ES­CA­PADES

À la dé­cou­verte des tré­sors du Li­ban

Le Mensuel Magazine - - Sommaire -

VERS ALITA, MACHNAKA, YANOUH ET AFQA

Pour­quoi ne pas ten­ter une es­ca­pade sur les traces d’un pèlerinage an­tique al­lant de la côte jus­qu’aux sources du fleuve Nahr Ibrahim, et la grotte de Afqa. En pre­nant la route de­puis Qar­ta­ba, on pour­ra faire une halte à Alita pour dé­cou­vrir le mu­sée Macam, un mu­sée d’art mo­derne et contem­po­rain qui vaut le coup d’oeil avec ses quatre halls et la na­ture en­vi­ron­nante. Sans ou­blier la vue splen­dide que l’on peut ad­mi­rer de­puis ce lieu aty­pique, par­ti­cu­liè­re­ment au cou­cher du so­leil. Puis, di­rec­tion le site de Mach­na­qa, sur­plom­bant la val­lée Ado­nis, où l’on peut vi­si­ter le site ro­main, à tra­vers une pro­me­nade qui vous fe­ra dé­cou­vrir le temple, la né­cro­pole et les stèles contant les lé­gendes des dieux.

A 5 km à l’est de Qar­ta­ba, sur la rive droite de la haute val­lée du fleuve d’ado­nis et à 40 km à l’est de Jbeil, Yanouh fut l’un des centres re­li­gieux et cultu­rels si­tué sur l’an­cienne route de Byblos-hé­lio­po­lis (Baalbeck). La ré­gion

pro­pose des pay­sages ver­doyants, riches en eau avec des tem­pé­ra­tures fraîches, plus qu’ap­pré­ciables du­rant l’été. Le site de Yanouh conserve les ruines d’un com­plexe cultuel ro­main qui a vu ses temples être conver­tis du­rant la pé­riode by­zan­tine. Le temple ro­main, dé­dié à Diane, la déesse de la chasse, fut trans­for­mé au cours du Moyen-age en église, à la­quelle la tra­di­tion lo­cale donne le nom de Mar Gir­gis al-az­rak (Saint-georges le Bleu). Le temple est en­tou­ré de ruines d’ha­bi­ta­tions et des fouilles ré­centes ont dé­voi­lé l’oc­cu­pa­tion du site qui re­mon­te­rait à l’âge du bronze. C’est à cet en­droit que s’est ins­tal­lé le pa­triar­cat ma­ro­nite au cours du XIIIE siècle. Outre les temples ro­mains, on peut en­core y ad­mi­rer les vestiges d’une ba­si­lique chré­tienne à co­lonnes, d’une cha­pelle mé­dié­vale ou en­core de tom­beaux da­tant de l’âge du bronze. En re­pre­nant la route en di­rec­tion de Aqou­ra, le site d’afqa reste in­con­tour­nable. Do­mi­né par une gi­gan­tesque grotte si­tuée au flanc de la fa­laise d’où jaillit la source du Nahr Ibrahim, cette ca­vi­té n’a pas man­qué de sus­ci­ter l’ima­gi­na­tion des an­ciens qui y ont vu un sym­bole de fé­con­di­té qui fut as­so­cié au dieu Baal. En face de la grotte, presque in­vi­sible si l’on n’y prête pas garde, gisent les murs écrou­lés du temple de Vé­nus. Un culte de fé­con­di­té à Say­det el-zahra (Notre-dame-de-la-fleur) y per­siste jus­qu’à nos jours, même si le temple a été aban­don­né de­puis bien long­temps, au Ve siècle. Un fi­guier ra­bou­gri y pousse et at­tire en­core de nos jours des pè­le­rins ch­ré­tiens et mu­sul­mans qui viennent puiser de l’eau sa­crée de la source des sou­bas­se­ments du temple. Ils ac­crochent sur les branches de l’arbre des chif­fons et vê­te­ments ou al­lument des cierges, en guise de voeu ou en re­con­nais­sance de fé­con­di­té.

COMMENT Y AL­LER? Prendre l’au­to­route du nord et mon­ter en di­rec­tion de l’est à la bi­fur­ca­tion de Qar­ta­ba.

QUE VI­SI­TER? Le site ro­main de Mach­na­qa, les temples et les églises de Yanouh, le mu­sée Macam. On peut aus­si pro­fi­ter d’une guide lo­cale à Mach­na­qa pour être ac­com­pa­gné sur la route de ce pe­le­ri­nage an­tique: Ran­da Zaa­rour 71 883 738

OÙ SE LO­GER? A Ado­nis, le centre d’ac­cueil de Beit el-ma­hab­ba est connu pour abri­ter des re­traites et pro­cure à ses vi­si­teurs une vue épous­tou­flante sur toute la val­lée. (tel: 09 420 493).

