Randa Bdeir

« Sa­voir gar­der un équi­libre dans la vie »

Prestige (Lebanon) - - Femmes De Caractère -

Pas­sion et in­no­va­tion, cha­risme et pro­fes­sion­na­lisme, per­for­mance et élé­gance animent Randa Bdeir, Di­rec­trice gé­né­rale ad­jointe à Bank Au­di, pion­nière des cartes de cré­dit et des so­lu­tions de paie­ments en ligne au Li­ban et dans la ré­gion. Mère de fa­mille com­blée, femme du monde ac­tive et ave­nante, sa vie bat au rythme de sa na­ture. Un sens de l’or­ga­ni­sa­tion et de la com­mu­ni­ca­tion, et une quête per­pé­tuelle du sa­voir... Elle ouvre son coeur à Pres­tige. Pour­quoi avez- vous choi­si ce do­maine? Je ne l’ai pas choi­si, c’est plu­tôt lui qui m’a choi­sie. Je me sou­viens de mon pre­mier contact avec la carte de cré­dit lorsque mon fian­cé qui ve­nait de ren­trer des Etats- Unis, m’avait in­vi­tée à dî­ner. Il a ré­glé la fac­ture avec une carte en « plas­tique » et non pas en li­quide. De­puis, j’ai com­pris l’im­por­tance de cette carte qui se­ra ma pas­sion.

Ra­con­tez- nous votre par­cours... Je me suis ma­riée à 18 ans. Mon époux Saa­di Bdeir qui a étu­dié aux Etats- Unis, es­ti­mait que la femme a le droit de réa­li­ser ses am­bi­tions. Il m’a en­cou­ra­gée à pour­suivre mes études uni­ver­si­taires. J’em­me­nais ma fille Zi­na à l’AUB lorsque je pré­pa­rais ma li­cence en Bu­si­ness Ma­na­ge­ment. Puis il y a eu la nais­sance de La­na, Aya et Da­nia. Ce­la a été pos­sible grâce à une or­ga­ni­sa­tion ri­gou­reuse de mon em­ploi du temps, et à l’édu­ca­tion stricte et épa­nouie de mes en­fants. De la ges­tion d’af­faires je suis pas­sée à la So­cio­lo­gie, puis à la Ges­tion Ban­caire, un nou­veau cur­sus à l’AUB. Lors de la sou­te­nance de mon mé­moire sur la Dette pu­blique, un di­rec­teur de la Banque Cen­trale me pro­po­sa de contri­buer à ses re­cherches sur une loi re­la­tive aux cartes ban­caires, en­core in­exis­tantes au Li­ban. En 1994, j’ai créé le dé­par­te­ment des cartes à Fran­sa­bank et en 2003, j’ai in­té­gré Bank Au­di.

Comment avez- vous dé­ve­lop­pé ce dé­par­te­ment? C’est le fruit de gros ef­forts et d’une for­ma­tion ri­gou­reuse. Pour in­tro­duire les cartes de cré­dit sur le mar­ché li­ba­nais, j’ef­fec­tuais des tour­nées chez les com­mer­çants afin de les convaincre d’uti­li­ser les ap­pa­reils élec­tro­niques. J’en­cou­ra­geais les clients à uti­li­ser la carte dans leurs achats. De­puis 2000, je suis membre du Conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de Mas­terCard. Au­jourd’hui, on peut ré­gler une fac­ture à tra­vers son cel­lu­laire ou sa montre de poi­gnet. J’ai fait ré­cem­ment une ses­sion à Stan­ford sur le thème « The Cor­po­rate En­tre­pre­neur » , un pro­gramme d’études éla­bo­ré, pour réus­sir le chan­ge­ment et in­no­ver: sé­mi­naires, con­fé­rences, pro­jets d’équipe, pour ap­pli­quer de nou­velles stra­té­gies et idées sur le tra­vail. J’ai réus­si à faire des mu­ta­tions de qua­li­té dans ma car­rière. Comment conci­liez- vous ces res­pon­sa­bi­li­tés? Ma vie so­ciale est in­tense, mal­gré mon em­ploi du temps char­gé. Je suis très or­ga­ni­sée et j’es­time qu’il faut res­pec­ter un prin­cipe fon­da­men­tal dans notre vie: l’équi­libre entre le tra­vail, la forme et la vie pri­vée.

Une jour­née de Randa Bdeir... Elle dé­bute par le sport à do­mi­cile puis c’est le bu­reau. Des fois j’ho­nore mes in­vi­ta­tions à dé­jeu­ner et je re­tourne au tra­vail. La soi­rée se dé­roule en vi­sites et sor­ties.

De quoi rê­vez- vous en­core? De voir la femme évo­luer et at­teindre un poste avan­cé de lea­der­ship. Je rêve aus­si de lais­ser mon em­preinte dans l’éco­no­mie li­ba­naise.

Vous êtes très élé­gante. Comment as­sor­tis­sez- vous vos te­nues? L’élé­gance fait par­tie in­té­grante de ma per­son­na­li­té et de ma vie. Elle n’en­trave en rien ma per­for­mance au bu­reau. Bien au contraire.

Vous faites par­tie du Le­ba­nese Wo­men An­gel Fund... C’est un groupe de 20 femmes de for­ma­tions di­verses et com­pé­tentes. Nous avons consti­tué un ré­seau pour fi­nan­cer des start- up fé­mi­nines pro­met­teuses.

Vous avez lan­cé un prix por­tant votre nom... C’est un prix an­nuel, avec la co­opé­ra­tion de l’AUB et du pré­sident, Pr Fad­lo Khu­ry, en hom­mage à mon ma­ri qui m’a sou­te­nue dans la vie. Il est dé­dié à toute per­sonne qui en­cou­rage la femme à réa­li­ser ses pro­jets et à réus­sir dans son do­maine pro­fes­sion­nel. Un ju­ry étu­die chaque cas en par­ti­cu­lier.

Le bon­heur pour vous, c’est... Une sa­tis­fac­tion et un conten­te­ment de soi, en ren­dant ser­vice aux per­sonnes qui en ont le plus be­soin. Mon bon­heur est de voir mes filles, qui ont fait leurs études de gé­nie à l’AUB, puis à la MIT, conti­nuer sur leur lan­cée de femmes en­tre­pre­neurs et de mères de fa­mille com­blées.

Newspapers in French

Newspapers from Lebanon

© PressReader. All rights reserved.