MÈRE-FILS

Le Mensuel Magazine - - Ci­né­ma -

Bar­bier s’est vu confier cette adap­ta­tion par le pro­duc­teur Eric Je­hel­mann. Un double dé­fi d’un cô­té comme de l’autre, avec tous les risques que l’adap­ta­tion d’un ro­man culte peut im­pli­quer: face à un pu­blic qui s’at­tend à y retrouver l’es­prit ori­gi­nel de l’oeuvre, et dans la réa­li­sa­tion du pro­jet lui-même. Avec ce ro­man ini­tia­tique qui re­trace 30 ans de la vie de Ro­main Gary, Eric Bar­bier et Marie Ey­nard ont été confron­tés à une mul­ti­tude de dif­fi­cul­tés dans leur tra­vail d’adap­ta­tion, pour conser­ver l’es­sence du ro­man, tout en le ré­dui­sant des deux tiers. Prenant comme exemple Lit­tle Big Man d’arthur Penn, Eric Bar­bier a dé­ci­dé de suivre le fil conduc­teur de l’oeuvre, «le lien entre (Ro­main Gary) et sa mère, cette es­pèce d’amour dé­vo­rant qu’elle a pour lui, et que lui a pour elle».

HOM­MAGE À L’AMOUR MA­TER­NEL. Le spec­ta­teur suit ain­si l’enfance de Ro­main Gary, en Po­logne, en pas­sant par sa jeu­nesse sous le so­leil de Nice jus­qu’à ses ex­ploits d’avia­teur pen­dant la Se­conde Guerre mon­diale. Cet achar­ne­ment à vivre mille vies, à de­ve­nir un grand homme et un écrivain cé­lèbre, c’est à Ni­na, sa mère, qu’il le doit. C’est l’amour fou de cette mère at­ta­chante et ex­cen­trique qui fe­ra de lui l’un des ro­man­ciers ma­jeurs du XXE siècle, avec une vie pleine de re­bon­dis­se­ments, de pas­sions et de mys­tères. Un amour ma­ter­nel sans bornes qui se­ra aus­si son far­deau pour la vie.

Dans le rôle de l’écrivain, Pierre Ni­ney af­fiche son ex­ci­ta­tion à in­car­ner «un per­son­nage ex­trê­me­ment at­ta­chant», au «par­cours hal­lu­ci­nant», au coeur d’un film qui est «un hom­mage à ce ro­man, à cette vie et à l’amour ma­ter­nel en gé­né­ral». Face à lui, Char­lotte Gains­bourg, s’est glis­sée dans la peau de Ni­na, «mère as­sez mons­trueuse, pos­ses­sive, mais folle de son fils», sans «une once d’hé­si­ta­tion». Le film di­vise la cri­tique qui lui re­proche es­sen­tiel­le­ment un manque d’émo­tion. Le jour­nal Le Monde évoque une version «qui souffre de tous les maux trop sou­vent vus dans le ci­né­ma fran­çais po­pu­laire, et nous fait l’ef­fet d’un énième block­bus­ter dé­la­vé qui coûte trop cher pour ce qu’il est, à sa­voir une illustration du ro­man, ni plus ni moins, sans supplément d’âme, si­non ce­lui de ses deux ac­teurs-stars». D’autres cri­tiques pré­fèrent tem­po­ri­ser. Les Fiches du ci­né­ma re­lèvent «une adap­ta­tion sage mais réus­sie». Li­bé­ra­tion met en avant un «scé­na­rio (qui) a l’in­tel­li­gence de ne jamais perdre de vue le fait que le ro­man de Ro­main Gary re­lève au­tant de l’af­fa­bu­la­tion que de l’au­to­bio­gra­phie». Pour Pa­ris-match, «la pro­messe est te­nue». Le meilleur moyen de se for­ger son propre avis, main­te­nant que toutes les cartes sont sur la table, se­ra d’al­ler voir le film. Cir­cuit Empire Char­lotte Gains­bourg in­carne avec brio cette mère à l’amour dé­vo­rant.

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