ELYSSAR EST UN PRO­JET MORT-NÉ. POUR­TANT, IL CONTI­NUE D’ÊTRE PRÉ­VU DANS LE BUD­GET DE L’ÉTAT.

Le Mensuel Magazine - - Économie Temps Fort -

«Lors­qu’on sait qu’une tren­taine d’of­fices au­to­nomes (sur un to­tal de 81) sont non fonc­tion­nels au Li­ban mais qu’ils conti­nuent quand même d’exis­ter et que, sur les 30 000 fonc­tion­naires qui y sont af­fec­tés, près de la moi­tié touchent leur sa­laire sans ef­fec­tuer la moindre tâche, l’«éva­po­ra­tion» de l’ar­gent pu­blic n’est pas éton­nante», af­firme M. Ye­hya Ha­kim, cher­cheur en fi­nances et en ad­mi­nis­tra­tions pu­bliques. Rap­pe­lons qu’au len­de­main de la guerre ci­vile, au­cune ré­forme sérieuse de l’ad­mi­nis­tra­tion ne voit le jour. Pri­vi­lé­giés et pro­té­gés par les res­pon­sables po­li­tiques, les fonc­tion­naires des ins­ti­tu­tions non fonc­tion­nelles de­viennent de plus en plus non pro­duc­tifs. L’on ne peut pas, tou­te­fois, les te­nir pour res­pon­sables de cette oi­si­ve­té, puisque toutes les dé­ci­sions re­lèvent des mi­nis­tères concer­nés.

L’exemple le plus concret est ce­lui du pro­jet Elyssar, comme le pré­cise une source in­for­mée à Ma­ga­zine. A l’is­sue de l’ac­cord de Taëf en 1989 et de la mise en place des gou­ver­ne­ments pré­si­dés par Ra­fic Ha­ri­ri entre 1992 et 1998, «la re­cons­truc­tion» du Li­ban de­vient une prio­ri­té d’après-guerre. Conçu pour la ban­lieue sud de Bey­routh, Elyssar est un pro­jet mort-né, au­quel un bud­get est al­loué. Il est vrai que maintes études ont été réa­li­sées pour la ré­ha­bi­li­ta­tion de cette ré­gion de la ca­pi­tale li­ba­naise, mais ce plan de ré­ha­bi­li­ta­tion bap­ti­sé Elyssar est qua­si­ment inexis­tant. Pour­tant, il conti­nue de fi­gu­rer sur les comptes de l’etat et à re­ce­voir ré­gu­liè­re­ment des trans­ferts pour cou­vrir les frais de fonc­tion­ne­ment.

IDAL ET LA POSTE. Un deuxième cas de fi­gure ca­rac­té­ri­sant ce han­di­cap ad­mi­nis­tra­tif est ce­lui D’IDAL. Cette agence pour le dé­ve­lop­pe­ment des in­ves­tis­se­ments a été éta­blie en 1994 dans le but de «pro­mou­voir le Li­ban en tant que des­ti­na­tion pri­vi­lé­giée pour les in­ves­tis­se­ments, d’at­ti­rer, de fa­ci­li­ter et de main­te­nir les in­ves­tis­se­ments dans le pays». Cette agence est pla­cée sous l’égide du pré­sident du Conseil des mi­nistres qui y exerce un pou­voir de tu­telle. Elle jouit ce­pen­dant d’une au­to­no­mie fi­nan­cière et ad­mi­nis­tra­tive. Or, la der­nière ini­tia­tive en­tre­prise par IDAL re­monte à l’après-2006, au len­de­main de la guerre is­raé­lienne contre le Li­ban. Au­jourd’hui, les dos­siers re­qué­rant une «ga­ran­tie

Newspapers in French

Newspapers from Lebanon

© PressReader. All rights reserved.