Entre les faux cal­culs et les pro­messes non te­nues

Er­reur de ju­ge­ment, fausse in­for­ma­tion ou trom­pé en­core une fois par le Cou­rant du fu­tur? Tou­jours est-il que le gé­né­ral Michel Aoun était qua­si­ment cer­tain de son élec­tion à la pré­si­dence de la Ré­pu­blique dans les pre­mières se­maines du mois d’août. Il en

L'Hebdo Magazine - - SEMAINE POLITIQUE -

La der­nière se­maine du mois de juillet, le gé­né­ral Michel Aoun a été in­ter­ro­gé sur son opi­nion concer­nant les pro­pos du pré­sident Na­bih Ber­ry, confor­tés par ceux du mi­nistre de l’In­té­rieur, Nou­had Mach­nouk, qui avait af­fir­mé que l’éven­tuel pré­sident se­ra élu avant la fin de l’an­née en cours. Il avait ré­pon­du que son élec­tion à la pré­si­dence au­ra lieu bien­tôt. En évo­quant son élec­tion im­mi­nente, le gé­né­ral Aoun ne s’était pas ar­rê­té sur l’éven­tua­li­té d’une pro­ro­ga­tion du man­dat du se­cré­taire gé­né­ral du haut Con­seil de la Dé­fense na­tio­nale, le gé­né­ral Mohammad Kheir et, ul­té­rieu­re­ment, de ce­lui du com­man­dant en chef de l’ar­mée. Il sem­blait cer­tain que leurs man­dats ne se­ront pas pro­ro­gés, es­ti­mant que son élec­tion à la tête de l’Etat cou­pe­rait court à toute forme de pro­lon­ga­tion et ou­vri­rait la voie à de nou­velles no­mi­na­tions. Des sources in­for­mées es­timent que la lec­ture des faits par le gé­né­ral Aoun était er­ro­née et que quel­qu’un se se­rait char­gé de lui don­ner l’im­pres­sion qu’après une longue at­tente, le temps de la ré­colte avait son­né. Ces sources en at­tri­buent la rai­son à plu­sieurs évé­ne­ments dont le gé­né­ral pré­voyait l’ar­ri­vée dans un ave­nir proche. Par­mi ceux-là, on re­lève la guerre du Yé­men dont la fin était at­ten­due bien­tôt. Les né­go­cia­tions qui avaient lieu au Ko­weït, entre les par­ties au conflit, sous le par­rai­nage des Na­tions unies, au­raient dû mettre fin à la guerre avec la bé­né­dic­tion de l’Ara­bie saou­dite, de l’Iran et de la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale. Les der­niers dé­ve­lop­pe­ments en Sy­rie, avec l’avan­cée du ré­gime ap­puyé par la Rus­sie et l’Iran, et qui a abou­ti à en­cer­cler Alep et à ou­vrir la voie à de larges per­cées mi­li­taires, ne sont pas à l’avan­tage de l’op­po­si­tion sy­rienne. La si­tua­tion sur le ter­rain évo­lue­ra ra­pi­de­ment et au­ra des ré­per­cus­sions sur celle du Li­ban. Elle fe­ra pen­cher la ba­lance au pro­fit de Aoun, avant que l’op­po­si­tion ne puisse le­ver le siège d’Alep. L’an­cien pré­sident du Con­seil, Saad Hariri, était coin­cé et prêt à ac­cep­ter un com­pro­mis lui per­met­tant de re­ve­nir au gou­ver­ne­ment à n’im­porte quel prix. L’Ara­bie, tou­jours se­lon la lec­ture de Aoun, fer­me­rait les yeux et ne s’op­po­se­rait pas à son élec­tion à la pré­si­dence bien que plus d’un res­pon­sable af­fir­mait que la pré­si­den­tielle était une af­faire li­ba­naise et que l’Ara­bie ap­puie tout ce que les Li­ba­nais dé­ci­de­ront. Fi­na­le­ment, ce qui in­té­resse la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale et, en par­ti­cu­lier, les Etats-Unis et l’Union eu­ro­péenne, c’est le main­tien de la sta­bi­li­té du Li­ban et le ren­for­ce­ment de celle-ci par un com­pro­mis po­li­tique, la si­tua­tion de­ve­nant in­te­nable et de fortes craintes exis­tant concer­nant un ef­fon­dre­ment de la si­tua­tion éco­no­mique. Les mi­lieux proches de Ra­bié, quant à eux, ont une vi­sion dif­fé­rente. Ils ne parlent pas de mau­vais cal­cul ou d’une lec­ture er­ro­née de la part du gé­né­ral Aoun, mais es­timent que

Michel Aoun et Saad Hariri.

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