La pré­si­den­tielle li­ba­naise se­ra évo­quée avec l’Iran

Dans le cadre d’un par­te­na­riat entre l’Of­fice du tou­risme li­ba­nais à Pa­ris et l’Ins­ti­tut du monde arabe (Ima), et à l’in­vi­ta­tion du mi­nistre du Tou­risme, Mi­chel Pha­raon, le pré­sident de l’Ima, l’an­cien mi­nistre Jack Lang, a as­sis­té au lan­ce­ment de la Fête

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La France tente, de­puis plu­sieurs mois dé­jà, de dé­nouer l’épi­neuse ques­tion de la pré­si­den­tielle li­ba­naise. Avez-vous des in­for­ma­tions ré­centes sur le su­jet sur­tout avec la vi­site à Pa­ris du mi­nistre ira­nien des Af­faires étran­gères, Mo­ham­mad Ja­vad Za­rif? tou­te­fois, que le su­jet soit abor­dé avec les res­pon­sables ira­niens.

La si­tua­tion en Sy­rie ne fait qu’em­pi­rer. L’Eu­rope et la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale as­sistent, sans mot dire, à la fa­mine des ha­bi­tants de Da­raya. Dans le reste de la Sy­rie, les com­bats se pour­suivent, les ci­vils étant les pre­mières vic­times. Et mal­gré ce­la, l’Onu n’est pas en me­sure de faire vo­ter une dé­ci­sion afin de lar­guer des vivres aux ré­gions as­sié­gées. Que fait la France en ce sens? Ce qui se passe en Sy­rie est un acte de mons­truo­si­té quo­ti­dien. La France avait pris des ini­tia­tives qui n’ont pas été ac­com­pa­gnées par les Etats-Unis. Lorsque l’at­taque chi­mique a eu lieu (dans la Ghou­ta orien­tale), la France était prête à ri­pos­ter, mais le pré­sident Ba­rack Oba­ma a eu re­cours à un sub­ter­fuge en in­vo­quant la né­ces­si­té de sou­mettre l’in­ter­ven­tion mi­li­taire à un vote du Con­grès, chose qui n’était pas obli­ga­toire. Pour ce qui est de Da­raya, il y a cer­tai­ne­ment une ab­sence ma­ni­feste d’en­ga­ge­ment de la part de la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale. Une ONG (Mé­de­cins sans fron­tières) a même re­fu­sé le fi­nan­ce­ment de l’UE en rai­son de ce man­que­ment au de­voir hu­ma­ni­taire.

En­vi­sa­gez-vous une so­lu­tion en Sy­rie à moyen terme?

Il faut trou­ver une so­lu­tion pour mettre fin à l’as­sas­si­nat du peuple sy­rien, qui ne peut pas être en­vi­sa­gée sans le sou­tien de la Rus­sie et de l’Iran qui, tous deux, ap­puient As­sad dans son en­tre­prise cri­mi­nelle.

Le Li­ban su­bit de plein fouet la crise sy­rienne. La France peut-elle faire plus en ce sens? L’Union eu­ro­péenne manque de gé­né­ro­si­té. Il faut faire da­van­tage, le Li­ban ac­cueille seul plus d’un mil­lion de ré­fu­giés avec tout ce que ce­la com­porte… je dis au Li­ban cha­peau. La France a dé­ci­dé de dé­blo­quer des fonds des­ti­nés à l’aide hu­ma­ni­taire, mais ce­la n’est pas suf­fi­sant. Puisque les Etats-Unis ne veulent rien faire, il faut qu’ils ap­portent un sou­tien hu­ma­ni­taire plus im­por­tant, no­tam­ment à la Jor­da­nie et au Li­ban.

Les élec­tions pré­si­den­tielles amé­ri­caines au­ront lieu en no­vembre pro­chain, pen­sez-vous qu’il y au­rait un chan­ge­ment de la po­li­tique étran­gère des Etats-Unis, dans le cas d’une élec­tion de Hilla­ry Clinton? Je crois que oui. De par ses ac­tions pas­sées et son tem­pé­ra­ment, Ma­dame Clinton se­rait da­van­tage por­tée à in­ter­ve­nir.

Au­jourd’hui, les membres de la coa­li­tion contre l’or­ga­ni­sa­tion de l’Etat is­la­mique fo­ca­lisent leur at­ten­tion sur le com­bat mi­li­taire contre le ter­ro­risme. Mais dans cette guerre, les as­pects cultu­rel et édu­ca­tif sont très im­por­tants. Que fait l’Ima pour contri­buer à cet ef­fort? La guerre contre l’Etat is­la­mique se fait aus­si cultu­rel­le­ment, par le biais d’ex­po­si­tions, de fo­rums d’ac­ti­vi­tés liés aux centres de ré­flexion. Il est im­por­tant que le com­bat contre le fa­na­tisme et le ter­ro­risme se fasse par la pro­mo­tion d’une phi­lo­so­phie de la paix et du plu­ra­lisme. Nous avions ré­cem­ment or­ga­ni­sé à l’Ima un sym­po­sium ayant pour thème Pou­voir et re­li­gion. De telles ini­tia­tives font par­tie du com­bat contre le ter­ro­risme. PRO­POS RE­CUEILLIS PAR MO­NA ALA­MI

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