NADINE LABAKI

«L'au­then­ti­ci­té, la clé de la réus­site»

Le Mensuel Magazine - - Sommaire -

Vous avez réa­li­sé les films les plus ren­tables de l’his­toire du 7e art li­ba­nais, quels sont vos se­crets de réus­site?

Il n’existe pas vrai­ment de re­cette ma­gique mais peut-être que le suc­cès de mes films ré­side dans le fait qu’ils ra­content des his­toires sim­ple­ment proches de la réa­li­té. Les per­son­nages de mes films sont des gens aux­quels n’im­porte qui peut fa­ci­le­ment s’iden­ti­fier. La plu­part du temps, je n’em­bauche pas des ac­teurs mais de «vrais» gens que j’ai ren­con­trés, qui m’ont tou­chée et à qui j’ai de­man­dé d’être dans mes films ce qu’ils sont vrai­ment dans la vie. Je suis ob­sé­dée par la na­ture hu­maine et c’est ce que j’es­saie de re­flé­ter dans mes films. Peut-être que s’ils trouvent ai­sé­ment leur pu­blic c’est sim­ple­ment parce que je m’in­té­resse à ce que la plu­part des gens aiment.

Quels sont les prin­ci­paux dé­fis que doit re­le­ver le ci­né­ma li­ba­nais au­jourd’hui?

Pour que le ci­né­ma li­ba­nais de­vienne une vraie in­dus­trie, il fau­drait d’autres films qui marchent à l’étran­ger et qui en­gendrent des en­trées dans plu­sieurs pays. Il ne peut pas être ren­table s’il se li­mite aux en­trées dans les salles li­ba­naises. Si les films par­viennent à s’ex­por­ter et à se faire connaître dans le monde, ce­la pour­ra at­ti­rer les in­ves­tis­seurs et fa­ci­li­ter le fi­nan­ce­ment des pro­duc­tions. Ce­la dit, c’est tout à fait nor­mal qu’on ne soit pas en­core au stade d’une in­dus­trie, nous fai­sons tou­jours nos pre­miers pas. On va sû­re­ment en­core tré­bu­cher un peu avant de pou­voir cou­rir.

Que vou­lez-vous dire à la nou­velle gé­né­ra­tion de pro­fes­sion­nels li­ba­nais?

J’ai re­mar­qué qu’il existe peut-être un cer­tain com­plexe chez de jeunes réa­li­sa­teurs ou étu­diants à faire des films qui parlent au plus grand nombre, des films ac­ces­sibles à tous. Le ré­sul­tat est que ce­la donne par­fois des oeuvres dif­fi­ci­le­ment com­pré­hen­sibles. C’est dom­mage car un film com­mer­cial qui a bien fonc­tion­né en salles ne veut pas for­cé­ment dire qu’il est mau­vais.

Se­lon vous, existe-t-il une «patte» du ci­né­ma li­ba­nais?

Jus­qu’à main­te­nant, il s’est pro­duit des ex­pé­riences très dif­fé­rentes dans le ci­né­ma li­ba­nais, avec des réa­li­sa­teurs qui ont cha­cun leur propre uni­vers et c’est une très bonne chose. Il n’existe pas vrai­ment une iden­ti­té spé­ci­fique et propre au ci­né­ma li­ba­nais au­jourd’hui. Ce­la dit, on peut dire qu’il existe une forte per­son­na­li­té qui peut se re­flé­ter dans les dia­logues. C’est ce que j’es­saie de mon­trer dans mes films: la ma­nière d’être des Li­ba­nais.

Pou­vez-vous nous en dire plus sur votre pro­chain film?

Tout ce que je peux vous dire c’est que les ac­teurs prin­ci­paux se­ront des en­fants et que le nom pro­vi­soire du film est Ca­phar­naüm. Il de­vrait sor­tir d’ici un an.

SI LES FILMS S’EXPORTENT MIEUX, CE­LA PER­MET­TRA D’AT­TI­RER LES IN­VES­TIS­SEURS.

Newspapers in French

Newspapers from Lebanon

© PressReader. All rights reserved.