Le mé­nage va com­men­cer chez les «bleus»

Saad Ha­ri­ri n’a pas mis long­temps pour pro­cé­der à une lec­ture du ré­sul­tat des mu­ni­ci­pales, des mes­sages adres­sés à tra­vers ces élec­tions et ce qu’elles re­pré­sentent aus­si bien sur le plan po­pu­laire que po­li­tique. Cette ré­vi­sion a dé­jà com­men­cé au ni­veau d

L'Hebdo Magazine - - SEMAINE POLITIQUE -

Les élec­tions ont ré­vé­lé l’exis­tence de plu­sieurs pro­blèmes à l’in­té­rieur du Cou­rant du fu­tur: un «mal­en­ten­du», at­tei­gnant quel­que­fois une rup­ture de com­mu­ni­ca­tion entre le com­man­de­ment et la base, une ma­chine élec­to­rale rouillée, l’émer­gence de nou­velles forces po­li­tiques, manque de fonds, etc. C’est la rai­son pour la­quelle cette ré­vi­sion de­vrait avoir pour ré­sul­tat une re­struc­tu­ra­tion du Cou­rant du fu­tur, un ren­for­ce­ment de la cen­tra­li­sa­tion, la mise à l’écart d’un grand nombre des membres du bu­reau po­li­tique et des res­pon­sables ré­gio­naux, la li­qui­da­tion des ailes au sein du cou­rant et l’in­tro­duc­tion d’un sang neuf. Pour­tant, ces re­ma­nie­ments in­té­rieurs ne se­ront ja­mais com­plets et ne pour­ront pas por­ter des fruits s’ils ne s’ac­com­pagnent pas d’une ré­vi­sion po­li­tique. Il existe une forte convic­tion chez les di­ri­geants et les membres du Fu­tur que leurs op­tions po­li­tiques sont la rai­son prin­ci­pale du re­cul et de la dé­con­fi­ture des «bleus». De­puis la dé­faite to­ni­truante de Tri­po­li, les concer­ta­tions et les dis­cus­sions ont com­men­cé et elles tournent au­tour de deux points es­sen­tiels au ni­veau de la stra­té­gie po­li­tique à adop­ter dans l’étape pré­sente. Le pre­mier point concerne le dia­logue avec le Hez­bol­lah. Faut-il le pour­suivre ou y mettre un terme? A quelles condi­tions faut-il le conti­nuer et quelles se­raient les consé­quences et les re­tom­bées de son ar­rêt? La ma­jo­ri­té des membres du Cou­rant du fu­tur es­timent que ce dia­logue est in­utile tant qu’il n’existe pas de chan­ge­ment dans l’at­ti­tude du Hez­bol­lah. Son but était d’ab­sor­ber le conflit sun­nite-chiite et

de mettre un terme à la va­cance pré­si­den­tielle. Jus­qu’à pré­sent, le dia­logue a eu des ré­sul­tats né­gli­geables au ni­veau du pre­mier point et n’a en­re­gis­tré au­cune avan­cée au ni­veau du se­cond point. Mal­gré les nom­breuses perches ten­dues par le Fu­tur, le Hez­bol­lah ne l’a pas ren­con­tré à mi-che­min. En d’autres termes, le Fu­tur au­rait beau­coup don­né en deux ans sans re­ce­voir au­cune contre­par­tie, ce qui re­pré­sente une conces­sion coû­teuse, en contra­dic­tion avec l’hu­meur sun­nite. Le se­cond point porte sur la can­di­da­ture de Slei­man Fran­gié. A ce ni­veau éga­le­ment, les avis sont par­ta­gés au sein du Cou­rant du fu­tur. Les uns voient dans la can­di­da­ture de Fran­gié un moyen de sor­tir de l’im­passe pré­si­den­tielle, après deux ans de va­cance et de stag­na­tion. Se­lon les par­ti­sans de cette op­tion, ce se­rait le seul moyen d’écar­ter le gé­né­ral Mi­chel Aoun et elle se­rait ac­cep­tée par le Hez­bol­lah. Mais six mois plus tard, il ap­pa­raît que cette can­di­da­ture n’a pas réa­li­sé son ob­jec­tif et n’a pas réus­si à sor­tir le pays de l’im­passe. En pas­sant de la can­di­da­ture de Sa­mir Gea­gea à celle de Slei­man Fran­gié, rien n’a vé­ri­ta­ble­ment chan­gé. Ce­la im­pose une ré­éva­lua­tion de la can­di­da­ture de Fran­gié. Faut-il la re­ti­rer et ap­puyer celle du gé­né­ral Aoun ou alors se tour­ner vers un troi­sième pré­sident consen­suel? D’autres es­timent qu’il faut main­te­nir la can­di­da­ture de Fran­gié même si les chances de l’élire pré­sident sont de­ve­nues très faibles, car c’est la seule carte que dé­tient le Cou­rant du fu­tur au ni­veau de la pré­si­den­tielle et il n’est pas per­mis d’y re­non­cer sans ob­te­nir des ga­ran­ties en contre­par­tie. Re­non­cer au chef des Ma­ra­da gra­tui­te­ment im­pli­que­rait ap­puyer Aoun, parce qu’il de­vient ain­si le seul can­di­dat après la mise à l’écart de Gea­gea et Fran­gié. Jus­qu’à ce que sonne l’heure du com­pro­mis, il semble que le Fu­tur n’a d’autre choix que ce­lui de s’ac­cro­cher à la can­di­da­ture de Slei­man Fran­gié. J.SE.

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