A Ma­j­del Akou­ra, la ma­gni­fique mai­son d’hôtes de Gui­ta Ger­ma­nos est en­tou­rée d’un jar­din ver­doyant et re­laxant. L’ac­cueil est très cha­leu­reux et la cui­sine de l’hô­tesse des lieux sa­vou­reuse. http://www.gui­ta.co/

OÙ SE RES­TAU­RER? Spé­cia­li­tés lo­cales chez Gui­ta ou mez­zés li­ba­nais en face de la grotte de Afqa, au res­tau­rant de la grotte (tel: 03 863 735 / 70 451 344).

VERS EN­FÉ

Adieu les plages bon­dées et bé­ton­nées, bien­ve­nue à En­fé, vé­ri­table pa­ra­dis sur terre, au nord du Li­ban. Si­tué à 70 km de Bey­routh, au nord de Chek­ka et à 15 km au sud de Tri­po­li, le village de En­fé n’en fi­nit plus de sé­duire. Sculp­té dans le roc, il s’agit de l’unique lo­ca­li­té en forme de nez na­tu­rel, tel une pres­qu’île. Des ré­ser­voirs, des ca­na­li­sa­tions, des pres­soirs, des es­ca­liers, des dé­pôts, des urnes, des tran­chées etc… sont creu­sés dans ce roc, sans ou­blier les sa­lines creu­sées aus­si sur ce long ro­cher. Les Phé­ni­ciens l’ont uti­li­sé comme chan­tier pour y construire leurs na­vires. En­fé a été le té­moin des dif­fé­rentes ci­vi­li­sa­tions pas­sées par

le Li­ban, des Grecs jus­qu’aux ot­to­mans. Au­jourd’hui, le village est par­se­mé de cou­vents et d’églises dont cer­taines d’époque croi­sée. Notre-dame-des-vents (Say­det el­rih) fut la pre­mière église de tout l’orient dé­diée à la Vierge Ma­rie. De ré­centes fouilles ar­chéo­lo­giques ont re­vé­lé dans son sous-sol une stra­ti­gra­phie qui re­monte à la pé­riode by­zan­tine. En­fé est aus­si connue pour ses sa­lines, ma­rées sa­lantes d’époque ca­na­néo­phé­ni­cienne, si ty­piques, creu­sées dans la roche et ali­men­tées par des éo­liennes. La lo­ca­li­té abrite éga­le­ment un char­mant port de pêche et de plai­sance. In­con­tour­nable éga­le­ment, Taht el-rih, une plage ro­cheuse et lieu de ren­contre de ce village de pê­cheurs et de ma­rins. On peut y voir des ca­ba­nons tout en cou­leurs bleu et blanc qui valent à En­fé le sur­nom de «Santorini du Li­ban». Une mer­veille qu’il fau­drait veiller à sau­ve­gar­der, car, mal­heu­reu­se­ment, le site n’est pas pro­té­gé. Au nord de En­fé, en face de la mer et d’un champ de ma­rées sa­lantes tou­jours opé­ra­tion­nel siège le couvent gre­cor­tho­doxe de Say­det el-na­tour (Notre- Da­mede-la-garde). Ce site offre un jo­li cloître in­té­rieur et son église est or­née de pein­tures dans le style by­zan­tin par des ar­tistes peintres ori­gi­naires de Odes­sa.

COMMENT Y AL­LER? Prendre l’au­to­route du nord, sor­tir juste avant les usines de Chek­ka.

OÙ SE LO­GER? Plu­sieurs mai­sons d’hôtes ac­cueillent des vi­si­teurs à En­fé, comme la Mai­son du sel (tel: 03 857 943/70 420 180). Pos­si­bi­li­té aus­si de lo­ger au couvent mé­dié­val grec-or­tho­doxe de St-jean sur les hau­teurs de la ville (tel: 78 857 296).

OÙ SE RES­TAU­RER? Taht el-rih est de­ve­nu le lieu de res­tau­ra­tion in­con­tour­nable de En­fé pour un re­pas ex­quis en face de la mer. Plu­sieurs res­tau­rants y pro­posent des me­nus de pois­sons et fruits de mer comme Was­sim 3al Ba7eh (tel: 70 180 124), Es­ti­ra7et el-kol (tel: 03 306 585), Fouad (tel: 70 830 117). Al-bay­dar conjugue sa­veurs et vue pa­no­ra­mique. Au me­nu, fruits de mer, pois­sons frais et mez­zés li­ba­nais (tel: 76 542 299 / 06 542 942)

DÉ­COU­VRIR LA VILLE: avec un guide lo­cal pas­sion­nant, Ha­fez Jreich (tel: 03540215).

