BROUMANA

La re­nais­sance

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Tout com­mence à l’été 2014 lorsque Georges Ach­kar, ori­gi­naire de Broumana, dé­cide d’y sé­jour­ner l’été avec sa femme et ses en­fants. «C’était l’an­née de la Coupe du monde de foot­ball, se sou­vient-il. Nous avions dé­ci­dé de pas­ser l’été à la mon­tagne en fa­mille. Sauf que tous les soirs, ma femme et moi nous dis­pu­tions sur le res­tau­rant à choi­sir ou sur les ac­ti­vi­tés à faire. Tout sim­ple­ment car il n’y avait plus rien à faire à Broumana. On s’en­nuyait ter­ri­ble­ment». Si Broumana était his­to­ri­que­ment ré­pu­tée pour ses étés fes­tifs, il y a quelques an­nées, la ville avait per­du toute son at­trac­ti­vi­té d’an­tan, tou­chée de plein fouet par la crise du tou­risme, mais aus­si et sur­tout, par le ra­len­tis­se­ment gé­né­ral de l’ac­ti­vi­té éco­no­mique et la baisse du pou­voir d’achat des Li­ba­nais.

«Je m’en­nuyais tel­le­ment les soi­rées d’été à Broumana que j’ai dé­ci­dé de créer, dans le jar­din de l’hô­tel de mon père, le Prin­ta­nia, des kiosques où l’on pour­rait dé­gus­ter autre chose que le me­nu tra­di­tion­nel du res­tau­rant

de l’hô­tel, pour­suit Georges Ach­kar. Pour­quoi des kiosques? Car à ce mo­ment-là, en 2014, au­cune en­seigne ne vou­lait faire le pa­ri de s’ins­tal­ler à Broumana qui était pra­ti­que­ment dé­ser­tée».

Les pre­miers à ac­cep­ter de ten­ter l’aven­ture sont Su­shi &Co et Clas­sic Bur­ger. «Nous avons alors ou­vert un bar à su­shis dans le jar­din et ajou­té les bur­gers de Clas­sic Bur­ger au me­nu tra­di­tion­nel du res­tau­rant. Ce­la a tout de suite car­ton­né».

«En 2015, j’ai alors vou­lu étendre le concept à proxi­mi­té de la pis­cine de l’hô­tel, là où étaient or­ga­ni­sés les ma­riages. C’est ain­si qu’est née le clus­ter Prin­ta­nia Gar­den. En 2016, nous avons pour­sui­vi le dé­ve­lop­pe­ment à la Villa Prin­ta­nia», ex­plique Georges Ach­kar.

To­ny Ta­dros est le pro­prié­taire de la de­meure. «Je dis­po­sais de cette belle pro­prié­té, jus­qu’alors in­uti­li­sée et j’avais en­vie de créer un concept, ex­plique-t-il. J’avais dé­jà mis à dis­po­si­tion ma villa en 2014 pour un fes­ti­val de street-food qui s’était te­nu dans le jar­din. Peu après, Georges Ach­kar m’a sug­gé­ré de dé­ve­lop­per un concept per­ma­nent au­tour de cette villa». Le Prin­ta­nia Villa, un autre clus­ter de res­tau­ra­tion, est ain­si inau­gu­ré en 2016 pour un in­ves­tis­se­ment d’en­vi­ron un mil­lion de dol­lars de tra­vaux.

Au­jourd’hui, l’en­droit compte dé­sor­mais douze éta­blis­se­ments et 1300 places assises, réu­nis­sant des en­seignes comme Es­co­bar, Duo, Br­gr Co ou en­core Trum­pet. Il est pos­sible d’y dî­ner pour un ti­cket moyen com­pris entre 25 et 40 dol­lars par per­sonne.

UNE FRÉ­QUEN­TA­TION AC­CRUE. Se­lon To­ny Ta­dros, ce sont entre 100 et 120 em­plois qui ont été créés di­rec­te­ment la pre­mière an­née à Prin­ta­nia Villa. Deux cents em­plois sont pré­vus cette an­née. «L’été der­nier, nous étions com­plets tous les soirs, confie-t-il, sa­tis­fait. Cette an­née, nous es­pé­rons réa­li­ser au moins une aus­si belle per­for­mance».

De son cô­té, Prin­ta­nia Gar­den compte sept éta­blis­se­ments et dis­pose de 1000 places assises. Georges Ach­kar, qui gère ces clus­ters via sa so­cié­té Prin­ta­nia Re­vi­val, a dé­ci­dé de ne pas pré­le­ver des loyers fixes mais un pour­cen­tage de 15% sur les re­ve­nus gé­né­rés par l’ac­ti­vi­té des éta­blis­se­ments.

Se­lon Pierre Ach­kar, le pré­sident de la mu­ni­ci­pa­li­té de Broumana et pro­prié­taire de l’hô­tel Prin­ta­nia, la lo­ca­li­té au­ra drai­né en­vi­ron 5 000 per­sonnes au moins chaque soir de l’été 2016. Cette an­née, les pro­fes­sion­nels s’at­tendent à une fré­quen­ta­tion ac­crue. «Ne ve­nez pas sans ré­ser­ver, car vous n’au­rez au­cune chance de trou­ver une place», conseille vi­ve­ment Pierre Ach­kar.

Au to­tal, ce sont en­vi­ron une tren­taine de nou­veaux res­tau­rants qui ont ou­vert à Broumana ces trois der­nières an­nées, pour des in­ves­tis­se­ments d’au moins 200 000 dol­lars par éta­blis­se­ment. Avec à la clef, en­vi­ron 1 200 em­plois di­rects, la plu­part étant des em­plois étu­diants.

LES DEUX CLUS­TERS DU PRIN­TA­NIA CU­MULENT 2 300 PLACES ASSISES ET GÉ­NÈRENT PRÈS DE 1 200 EM­PLOIS DI­RECTS.

PA­RI GA­GNÉ Du­rant le seul été 2016, Broumana au­rait drai­né pas moins de 5000 vi­si­teurs par soir.

AT­TRAC­TI­VI­TÉ Une tren­taine d’en­seignes ont ins­tal­lé leurs quar­tiers dans la lo­ca­li­té. .

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