Mensuel Magazine - - Sommaire -

ntre les Li­ba­nais et le ci­né­ma, c’est une grande his­toire d’amour qui ne date pas d’hier. Le ci­né­ma li­ba­nais est l’un des plus an­ciens de la ré­gion. Il est né dans les an­nées 1920 et, de­puis, le pays a pro­duit plus de 500 films, se­lon un rap­port pu­blié par IDAL (l’au­to­ri­té pour la pro­mo­tion des in­ves­tis­se­ments au Li­ban).

«Les Li­ba­nais ont tou­jours été des amou­reux du ci­né­ma, confirme Ma­rio Had­dad, le pré­sident des Ci­né­mas Em­pire. La pre­mière salle est née en 1923. Entre 1925 et 1955, il exis­tait une di­zaine de salles au­tour de la place des Canons et cha­cune pou­vait ac­cueillir plus de 1 000 spec­ta­teurs».

De 1955 à 1975, c’est l’âge d’or du ci­né­ma li­ba­nais. En 1966, le ci­toyen se ren­dait en moyenne seize fois par an au ci­né­ma. Au­jourd’hui, la fré­quen­ta­tion est tom­bée à une moyenne d’une fois par an pour un nombre to­tal d’en­trées frô­lant les 4 mil­lions.

16 499 SIÈGES. «Du­rant les an­nées 1955-1975, nous al­lions presque tous les soirs au ci­né­ma, se sou­vient Ma­rio Had­dad. Après la place des Canons, les ci­né­mas se sont ins­tal­lés dans le quar­tier de Ham­ra, où l’on pou­vait trou­ver une quin­zaine d’éta­blis­se­ments. Puis, la guerre ci­vile est pas­sée par là. Cer­taines ci­né­mas de Bey­routh ont quit­té la capitale, pour s’ins­tal­ler dans des zones plus tran­quilles, comme au Ca­si­no du Li­ban qui a été trans­for­mé en ci­né­ma pen­dant un cer­tain temps.»

De­puis les an­nées 1990, les in­ves­tis­se­ments ont re­pris avec le re­tour des salles obs­cures d’abord à Achra­fié, Ver­dun puis, en 2013, l’inau­gu­ra­tion du Ci­ne­ma­ci­ty dans les souks du centre-ville, là où tout avait com­men­cé cent ans plus tôt.

Au­jourd’hui, le pays des Cèdres dis­pose de l’in­fra­struc­ture d’ex­ploi­ta­tion la plus dense de la ré­gion, avec au moins 15 mul­ti­plexes, 94 écrans et 16499 sièges, se­lon un rap­port de l’ob­ser­va­toire eu­ro­péen de l’au­dio­vi­suel. Le Li­ban est le pays de la rive sud de la Mé­di­ter­ra­née qui pos­sède le nombre le plus éle­vé d’écrans de ci­né­ma par in­di­vi­du. «Quand j’ai com­men­cé à tra­vailler dans le ci­né­ma en 2001, l’in­dus­trie était en­core pra­ti­que­ment in­exis­tante au Li­ban, se sou­vient Pierre Sar­raf, qui a fon­dé la mai­son de pro­duc­tion Né à Bey­routh Films, en 2003. A cette époque, il se pro­dui­sait peut-être un film tous les deux ans contre une moyenne de onze films par an à par­tir de 2010. La moyenne a grim­pé à quinze films par an à par­tir de 2015». 31 films ont été réa­li­sés en 2015, et 25 en 2016.

CRÉA­TION D’UN ÉCO­SYS­TÈME. Cette ful­gu­rante aug­men­ta­tion de la pro­duc­tion a été ren­due pos­sible par la créa­tion pro­gres­sive d’un éco­sys­tème. «Les écoles de ci­né­ma mettent au­jourd’hui plus d’une cen­taine de pro­fes­sion­nels li­ba­nais qua­li­fiés sur le mar­ché

VE­RY BIG

SHOT, DE MIR-JEAN BOU CHAYYA EST PAR­VE­NU À 60 000 EN­TRÉES ET A ÉTÉ RA­CHE­TÉ PAR NETFLIX.

Newspapers in French

Newspapers from Lebanon

© PressReader. All rights reserved.