SUC­CES­SION

Le Mensuel Magazine - - Revisitée -

Wa­lid Bey a hé­ri­té du lea­der­ship à l’as­sas­si­nat de son père Ka­mal Joumblatt. Il veut pas­ser la main à son fils Tay­mour de son vi­vant.

n’étions pas re­pré­sen­tés au Par­le­ment. Notre dé­pu­ta­tion est ve­nue par la suite», di­til. «En même temps, nous in­sis­tons tous deux sur le fait que Taëf est une ga­ran­tie. Nous es­ti­mons qu’il fau­drait amé­lio­rer cet ac­cord et non pas le re­nier».

Wa­lid Joumblatt ne cache pas ses di­ver­gences de points de vue avec le Pre­mier mi­nistre Saad Ha­ri­ri, sur­tout au­tour de sa vi­sion éco­no­mique, un peu trop li­bé­rale à son goût. «Dé­jà, des nuages avaient as­som­bri ma re­la­tion avec feu Ra­fic Ha­ri­ri, car nous n’étions pas tou­jours for­cé­ment sur la même lon­gueur d’onde au plan éco­no­mique, se sou­vient-il. Le fils, comme le père, sont par­ti­sans d’une ap­proche néo­li­bé­rale de l’économie. Mal­gré ces di­ver­gences, nous fai­sons tous par­tie du pou­voir. Mais au­jourd’hui, nous sommes confron­tés à une im­passe éco­no­mique et so­ciale ter­rible. Alors il fau­dra peut-être, un jour, re­mettre en ques­tion ces choix fon­dés sur la vi­sion d’un Li­ban ba­sé sur les ser­vices, les banques, le tou­risme, en ou­bliant les autres as­pects fon­da­men­taux. Il fau­dra pro­té­ger l’agri­cul­ture et l’in­dus­trie, l’économie réelle et pro­duc­trice».

Wa­lid Joumblatt re­con­naît que son franc­par­ler et ses com­men­taires as­sez durs peuvent sus­ci­ter des réactions de mé­con­ten­te­ment chez une par­tie de ses dé­trac­teurs mais aus­si de ses amis. «Je suis par­fois acerbe dans mes cri­tiques et de­puis que j’ai adop­té le sys­tème des mes­sages par Twit­ter pour m’ex­pri­mer, par­fois ça gêne. J’ai com­pris qu’il fal­lait équi­li­brer les tweets», concède-t-il.

Ces dif­fé­rences d’opi­nion avec Saad Ha­ri­ri n’em­pê­che­ront pas, ce­pen­dant, la conclu­sion d’al­liances élec­to­rales avec le Cou­rant du Fu­tur dans le Chouf, à Beyrouth et dans la Bé­kaa-ouest.

FL. Une éven­tuelle co­opé­ra­tion élec­to­rale se­ra moins évi­dente avec les Forces li­ba­naises, mé­con­tentes de son al­liance dans le Chouf avec Na­ji Bous­ta­ni qu’il qua­li­fie de «per­son­na­li­té politique très in­té­res­sante pos­sé­dant un poids élec­to­ral im­por­tant». «Je n’ai pas com­pris leur ré­ac­tion, pour­suit le lea­der druze. Il y a des chré­tiens qui sont par­ti­sans des FL, d’autres du Cou­rant pa­trio­tique libre (CPL), et il y a aus­si des in­dé­pen­dants, dont Na­ji Bous­ta­ni. Cette af­faire a pro­vo­qué un pe­tit ma­laise dans notre re­la­tion».

A Aley, le pay­sage élec­to­ral ne s’est pas en­core dé­can­té. «Les FL ont un can­di­dat, Anis Nas­sar, que je connais bien, ex­plique-t-il. Il est membre du Con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion de l’uni­ver­si­té Ba­la­mand, qui s’est im­plan­tée à Souk el-gharb sur un ter­rain que j’ai of­fert, il y a quelques an­nées. Les Ka­taëb aus­si ont un can­di­dat. Le pro­blème n’est donc pas avec moi. Les FL et les Ka­taëb doivent s’en­tendre. Mes candidats pour Aley sont Hen­ri Hé­lou et Akram Che­hayeb». Des dis­cus­sions sont en­ga­gées avec le CPL pour ten­ter de trou­ver un ac­cord, mais là aus­si, on peut dé­ce­ler une cer­taine in­com­pré­hen­sion: «Lorsque Ge­bran Bas­sil est ve­nu dî­ner chez moi, il a avan­cé une théo­rie se­lon la­quelle si les “grands” s’en­tendent entre eux, ce­la risque d’évin­cer les “pe­tits”. C’est son point de vue. On ver­ra. L’es­sen­tiel est que les élec­tions se dé­roulent nor­ma­le­ment. Fi­na­le­ment, ce sont les urnes qui tran­che­ront».

Homme politique che­vron­né, connu pour son sens dé­ve­lop­pé de l’ana­lyse et de la per­cep­tion des évé­ne­ments, le sei­gneur de Mou­kh­ta­ra avoue n’avoir pas très bien com­pris la nou­velle loi élec­to­rale. «Cette loi est un peu com­pli­quée à sai­sir, se plaint-il. D’après ce que j’ai cru

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