UN CAR­NAGE ÉVI­TÉ DE JUS­TESSE

Une grave at­taque ter­ro­riste vi­sait un vol de la com­pa­gnie émi­ra­tie, Eti­had Air­ways, qui de­vait re­lier Sydney à Abou Dha­bi. Le ka­mi­kaze pré­su­mé, Amer Khayat, est li­ba­nais, ori­gi­naire du Nord. Les dé­tails de cette af­faire sont dignes d’un film d’hor­reur.

Le Mensuel Magazine - - Liban - PAR JOËLLE SEIF

L’af­faire est de la plus haute im­por­tance et c’est pour­quoi c’est le mi­nistre de l’in­té­rieur et des Mu­ni­ci­pa­li­tés, Nou­had Machnouk, qui l’a lui-même dé­voi­lée, en­tou­ré du di­rec­teur gé­né­ral des FSI (Forces de sé­cu­ri­té in­té­rieure), le gé­né­ral Imad Oth­man, et du chef du SR (ser­vice de ren­sei­gne­ments) des FSI, le gé­né­ral Kha­led Ham­moud. Il s’agis­sait donc d’une grande at­taque ter­ro­riste, qui vi­sait un avion d’eti­had Air­ways de­vant re­lier Sydney à Abou Dha­bi. Le ka­mi­kaze pré­su­mé est li­ba­nais, ori­gi­naire du Li­ban-nord, et s’ap­pelle Amer Khayat. Il a été ar­rê­té au Li­ban, alors que ses deux frères, Kha­led et Mah­moud, sont in­car­cé­rés en Aus­tra­lie. L’af­faire a été confir­mée par le Pre­mier mi­nistre aus­tra­lien, Mal­com Turn­bull, et par le com­mis­saire ad­joint de la Po­lice fé­dé­rale aus­tra­lienne, Mi­chel Phe­lan. Seule la com­pa­gnie d’avia­tion émi­ra­tie a pro­tes­té, af­fir­mant que la sé­cu­ri­té de ses avions est as­su­rée.

En réa­li­té, les ter­ro­ristes pro­je­taient bien de faire sau­ter l’un des avions de la com­pa­gnie, mais les ex­plo­sifs n’ont pas été em­bar­qués, le ba­gage dans le­quel ils se trou­vaient ayant été ren­du à son pro­prié­taire, parce qu’il était trop lourd.

QUATRE FRÈRES. Les dé­tails de cette af­faire sont dignes d’un film d’hor­reur. Les prin­ci­paux ac­teurs sont quatre frères de la fa­mille Khayat. Trois sont ins­tal­lés en Aus­tra­lie, Amer, Kha­led et Mah­moud, et le qua­trième, Ta­rek, est à Ra­q­qa, où il est de­ve­nu chef mi­li­taire dans l’or­ga­ni­sa­tion de l’etat is­la­mique (Daech). C’est lui qui se­rait à l’ori­gine de l’at­ten­tat, en comp­tant, pour son exé­cu­tion, sur ses trois frères qui se rendent sou­vent au Li­ban. C’est d’ailleurs à cause de lui et des voyages fré­quents de ses frères, que le SR des FSI a été aler­té et a com­men­cé à les pla­cer sous sur­veillance étroite de­puis près d’un an, sans qu’ils ne s’en rendent compte évi­dem­ment.

Les frères Khayat avaient donc dé­ci­dé de pla­cer à bord d’un avion de la com­pa­gnie Eti­had une charge de 20 kg, qui au­rait dû ex­plo­ser en plein vol 20 mi­nutes après le dé­col­lage. L’avion en ques­tion trans­por­tait 400 pas­sa­gers, dont 120 Li­ba­nais, qui ont ain­si échap­pé à la mort qu’au­rait cau­sée l’at­ten­tat ter­ro­riste en pré­pa­ra­tion. Les ter­ro­ristes avaient même

NOU­HAD MACHNOUK A LUI-MÊME DÉ­VOI­LÉ LE COMPLOT TER­RO­RISTE QUI VI­SAIT L’AVION D’ETI­HAD, VU L’IM­POR­TANCE DE L’AF­FAIRE.

mi­nu­té l’ex­plo­sion au dé­but du vol pour que l’avion et ses pas­sa­gers sombrent dans l’océan et ne puissent pas être sau­vés, alors que les boîtes noires se­raient dif­fi­ci­le­ment ré­cu­pé­rables.

