GE­BRAN BAS­SIL FAIT LE GRAND MÉ­NAGE

L'Hebdo Magazine - - SEMAINE POLITIQUE -

Les der­niers dé­ve­lop­pe­ments à l’in­té­rieur du CPL sont scru­pu­leu­se­ment sui­vis aus­si bien par les ad­ver­saires que par les al­liés en rai­son de leurs graves re­tom­bées sur la po­si­tion, le rôle et le poids du par­ti sur la scène po­li­tique. Alors qu’il bé­né­fi­cie tou­jours d’une grande po­pu­la­ri­té et exerce plei­ne­ment son rôle po­li­tique, le gé­né­ral Mi­chel Aoun a vou­lu confier de son vi­vant la pré­si­dence du par­ti à Ge­bran Bas­sil afin de pré­ser­ver l’ave­nir du CPL et évi­ter les di­vi­sions et les dis­sen­sions à l’in­té­rieur. Mais cet «hé­ri­tage» n’a pas eu lieu sans que tout ce que crai­gnait le gé­né­ral ar­rive en sa pré­sence et se passe sous ses yeux. De­puis son en­trée en fonc­tion, Bas­sil ne cesse de faire face à ceux qui dé­fient son au­to­ri­té et re­jettent la ma­nière dont il a pris la pré­si­dence du CPL. Les élec­tions mu­ni­ci­pales ont por­té un coup sé­rieux à son au­to­ri­té et ont clai­re­ment mon­tré que de nom­breux par­ti­sans ne se sont pas confor­més aux ins­truc­tions du par­ti. Tout ce­la ar­rive, alors que le gé­né­ral Aoun est tou­jours là et couvre les ac­tions de Bas­sil. C’est d’ailleurs du fon­da­teur de ce cou­rant que le mi­nistre des Af­faires étran­gères tire sa lé­gi­ti­mi­té et sa cou­ver­ture po­li­tique. Nom­breux sont ceux qui s’in­ter­rogent sur ce qui ar­ri­ve­ra le jour où Bas­sil se re­trou­ve­ra seul et qu’il de­vra s’af­fir­mer et li­vrer ses ba­tailles sans le sup­port du gé­né­ral.

Pas d’una­ni­mi­té

Des ob­ser­va­teurs es­timent que Bas­sil a brû­lé les étapes et pris très tôt les rênes du par­ti. Dans sa ten­ta­tive de s’im­po­ser, il a pris des dé­ci­sions hâ­tives, que n’im­porte quel autre pré­sident de par­ti au­rait mis quelques an­nées à prendre, après avoir bien as­sis son pou­voir et su maî­tri­ser les règles du jeu. Toutes ces se­cousses à l’in­té­rieur du CPL ont lieu au mau­vais mo­ment, à une pé­riode où le gé­né­ral Aoun livre sa plus grande ba­taille, celle de la pré­si­dence de la Ré­pu­blique. Ce com­bat ne to­lère au­cun in­dice de fai­blesse à l’in­té­rieur de son propre camp. Comme le feu qui couve sous la braise, le «ma­laise» était dé­jà là de­puis un bon bout de temps. Mais sou­dain, ce qui se di­sait tout bas dans les sa­lons et se mur­mu­rait der­rière les portes fer­mées se dit tout haut. Que se passe-t-il au sein du Cou­rant pa­trio­tique libre (CPL) qui se vou­lait un exemple de dé­mo­cra­tie? Comment en est-on ar­ri­vé là? Plu­sieurs élé­ments ont contri­bué à créer cette si­tua­tion. D’abord, le gé­né­ral Mi­chel Aoun a vou­lu sciem­ment re­mettre la pré­si­dence du par­ti entre les mains de Ge­bran Bas­sil de son vi­vant. De cette ma­nière, il a réus­si à évi­ter au mi­nistre des Af­faires étran­gères de gra­vir les éche­lons et de faire ses preuves avant de mé­ri­ter la pré­si­dence du CPL. Pour­tant cette élec­tion-no­mi­na­tion n’est pas pas­sée sans heurts et sans de vives cri­tiques à l’in­té­rieur du par­ti. Cette dé­marche a pla­cé le Cou­rant pa­trio­tique libre dans la même case des par­tis tra­di­tion­nels qui ap­pliquent le prin­cipe de l’hé­ri­tage po­li­tique fa­mi­lial. En outre, Ge­bran Bas­sil ne fait pas l’una­ni­mi­té au sein du par­ti et il est in­ca­pable de rem­pla­cer le gé­né­ral Aoun, tout comme il ne pos­sède pas son charisme et sa pres­tance. Mal­gré sa com­ba­ti­vi­té, sa com­pé­tence et sa dé­ter­mi­na­tion, le mi­nistre des Af­faires étran­gères sup­porte plus qu’il n’en peut. Face à cette si­tua­tion, il ne pou­vait que re­le­ver le

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