LA SA­GA D’UN HEB­DO­MA­DAIRE LE COM­BAT D’UN HOMME

DÉ­CEMBRE 1956-SEP­TEMBRE 2016 En 1956, Georges Abou Adal dé­cide de fon­der un groupe de presse, Les Edi­tions Orien­tales, en lan­çant sur le mar­ché l’heb­do­ma­daire fran­co­phone, Ma­ga­zine, L’Illus­tré du Proche-Orient, puis, deux an­nées plus tard, l’heb­do­ma­daire

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Dès son ar­ri­vée aux Edi­tions Orien­tales, Charles Abou Adal a pro­cé­dé à une ré­or­ga­ni­sa­tion et à une ré­orien­ta­tion stra­té­giques du groupe, en trans­for­mant Ma­ga­zine et Ous­bou Al Ara­bi en re­vues de com­bat, por­teuses d’un mes­sage po­li­tique, s’ar­ti­cu­lant au­tour des constantes na­tio­nales de l’in­dé­pen­dance, de la sou­ve­rai­ne­té et de la li­ber­té. Ce re­po­si­tion­ne­ment édi­to­rial in­ter­ve­nait à un mo­ment où le Li­ban re­plon­geait de plus belle dans la guerre, après la courte ac­cal­mie qui a sui­vi «les évé­ne­ments» de 1975-1977, et que les ri­va­li­tés entre les pays arabes écla­taient au grand jour, à la veille des ac­cords de Camp Da­vid. Cette dé­ci­sion n’a pas plu à cer­tains, au Li­ban, qui ont ex­pri­mé leur mé­con­ten­te­ment en dy­na­mi­tant la voi­ture du P.D.G. des Edi­tions Orien­tales, en avril 1979, et en pla­çant une charge ex­plo­sive à Mkal­lès de­vant les im­pri­me­ries du groupe de presse, à la même époque. Ces actes d’in­ti­mi­da­tion ne l’ont ce­pen­dant pas dis­sua­dé de pour­suivre la trans­for­ma­tion des deux re­vues, de­ve­nues des mé­dias en­ga­gés, craints et res­pec­tés, au Li­ban et dans le monde arabe. De nom­breux gou­ver­ne­ments arabes ont d’ailleurs exer­cé des pres­sions sous di­verses formes, en dur­cis­sant la cen­sure, ou en me­na­çant de sus­pendre la dis­tri­bu­tion des pu­bli­ca­tions dans leurs pays, tan­tôt pour ob­te­nir un chan­ge­ment de la ligne édi­to­riale, tan­tôt pour ré­cla­mer une plus grande «co­opé­ra­tion». Ces vaines ten­ta­tives n’ont fait que confor­ter Charles Abou Adal dans la jus­tesse de ses choix, uni­que­ment gui­dés par un at­ta­che­ment à l’idée d’un Li­ban uni, libre et in­dé­pen­dant. Di­plô­mé des uni­ver­si­tés amé­ri­caines, de for­ma­tion et de culture fran­co­phones, Charles Abou Adal, alias CAA, s’est aus­si in­té­res­sé de près, pen­dant son sé­jour amé­ri­cain, aux mé­thodes des mé­dias d’outre-At­lan­tique, en­core très peu connues au Li­ban et qui le pas­sionnent. Conscient de l’im­por­tance pour le lec­to­rat de la pré­sen­ta­tion des ar­ticles et de l’im­pact des pho­tos, il s’at­telle à la for­ma­tion d’équipes tech­niques et ré­dac­tion­nelles à des sys­tèmes tout à fait in­édits. En pleine guerre ci­vile, dans des bu­reaux par­ti­cu­liè­re­ment ex­po­sés et dans des condi­tions ex­trê­me­ment dif­fi­ciles, nous pas­sons des nuits blanches à la lueur des bou­gies, sou­vent sous les obus, avec les jour­na­listes et les tech­ni­ciens, em­bal­lés par

Charles Abou Adal de­vant les lo­caux dé­vas­tés des im­pri­me­ries du Groupe Ma­ga­zine à Mkal­lès le 12 dé­cembre 2005.

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