C’est Amer qui avait été dé­si­gné pour faire mon­ter le ba­gage à main à bord de l’avion et choi­si pour être le ka­mi­kaze. Les trois frères avaient d’ailleurs dis­si­mu­lé les ex­plo­sifs dans une grande pou­pée en plas­tique ain­si que dans un ha­choir de viande, eux­mêmes ran­gés dans une pe­tite va­lise que le sui­ci­daire de­vait gar­der sous son siège. Mais au mo­ment de l’en­re­gis­tre­ment des ba­gages, les fonc­tion­naires de l’aé­ro­port de Sydney ont es­ti­mé que cette va­lise était trop lourde et de­vait être en­voyée dans la soute. Face au re­fus de Amer, ils ont dé­ci­dé de la ren­voyer aux frères Khayat en­core en Aus­tra­lie et Amer a dû faire le voyage sans elle jus­qu’à Beyrouth, via Abou Dha­bi. Il est donc ar­ri­vé seul au Li­ban pour, en prin­cipe, cé­lé­brer la fête du Fi­tr. Mais le SR des FSI, qui le sur­veillait avec ses frères, a été aler­té et l’a ar­rê­té, le 15 juillet, le sus­pec­tant de pré­pa­rer un at­ten­tat ter­ro­riste.

LE KA­MI­KAZE AVOUE. Le ka­mi­kaze qui a ra­té sa vo­ca­tion est ra­pi­de­ment pas­sé aux aveux et la co­opé­ra­tion entre le ser­vice li­ba­nais et la po­lice an­ti­ter­ro­riste de Sydney a per­mis l’ar­res­ta­tion, le 31 juillet, des deux autres frères res­tés en Aus­tra­lie. Entre-temps, ils avaient en­vi­sa­gé de faire ex­plo­ser un autre avion de la même com­pa­gnie, en uti­li­sant un en­gin dif­fu­seur de sul­fure d’hy­dro­gène. Mais ce pro­jet n’a pas pu se concré­ti­ser. Grâce à l’échange des in­for­ma­tions entre les deux pays et à la co­opé­ra­tion sé­cu­ri­taire, il a donc été pos­sible de dé­cou­vrir l’en­semble du scé­na­rio et d’ar­rê­ter les prin­ci­paux ac­teurs, ex­cep­tion faite du cer­veau pré­su­mé, Ta­rek Khayat, qui se trouve à Ra­q­qa. Cette ca­tas­trophe évi­tée de jus­tesse grâce à la vi­gi­lance des ser­vices li­ba­nais et aus­tra­liens montre l’im­por­tance d’une co­opé­ra­tion gé­né­rale dans la lutte contre le ter­ro­risme...

BYBLOS BANK et l’ami­cale des an­ciens du col­lège Saint-jo­seph - An­tou­ra ont lan­cé une nou­velle carte d’af­fi­ni­té, conçue pour les membres de l’as­so­cia­tion.

Cette carte de cré­dit Vi­sa Pla­ti­num, co-bran­dée, est un pro­duit unique, qui per­met à ses dé­ten­teurs, chaque fois qu’elle est uti­li­sée au Li­ban ou à l’étranger, de pro­fi­ter d’une pa­no­plie d’avan­tages, tout en sou­te­nant leur as­so­cia­tion. En outre, Byblos Bank et le fonds Sa­nad pour les mi­cros, pe­tites et moyennes en­tre­prises (MPME) ont si­gné un ac­cord de prêt d’un mon­tant de 20 mil­lions $. Sa­nad fi­nance les MPME et les mé­nages à faibles re­ve­nus dans la ré­gion Me­na (Moyen-orient et Afrique du Nord), à tra­vers des prê­teurs lo­caux qua­li­fiés. Cet ac­cord de prêt, le pre­mier en son genre avec la Byblos, est des­ti­né à sou­te­nir les MPME à tra­vers le Li­ban, qui opèrent dans le com­merce, l’in­dus­trie, les ser­vices en gé­né­ral, les pro­fes­sions pe­tites et mal des­ser­vies. Il peut être uti­li­sé pour cou­vrir les in­ves­tis­se­ments ain­si que des fonds de rou­le­ment per­ma­nents, à tra­vers des plans de fi­nan­ce­ment à court ou moyen terme et à des taux d’in­té­rêt at­trayants.

