COM­BIEN ÇA COÛTE?

Le lan­ce­ment d'une start-up

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Ala base de toute créa­tion d’en­tre­prise, un mon­tant bien spé­ci­fique est né­ces­sai­re­ment re­quis. D’après An­toine Bi­tar, di­rec­teur de Smart ESA, un Bu­si­ness plan «n’est fi­na­le­ment que le plan pour réus­sir son bu­si­ness. Les étapes à suivre pour l’éla­bo­ra­tion d’une telle feuille de route sont tou­jours les mêmes: quel ob­jec­tif cherche-t-on à at­teindre? Quelle stra­té­gie adop­ter pour y par­ve­nir? Quels pro­cé­dés d’exé­cu­tion pour réus­sir?». M. Bi­tar as­sure qu’«il n’y a pas de règle gé­né­rale ou de so­lu­tion-mi­racle». Pour réus­sir son mar­ke­ting, il faut bien connaître ses uti­li­sa­teurs ain­si que leurs mo­ti­va­tions.

FRAIS ET BUD­GETS. «Fon­der une so­cié­té au Li­ban à moins de 5 000 $ se­rait une illu­sion», in­dique M. Bi­tar. L’es­sen­tiel re­pose da­van­tage sur le ca­pi­tal re­quis que sur l’as­pect lé­gal qui, lui aus­si, né­ces­site une part des frais. Il est, im­pé­ra­tif d’avoir à sa dis­po­si­tion une somme suf­fi­sante d’ar­gent pour te­nir jus­qu’à l’«ar­ri­vée» d’in­ves­tis­seurs in­té­res­sés par le pro­jet. Nombre de jeunes en­tre­pre­neurs peinent à dé­mar­rer sans au moins 20 000 $, même s’ils font preuve de beau­coup de créa­ti­vi­té et ob­tiennent des ser­vices gra­tui­te­ment. Les dé­penses va­rient sur­tout se­lon la «spé­cia­li­sa­tion» de la star­tup. Un mar­ket­place qui a peu mi­sé sur le R&D (Re­cherche et Dé­ve­lop­pe­ment) au­ra sur­tout be­soin d’un bon plan mar­ke­ting. Dans le cas contraire, une start-up spé­cia­li­sée dans l’in­no­va­tion tech­no­lo­gique de­vra en­tre­prendre un énorme tra­vail de re­cherche. Tou­te­fois, dans presque tous les cas, la pre­mière ligne de dé­penses consiste dans le re­cru­te­ment de ta­lents.

Toute créa­tion d’en­tre­prise ou de so­cié­té né­ces­site d’abord l’ac­com­plis­se­ment de di­verses for­ma­li­tés ad­mi­nis­tra­tives. Le coût des dé­marches lé­gales n’étant pas im­por­tant pour le lan­ce­ment de toute start-up, il n’en de­meure pas moins qu’un dé­pôt des sta­tuts de la so­cié­té et l’en­re­gis­tre­ment aux re­gistres concer­nés pour l’ac­ti­vi­té en ques­tion sont cru­ciaux. Une fois l’idée dé­ve­lop­pée, il fau­dra bien ins­tal­ler les lo­caux quelque part. Les jeunes en­tre­pre­neurs optent sou­vent pour leur do­mi­cile. D’autres pré­fèrent louer un bu­reau. Il fau­dra donc comp­ter entre 300 et 500$ par mois se­lon l’es­pace né­ces­saire. A ne pas né­gli­ger aus­si, l’ac­qui­si­tion d’un ma­té­riel de bu­reaux et d’un bud­get dé­dié à la pro­mo­tion de l’en­tre­prise. Ain­si, cartes de vi­sites, flyers et autres ob­jets pro­mo­tion­nels des­ti­nés à ac­croître la no­to­rié­té de la jeune en­tre­prise peuvent avoi­si­ner les 500$. Quant au sa­laire des pre­miers em­bau­chés, il de­vrait tour­ner au­tour des 1 000$ se­lon la spé­cia­li­sa­tion.

LES DÉ­MARCHES. D’après des études amé­ri­caines, 85% des star­tups échouent au bout de 5 ans. Au­tant dire qu’il faut vrai­ment y croire et ac­cep­ter le risque de «perdre». Pour réus­sir, au-de­là d’une bonne idée, il faut pou­voir comp­ter sur une bonne équipe pour exé­cu­ter le pro­jet, de l’ar­gent pour du­rer et un bon ti­ming. Il faut au moins 3 ans pour qu’une start-up com­mence à ga­gner de l’ar­gent.

L’USJ avait sou­te­nu, il y a quelques an­nées, la créa­tion de Be­ry­tech, même si celle-ci fonc­tionne in­dé­pen­dam­ment de l’uni­ver­si­té. Avec Smart ESA, L’ESA a été la pre­mière uni­ver­si­té à lan­cer son in­cu­ba­teur in­té­gré. L’AUB vient d’an­non­cer le sien. Des in­cu­ba­teurs pri­vés existent aus­si comme Speed, UK Tech Hub ou Alt Ci­ty. Tous sont com­plé­men­taires et sont sou­te­nus par la Banque cen­trale du Li­ban, qui a créé une vé­ri­table dy­na­mique grâce à sa cir­cu­laire 331.●

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