DARAYA

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ré­par­ti­tion des rôles de chaque par­tie. «Nous avons conve­nu de do­maines spé­ci­fiques sur les­quels nous tra­vaille­rons avec les par­ties (du conflit). La Rus­sie (tra­vaille­ra) avec le gou­ver­ne­ment sy­rien, les Etats-Unis avec l’op­po­si­tion», a ex­pli­qué Ser­gueï La­vrov. Des ex­perts amé­ri­cains et russes conti­nue­ront de tra­vailler dans les jours à ve­nir pour ré­gler les points non ré­so­lus. «Dès qu’il y au­ra suf­fi­sam­ment de bonne vo­lon­té pour or­ga­ni­ser des né­go­cia­tions pro­duc­tives», Staf­fan de Mis­tu­ra «nous ai­de­ra à re­ve­nir à la table des né­go­cia­tions pour par­ve­nir à un ac­cord sur une tran­si­tion po­li­tique», a-t-il en­core as­su­ré. Cette énième ses­sion de né­go­cia­tions au­ra été com­pli­quée par l’in­ter­ven­tion mi­li­taire de la Tur­quie dans le nord de la Sy­rie. Cette opé­ra­tion, en­ta­mée le 24 août der­nier et bap­ti­sée Bou­clier de l’Eu­phrate, a pour ob­jec­tif of­fi­ciel de com­battre les ji­ha­distes de l’Etat is­la­mique, mais aus­si les forces kurdes des YPG. Quelques jours plus tard, sa­me­di 27 août, des af­fron­te­ments ont écla­té entre des com­bat­tants sou­te­nus par les forces kurdes et des chars turcs, se­lon l’Ob­ser­va­toire sy­rien des droits de l’homme (OSDH). L’agence de presse turque, Ana­do­lu, rap­por­tait, de son cô­té, un pre­mier dé­cès d’un sol­dat turc, tan­dis que des blin­dés au­raient été tou­chés dans la ré­gion de Ja­ra­blos. Une autre source, le con­seil mi­li­taire de Ja­ra­blos, com­po­sé de com­bat­tants liés aux Forces dé­mo­cra­tiques sy­riennes (com­pre­nant des mi­lices arabes et kurdes, dont les YPG, sou­te­nus par les Amé­ri­cains), a, quant à elle, ac­cu­sé An­ka­ra d’avoir at­ta­qué leurs po­si­tions et des ha­bi­ta­tions ci­viles dans le vil­lage d’alA­mar­na, à 10 km au sud de Ja­ra­blos. Le vil­lage au­rait été la cible de bom­bar­de­ments aé­riens de la chasse turque. L’im­pli­ca­tion turque au nord de la Sy­rie semble d’ailleurs s’in­ten­si­fier. Se­lon le quo­ti­dien turc Hür­riyet, la Tur­quie main­tien­drait dé­sor­mais 50 chars et 380 sol­dats en Sy­rie, les der­niers chars étant en­trés en ter­ri­toire sy­rien, sa­me­di der­nier, dans le vil­lage de Kar­ka­mis, à la fron­tière sy­ro-turque. Dans le même temps, des re­belles sy­riens sou­te­nus par An­ka­ra se­raient en train de dé­truire les ex­plo­sifs lais­sés par les com­bat­tants de Daech à Ja­ra­blos.

Les Kurdes se re­tirent

Si, se­lon le Pre­mier mi­nistre turc, Bi­na­li Yil­di­rim, l’opé­ra­tion en­ta­mée en Sy­rie a pour ob­jec­tif de «sé­cu­ri­ser les fron­tières avec la Sy­rie et d’em­pê­cher les ter­ro­ristes de s’en ap­pro­cher», il semble que ce soient sur­tout les com­bat­tants kurdes, sou­te­nus par les Etats-Unis, qui en fassent les frais. Pour­tant, du cô­té de Wa­shing­ton, c’est à une po­li­tique de «lais­ser faire» que semblent se heur­ter les forces kurdes. La Rus­sie ne pipe pas mot non plus. Par ailleurs, le bom­bar­de­ment à la mi-août, par l’avia­tion sy­rienne, de po­si­tions kurdes à Has­sa­ké, De­puis sa­me­di 27 août, le ré­gime sy­rien a re­pris le contrôle de Daraya, ex-fief re­belle près de Da­mas, après la sor­tie de l’en­semble des in­sur­gés et des ci­vils de la ville sou­mise à quatre ans de siège. «L’ar­mée sy­rienne contrôle to­ta­le­ment Daraya et est en­trée dans toute la ville. Il n’y a plus un seul homme ar­mé», a af­fir­mé une source mi­li­taire. Con­for­mé­ment à l’ac­cord si­gné le 25 août, et qui s’ap­pa­rente à ce­lui si­gné à Homs en 2014, ce sont près de 700 com­bat­tants et 4 000 ci­vils qui ont quit­té la ville, sym­bole de la ré­volte sy­rienne lan­cée en 2011 contre le ré­gime de Ba­char el-As­sad. L’éva­cua­tion a dé­bu­té ven­dre­di der­nier pour s’ache­ver di­manche. Les com­bat­tants de­vaient dé­po­ser leurs armes lourdes et de moyen ca­libre, avant de re­joindre dans des bus af­fré­tés spé­cia­le­ment, la ré­gion d’Id­lib, un fief de l’op­po­si­tion contrô­lé par la coa­li­tion de Jaïch el-Fa­teh. Les ci­vils, eux, de­vaient re­joindre les ré­gions de Da­mas contrô­lées par le gou­ver­ne­ment. Dé­truite à 90% par les pi­lon­nages du ré­gime et sou­mise à quatre an­nées d’un siège dé­vas­ta­teur pour les ci­vils, Daraya de­vrait dé­sor­mais de­ve­nir une zone mi­li­taire. La red­di­tion de la ville de­vrait per­mettre au ré­gime de sé­cu­ri­ser l’aé­ro­port mi­li­taire de Maz­zé. pour­rait pas­ser comme une sorte de blanc­seing a mi­ni­ma don­né par le ré­gime sy­rien à An­ka­ra, de frap­per les Kurdes. Lun­di 29 août, un haut res­pon­sable amé­ri­cain af­fir­mait que les mi­lices kurdes YPG sou­te­nues par Wa­shing­ton étaient re­ve­nues à l’est de l’Eu­phrate en Sy­rie, con­for­mé­ment à ce que de­man­dait la Tur­quie. Un fait confir­mé par le Con­seil mi­li­taire de Ja­ra­blos, qui a an­non­cé dans un com­mu­ni­qué que ses forces s’étaient re­ti­rées au sud de la ri­vière Sa­jur, soit à une ving­taine de ki­lo­mètres au sud de Ja­ra­blos. Ce re­trait consti­tuait l’une des de­mandes les plus ex­press d’An­ka­ra, qui avait pré­ve­nu qu’il conti­nue­rait de frap­per les com­bat­tants kurdes sy­riens tant qu’ils ne se­raient pas re­ve­nus à l’est du fleuve. L’ob­jec­tif étant de les em­pê­cher coûte que coûte de for­mer une fron­tière conti­nue le long de l’ac­tuelle fron­tière sy­ro-turque pour créer le Ro­ja­va. JEN­NY SA­LEH

DES RE­BELLES À

Staf­fan de Mis­tu­ra.

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