Byblos Bank a, par ailleurs, an­non­cé ses ré­sul­tats fi­nan­ciers sur le pre­mier se­mestre 2017. L’éta­blis­se­ment a en­re­gis­tré une aug­men­ta­tion des dé­pôts et des prêts res­pec­ti­ve­ment de 4,3% et 2%, pour at­teindre 17,8 mil­liards de dol­lars et 5,3 mil­liards de dol­lars. Les bé­né­fices nets ont chu­té de 9%, à la suite de la dé­con­so­li­da­tion des in­ves­tis­se­ments de la banque dans ses fi­liales en Sy­rie et au Sou­dan et à l’adop­tion d’une stra­té­gie conser­va­trice. LES SEPT FI­LIALES DE BANQUES li­ba­naises opé­rant en Sy­rie ont pu­blié leurs ré­sul­tats fi­nan­ciers mon­trant un to­tal de pro­fits nets de 54,5 mil­liards de livres sy­riennes, à fin 2016, contre 37,6 mil­liards un an au­pa­ra­vant, soit une hausse de 44,8%. La pro­gres­sion des pro­fits est prin­ci­pa­le­ment due aux mon­tants de 54,6 mil­liards de livres sy­riennes de gains de po­si­tions de change non réa­li­sés en 2016, en com­pa­rai­son avec les 41,3 mil­liards un an au­pa­ra­vant. En dol­lars amé­ri­cains, les pro­fits nets des sept banques ont re­cu­lé de 25,4%, de 158,7 mil­lions en 2015 à 118,3 mil­lions en 2016. Les chiffres en dol­lars re­flètent le taux de change fixé of­fi­ciel­le­ment, dé­pré­cié de 237 livres sy­riennes contre un dol­lar en 2015, à une va­leur de 460,3 livres sy­riennes contre un dol­lar l’an­née sui­vante.

BLOM BANK a en­re­gis­tré des pro­fits de 233,52 mil­lions de dol­lars à fin juin 2017, soit une pro­gres­sion de 3,03% par rap­port à la même pé­riode un an au­pa­ra­vant. La Blom a en­re­gis­tré un ren­de­ment moyen des fonds propres (ROAE) et un ren­de­ment moyen des avoirs (ROAA) res­pec­ti­ve­ment de 16,66% et de 1,54%. Ces deux ra­tios sont des in­di­ca­tifs de la pro­fi­ta­bi­li­té de la banque et de la pro­duc­ti­vi­té en termes de re­ve­nus gé­né­rés par les fonds propres et les avoirs. La crois­sance ne s’est pas li­mi­tée aux pro­fits dé­ga­gés mais a tou­ché des élé­ments clés du bi­lan. Blom Bank a en­re­gis­tré une pro­gres­sion des ac­tifs de 6,13% par rap­port à dé­cembre 2016 et son por­te­feuille de prêts a haus­sé de 7,41%.

LA BANQUE DU LI­BAN (BDL) a émis, le 6 juillet, la cir­cu­laire 467 ré­glant l’ou­ver­ture de branches des banques com­mer­ciales. En ver­tu de la nou­velle ré­gle­men­ta­tion, le nombre de branches que chaque banque est au­to­ri­sée à ou­vrir par an est de trois. Au moins l’une des trois nou­velles branches doit être do­tée des der­nières tech­no­lo­gies mo­dernes. La Banque cen­trale pour­rait au­to­ri­ser une banque, à titre ex­cep­tion­nel, d’ex­cé­der le nombre fixé, à condi­tion que celle-ci pla­ni­fie l’inauguration de branches à l’ex­té­rieur de la ca­pi­tale et de ses ban­lieues.

BANK AUDI a pu­blié le bi­lan de son ac­ti­vi­té conso­li­dée pour le pre­mier se­mestre 2017. En voi­ci les prin­ci­paux élé­ments:

43,9 mil­liards de dol­lars d’avoirs. ● 36,3 mil­liards de dol­lars de ● dé­pôts clients.

17,6 mil­liards de dol­lars de prêts ● aux clients.

3,8 mil­liards de dol­lars de fonds ● propres.

308 mil­lions de dol­lars de pro­fits ● nets et 213 mil­lions de dol­lars ex­cluant les pro­fits nets ti­rés des pro­cé­dures d’ac­qui­si­tion de cartes et de paie­ments élec­tro­niques, dont 20% four­nis par Odea Bank et 11% de Bank Audi Egypt, aug­men­tant la contri­bu­tion des en­ti­tés im­plan­tées à l’étranger à la conso­li­da­tion des pro­fits à 49%.

LES KHAYAT, LI­BA­NAIS TER­RO­RISTES

Les prin­ci­paux ac­teurs de l’af­faire sont quatre frères li­ba­nais. Trois sont ins­tal­lés en Aus­tra­lie, Amer, Kha­led et Mah­moud Khayat. Le 4e, Ta­rek, est chef mi­li­taire de Daech à Ra­q­qa.

BANQUES LI­BA­NAISES

BYBLOS BANK

BLOM BANK

RÉ­SUL­TATS NON AUDITÉS AU 1er SE­MESTRE 2017

BANK AUDI

AC­TI­VI­TÉ CONSO­LI­DÉE AU 1er SE­MESTRE 2017

BDL

TROIS NOU­VELLES BRANCHES PAR AN POUR LES BANQUES

Newspapers in French

Newspapers from Lebanon

© PressReader. All rights reserved.