SIN EL-FIL

Nou­velle des­ti­na­tion pour les af­faires

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Mul­ti­na­tio­nales ou com­pa­gnies locales, elles sont de plus en plus nom­breuses à ve­nir ins­tal­ler leurs lo­caux à Sin el-fil. « Il y a dix ans, les pro­mo­teurs ont vu qu’il y avait un cré­neau à ex­ploi­ter par rap­port aux stocks de bu­reaux à Achra­fieh. Ils ont réus­si à faire bou­ger les choses et à im­po­ser Sin el-fil comme une des­ti­na­tion d’af­faires», ex­plique Guillaume Bou­dis­seau, consul­tant pour Ram­co. La construc­tion d’une poi­gnée de bâ­ti­ments luxueux a per­mis de re­fa­çon­ner cette ré­gion pour en faire un point de chute re­cher­ché par les en­tre­prises. «On a choi­si cette zone en premier lieu pour sa proxi­mi­té avec Bey­routh qui est ac­ces­sible en 10 mi­nutes», as­sure Ru­dy Chal­houb, di­rec­teur exé­cu­tif de Jo­seph Chal­houb Real Es­tate De­ve­lop­ment, à l’ori­gine de cinq centres d’af­faires à Sin el-fil, les­quels abritent plus d’une cen­taine de firmes, dont des mul­ti­na­tio­nales comme Hu­waei, le groupe phar­ma­ceu­tique MSD, le siège de General Elec­tric au Liban, des com­pa­gnies locales, à l’ins­tar de Châ­teau Ke­fraya ou de l’agence de pu­bli­ci­té Grey, mais aus­si des pro­fes­sions li­bé­rales; in­gé­nieurs, avo­cats, mé­de­cins. «40% des en­tre­prises avaient leur lo­caux à Bey­routh mais les blo­cages suc­ces­sifs à chaque ma­ni­fes­ta­tion les ont pous­sés à quit­ter le centre-ville», in­dique Ru­dy Chal­houb. Les vagues de mou­ve­ments de pro­tes­ta­tion et la fer­me­ture des abords de la place de l’etoile de 2015 à 2017 ont en­trai­né une vague de dé­part des en­tre­prises ba­sées au coeur de la ca­pi­tale, les­quelles ont pré­fé­ré se ra­battre sur des ré­gions plus calmes. «Pour les bu­reaux, la pre­mière cou­ronne de Bey­routh - Dbayeh, An­te­lias, Sin el-fil et Haz­mieh- consti­tue une al­ter­na­tive aux pro­duits du centre-ville et d’achra­fieh», ob­serve Guillaume Bou­dis­seau. Par­mi ces des­ti­na­tions, Sin el-fil pré­sente un point fort, «ce­lui d’être si­tué au ni­veau du point cen­tral de l’ag­glo­mé­ra­tion de Bey­routh». C’est aus­si une ré­gion haut de gamme. «Horch Ta­bet a une très belle cote. Les im­meubles ne sont pas col­lés les uns aux autres, l’en­vi­ron­ne­ment ur­bain est plai­sant, les rues sont larges. A une pé­riode, beau­coup d’am­bas­sades ont pen­sé y dé­pla­cer leur lo­caux», note le consul­tant. Seul in­con­vé­nient: «C’est une ré­gion qui reste as­sez conges­tion­née, avec beau­coup de tra­fic», re­lève-t-il.

PRO­JETS LUXUEUX. En quelques an­nées, le prix des ter­rains est pas­sé de 1 800 dol­lars/m2 en 2011 à 3 000 dol­lars au­jourd’hui. Le mon­tant des loyers tourne lui au­tour de 260 dol­lars/ m2. Avec un prix de vente de 4 500/m2, le nou­veau quartier d’af­faires est dé­sor­mais plus cher qu’achra­fieh. Pour Guillaume Bou­dis­seau ce coût est jus­ti­fié «car il s’agit de pro­duits de niche avec des pres­ta­tions qu’on ne trouve pas à Achra­fieh». «Les pro­mo­teurs se sont po­si­tion­nés sur un cré­neau de pro­jets luxueux. Tous les bu­reaux sont très te­nus. Les bâ­ti­ments offrent des vues in­croyables sur Bey­routh. Il y a des salles de confé­rence, des es­paces verts, de beaux lob­bies. C’est aus­si raf­fi­né et élé­gant qu’au centre-ville mais moins cher en même temps», re­marque le spé­cia­liste. Inau­gu­rées en 2018, les tours Cen­tral Bu­si­ness Center et Qubic Square sont les deux pre­miers centres d’af­faires au Liban do­tés de sys­tèmes de pro­tec­tion an­ti-in­cen­die et pa­ra­sis­mique aux normes eu­ro­péennes et amé­ri­caines.

RALENTISSEMENT. La pour­suite du dé­ve­lop­pe­ment du nou­veau quartier d’af­faires s’est tou­te­fois ra­len­ti à cause de la crise que tra­verse le sec­teur immobilier de­puis le dé­but de l’an­née. «Mal­gré ses atouts et sa vi­ta­li­té, la ré­gion n’a pas pu échap­per à la mo­ro­si­té du mar­ché. Au­jourd’hui, le stock a beau­coup de dif­fi­cul­tés à s’écou­ler», constate Guillaume Bou­dis­seau. «On est dans une pé­riode d’at­tente même si les ré­per­cus­sions res­tent moins fortes ici qu’ailleurs. A chaque fois qu’il y a une crise, c’est Bey­routh qui prend le plus», as­sure Ru­dy Chal­houb qui es­time à 100 000 m2 la su­per­fi­cie en­core dis­po­nible à Sin el-fil. «Il y a en­core un grand potentiel de­vant nous. Le pro­blème est que les prix sont tou­jours les mêmes de­puis le boom immobilier. On trouve des ter­rains ven­dus entre 3 000 et 4 000 dol­lars le m2 à Sin el­fil, ce qui est im­pen­sable puisque l’on vend à 4 500 dol­lars», sou­lève le construc­teur. Et de conclure: «Quand les gens bais­se­ront les prix, le dé­ve­lop­pe­ment re­pren­dra».

QUBIC SQUARE Un des pre­miers centres d’af­faires au Liban do­tés de sys­tèmes de pro­tec­tion an­ti-in­cen­die et pa­ra­sis­mique aux normes eu­ro­péennes et amé­ri­caines.

LES PRIX GRIMPENT En quelques an­nées, le prix des ter­rains est pas­sé de 1 800 dol­lars/m2 en 2011 à 3 000 dol­lars au­jourd’hui. Le mon­tant des loyers tourne lui au­tour de 260 dol­lars/m2.

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