Ne­lia Hynd­man-Rizk dé­cor­tique la mi­gra­tion li­ba­naise

Le Dr Ne­lia Hynd­man-Rizk, an­thro­po­logue, est une ré­fé­rence concer­nant les mi­grants ins­tal­lés à Sydney et ori­gi­naires de la ville de Had­chit. Ma­ga­zine l’a ren­con­trée pour dis­cu­ter de son étude Pas de ma­riages ar­ran­gés ici: mi­gra­tion et chan­ge­ment de re­la­ti

L'Hebdo Magazine - - DIASPORA -

Com­bien de mi­grants li­ba­nais sont-ils ori­gi­naires de Had­chit? Qu’ont-ils en com­mun avec les autres Li­ba­nais ins­tal­lés en Aus­tra­lie? Il y a en­vi­ron 500 fa­milles ori­gi­naires de Had­chit, soit 3000 per­sonnes, ins­tal­lées dans l’ouest de Sydney. L’as­so­cia­tion vil­la­geoise est une forme cou­rante d’or­ga­ni­sa­tion so­ciale chez les im­mi­grants li­ba­nais en Aus­tra­lie. J’ai tra­vaillé avec l’une des plus grandes as­so­cia­tions, celle de Had­chit, et j’ai pas­sé 12 mois à en­quê­ter sur le ter­rain au­près de cette com­mu­nau­té im­mi­grée. Ma fa­mille a quit­té Had­chit pour se rendre aux Etats-Unis dans les an­nées 1890. Je suis donc of­fi­ciel­le­ment une mi­grante de 4e gé­né­ra­tion, ayant main­te­nu des liens avec mon vil­lage d’ori­gine. Je me suis ins­tal­lée en Aus­tra­lie en 1972.

Au fil des an­nées, les mi­grants ont connu des trans­for­ma­tions cultu­relles. Comment les ré­su­mer?

A la suite du pro­ces­sus de mi­gra­tion, beau­coup de trans­for­ma­tions cultu­relles ont lieu per­met­tant aux mi­grants de s’adap­ter à leur nou­velle vie. L’un des chan­ge­ments so­ciaux les plus im­por­tants qu’ils ont connus concerne la re­né­go­cia­tion de leur iden­ti­té cultu­relle. S’iden­ti­fier comme un «Had­chi­ti» est sup­plan­té par une iden­ti­fi­ca­tion cultu­relle plus large, celle d’être un Li­ba­no-Aus­tra­lien. Il y a éga­le­ment un autre chan­ge­ment cultu­rel im­por­tant à si­gna­ler. En 1950, une étude me­née à Had­chit, por­tant sur le ma­riage, mon­trait que l’en­do­ga­mie dans l’émi­gra­tion était presque to­tale. Tou­te­fois, ce qu’on constate ré­cem­ment à Sydney c’est que, par­mi les mi­grants nés ou éle­vés en Aus­tra­lie, les ma­riages entre cou­sins re­pré­sentent seule­ment 25%. Pour la deuxième gé­né­ra­tion, 36,6% des ma­riages se font avec une per­sonne d’ori­gine li­ba­naise et 38,4% avec des non-Li­ba­nais.

Les nou­velles gé­né­ra­tions tiennent donc à faire des ma­riages d’amour…

Pour la deuxième gé­né­ra­tion de femmes li­ba­naises, il y a une pré­fé­rence crois­sante pour les ma­riages d’amour. On cherche de plus en plus à éta­blir un «nou­veau contrat de ma­riage» fon­dé sur l’éga­li­té des sexes et l’amour entre les par­te­naires. Cer­taines per­sonnes ma­riées à leurs cou­sins consi­dèrent qu’elles se lient par amour et qu’elles com­posent une fa­mille heu­reuse. Pour d’autres, les ma­riages avec les cou­sins sont voués à l’échec, parce qu’un tel amour ne pou­vait du­rer. La deuxième gé­né­ra­tion de femmes li­ba­naises veut el­le­même choi­sir son par­te­naire. Les mi­grantes ont ten­dance à se ma­rier plus tar­di­ve­ment. L’âge a été re­por­té à la fin de la ving­taine. Elles ont plus ten­dance à pour­suivre des études su­pé­rieures et à par­ti­ci­per à la vie pro­fes­sion­nelle. PRO­POS RE­CUEILLIS PAR PAU­LINE MOU­HAN­NA

Na­der Mous­sa­li, Ja­male Abou Ha­mad, My­riam Khat­cha­dou­rian, Bet­ty Taou­tel, Ara Khat­cha­dou­rian, Saad Sfeir, Nach­wa Jaa­far, Ha­gop Der Ghou­ghas­sian et Ni­co­las Dagher.

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