VERS MTEIN

A 36 km de Bey­routh, se dresse le beau village de Mtein, dans le Haut-metn. Si­tué à 1080 mètres d’al­ti­tude et non loin de Dhour Choueir, Bo­lo­gna ou Zaa­rour, cette lo­ca­li­té reste in­jus­te­ment mé­con­nue. Ha­bi­tée de­puis l’an­ti­qui­té, Mtein ne pren­dra de l’im­por­tance qu’en 1616 quand Alam Edine bin Billa­ma (Mo­ka­dam) vient s’y ins­tal­ler. Plus tard, en 1711 après la ba­taille de «Aïn Da­ra», les Abilla­ma sont ho­no­rés du titre d’emir en signe de gra­ti­tude pour avoir sou­te­nu l’emir Hai­dar Chehab. La fa­mille se par­tage alors le Metn en trois par­ties. L’emir Mou­rad fit de Mtein son siège. C’est à cette époque que quatre pa­lais furent construits au­tour de la place cen­trale de 5000 m2, où se dé­rou­laient toutes les fes­ti­vi­tés sym­bo­li­sant le pou­voir féo­dal jus­qu’à la moi­tié du Xixème siècle. Bap­ti­sée Mi­dan el-oma­ra (La place des princes), cette place est res­tée le centre des ac­ti­vi­tés de Mtein. Au­jourd’hui, c’est un village qui té­moigne du vivre-en­semble au Li­ban avec dif­fé­rentes com­mu­nau­tés re­li­gieuses qui y co­ha­bitent. Le village abrite 4 églises ma­ro­nites, une église grecque ca­tho­lique et une église or­tho­doxe ain­si qu’une Khel­weh (mai­son de prière) druze. La mu­ni­ci­pa­li­té a res­tau­ré l’un des pa­lais des émirs pour s’y ins­tal­ler.

Par­mi les cu­rio­si­tés à dé­cou­vrir, à pied, un pe­tit mu­sée d’art mo­derne, ain­si que plu­sieurs de­meures an­ciennes, une ma­gna­ne­rie au­jourd’hui en ruines, d’an­ciens ponts et pres­soirs, la source du village ou en­core, les dif­fé­rents lieux de culte. Des ran­don­nées sont aus­si pos­sibles à par­tir de Mtein, via le Le­ba­non Moun­tain Trail (sec­tion 16). Les plus jeunes ou les groupes d’amis se­ront aus­si sé­duits par le kar­ting de Mtein.

COMMENT Y AR­RI­VER? Prendre la route vers Dhour Choueir (vers Bik­faya ou bien l’au­to­route du Metn), Baab­dat puis Douar), jus­qu’à Mrouj puis prendre la di­rec­tion de Mtein ou bien y ac­cé­der de­puis Qor­nayel.

OÙ SE LO­GER? Pas­ser une nuit dans l’an­cien pa­lais de l’émir Qa­ba­lan Abilla­mah, dans la mai­son d’hôte de Fay­sal Qon­tar (tel: 04 295 043 / 03 236 062)

OÙ SE RES­TAU­RER? Le res­tau­rant Khei­ral­lah qui se trouve sur la place du village pro­pose d’ex­cel­lents mez­zés. En été, une gi­gan­tesque ter­rasse peut abri­ter jus­qu’à 1000 per­sonnes et une salle d’hi­ver ac­cueille des vi­si­teurs sous de belles ar­cades en pierre (tel: 03312288). Autre op­tion, un ar­rêt au Furn el-bal­deh, pour dé­gus­ter de dé­li­cieuses mé­ga-piz­zas à la li­ba­naise. (Geith Had­dad, tel: 78 888 895).

OR­GA­NI­SER UNE RAN­DON­NÉE: avec le Le­ba­non moun­tain trail – Sec­tion 16 qui pro­pose des guides qua­li­fiés (Wa­lid Ra­ched tel: 03 686 220/ Pierre Na­kou­zi 03 465 333). Plus d’in­fos sur www.le­ba­non­trail.org. DÉ­VE­LOP­PER SON ITI­NÉ­RAIRE: de­puis Mtein, on peut pour­suivre sa route jus­qu’aux ré­gions de Bzeb­dine, Qor­nayel, Fa­lou­gha ou Ham­ma­na, où de nom­breuses ac­ti­vi­tés éco-tou­ris­tiques sont pro­po­sées comme par exemple à Bzeb­dine Hid­den Val­ley (Tel: 05 360 803/03 466 662) ou Bzeb­dine Na­ture Land (Tel: 71 016 232; www.na­ture-land.com).

SANTORINI DU LI­BAN Le village d’en­fé, hé­las non pro­té­gé, est la perle du Li­ban-nord.

AFQA Cette beau­té na­tu­relle a ins­pi­ré des lé­gendes.

MACH­NA­QA Le site ro­main est ma­gni­fique au cou­cher du so­leil.

ART MO­DERNE Le Macam, à Alita, vaut le dé­tour.

YANOUH Les vestiges té­moignent d’une grande ac­ti­vi­té re­li­gieuse, quand la route Byblos-hé­lio­po­lis pas­sait par là.

ÉMIRS Mtein a conser­vé ses pa­lais et vieilles bâ­tisses.

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