No­ra Joum­blatt

Pré­si­dente du Conseil d’ad­mi­nis­tra­tion du Chil­dren’s Can­cer Cen­ter of Le­ba­non

Prestige (Lebanon) - - Interview -

Fi­dèle à son en­ga­ge­ment d’as­su­rer un trai­te­ment com­plet et to­ta­le­ment gra­tuit du can­cer des en­fants, le CCCL, sous la hou­lette de No­ra Joum­blatt, offre chaque an­née à l’heure des fêtes, une part de bon­heur à ses pe­tits pa­tients. Le point avec la pré­si­dente du Conseil d’ad­mi­nis­tra­tion du CCCL.

Ra­con­tez- nous l’his­toire du CCCL, connu aus­si sous le nom de St- Jude. Le Chil­dren’s Can­cer Cen­ter of Le­ba­non est une ins­ti­tu­tion à but non lu­cra­tif dé­diée au trai­te­ment com­plet du can­cer des en­fants. Il est af­fi­lié au St- Jude Chil­dren’s Re­search Hos­pi­tal à Mem­phis, Etats- Unis, un hô­pi­tal de re­nom­mée in­ter­na­tio­nale, fon­dé par l’ac­teur amé­ri­cain d’ori­gine li­ba­naise, Dan­ny Tho­mas. L’his­toire de cet homme est fas­ci­nante. Dans les an­nées 50, alors qu’il était un jeune ani­ma­teur tri­mant pour ga­gner sa vie, il fit un voeu, pro­met­tant au saint pa­tron des causes ex­trêmes, St- Jude Tha­deus, de lui dé­dier un pro­jet, s’il ve­nait à le gui­der. L’ex­hor­ta­tion est aus­si­tôt exau­cée. Le soir même, alors qu’il dî­nait avec son épouse, il re­çoit la pro­po­si­tion de jouer dans le film « Make Room for Dad­dy » . C’est le dé­but d’une car­rière à suc­cès. Et le co­mé­dien n’a pas ou­blié son voeu. Avec l’aide de ses amis li­ba­nais et sy­riens aux Etats- Unis, il construit, en 1962, un hô­pi­tal consa­cré aux re­cherches pour en­fants at­teints de can­cer, et le bap­tise StJude Chil­dren’s Re­search Hos­pi­tal, pour em­pê­cher qu’un en­fant at­teint de can­cer ne soit pri­vé de trai­te­ment en rai­son de son ap­par­te­nance re­li­gieuse ou eth­nique, ou par manque de moyens. Au fil des an­nées, le rêve de Dan­ny Tho­mas gran­dit. Il fonde un centre si­mi­laire au Li­ban, le pays de ses an­cêtres, inau­gu­ré en avril 2002, grâce aux ef­forts des membres fon­da­teurs du Centre pré­si­dé alors par Dr Nas­ser Cham­maa. De­puis, le CCCL tra­vaille en étroite col­la­bo­ra­tion avec l’Ame­ri­can Uni­ver­si­ty of Bei­rut Me­di­cal Cen­ter ( AUBMC) et St- Jude, sa mis­sion pre­mière étant de sau­ver le plus grand nombre de vies d’en­fants. Avec un taux de gué­ri­son de 80%, le Centre a trai­té jus­qu’à ce jour 1.450 en­fants, et ac­cor­dé en­vi­ron 4000 con­sul­ta­tions mé­di­cales.

Par­lez- nous du trai­te­ment. Le CCCL offre aux en­fants des soins to­ta­le­ment gra­tuits. Le trai­te­ment d’un en­fant dure en moyenne 3 ans et coûte en­vi­ron 55.000$ par an, coût en­tiè­re­ment as­su­mé par le Centre. Il a be­soin de 15 mil­lions de dol­lars an­nuel­le­ment pour soi­gner en moyenne 300 en­fants, ce qui né­ces­site une mo­bi­li­sa­tion constante. Nous comp­tons sur les do­na­tions et la le­vée de fonds. Je re­mer­cie sin­cè­re­ment tous ceux qui de­puis tant d’an­nées sou­tiennent notre mis­sion, en l’oc­cur­rence Cyn­thia War­dé et son équipe qui or­ga­nisent chaque an­née du­rant la pé­riode de Noël l’évé­ne­ment « Christ­mas in Ac­tion » au bé­né­fice du CCCL.

Les pro­chains pro­jets du CCCL? Nous tra­vaillons ac­tuel­le­ment sur un grand pro­jet qui, nous es­pé­rons, ver­ra le jour dans les an­nées à ve­nir: la construc­tion d’un hô­pi­tal spé­cia­li­sé dans le trai­te­ment du can­cer pé­dia­trique au Li­ban.

Qu’avez- vous pré­vu pour les en­fants du centre du­rant les fêtes? Les fêtes sont des mo­ments bé­nis, parce qu’elles pro­curent de la joie aux en­fants, a for­tio­ri aux en­fants en sur­sis. Nous pré­voyons des fes­ti­vi­tés des­ti­nées à les mettre dans l’am­biance des fêtes. Des as­so­cia­tions ca­ri­ta­tives or­ga­ni­se­ront des ani­ma­tions au Centre: mu­sique, jeux, ca­deaux... Et des ac­ti­vi­tés sont pré­vues pour col­lec­ter des fonds des­ti­nés au Centre.

Par quels moyens sou­tient- on le CCCL? Par les do­na­tions jus­te­ment. Nos soins étant to­ta­le­ment gra­tuits, nous comp­tons to­ta­le­ment sur les do­na­tions et les pro­grammes de col­lecte de fonds. Vous trou­ve­rez les in­for­ma­tions à ce su­jet sur notre site in­ter­net: www. cccl. org. lb, ain­si que sur nos ré­seaux so­ciaux@ cccLe­ba­non.

Qu’est- ce qui vous in­cite à pour­suivre votre com­bat pour cette cause? Les en­fants sont la ri­chesse du monde. Je crois fer­me­ment à la de­vise de Dan­ny Tho­mas: « Au­cun en­fant ne de­vrait mou­rir à l’aube de sa vie » . C’est ce­la qui jus­ti­fie mon ac­tion au CCCL. Mon com­bat vise à par­ve­nir un jour à sau­ver chaque en­fant du can­cer.

Quel re­gard por­tez- vous sur le CCCL? Le CCCL est dé­jà un centre re­con­nu pour son haut ni­veau pro­fes­sion­nel, pion­nier dans le trai­te­ment on­co­lo­gique des en­fants. Je pense qu’il ira tou­jours plus loin dans cette mis­sion de gué­ri­son, pour être à la hau­teur de leurs es­poirs, grâce à l’en­ga­ge­ment pro­fond de son Conseil d’ad­mi­nis­tra­tion ain­si qu’au dé­voue­ment des équipes mé­di­cales et ad­mi­nis­tra­tives.

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