Dr May Chi­diac

« La femme doit al­ler au bout de ses rêves »

Prestige (Lebanon) - - Femmes De Caractère -

Un par­cours ad­mi­rable d’une vé­ri­table com­bat­tante. Ani­mée d’une flamme in­té­rieure qui l’ha­bite, d’un amour de la vie qu’elle a consa­cré à sa vie pro­fes­sion­nelle suite à l’at­ten­tat qui l’a vi­sée, elle a trans­for­mé un mal­heur en bon­heur. May Chi­diac, pré­si­dente- fon­da­trice de la Fon­da­tion May Chi­diac est au­jourd’hui plus forte qu’à au­cun mo­ment. Dia­logue. Quel bi­lan faites- vous de votre par­cours? C’est une conti­nua­tion du par­cours que j’ai dé­bu­té dans le jour­na­lisme, mais un peu au­tre­ment. A la LBC, j’étais plus jeune et plus libre mais j’ai gar­dé cette flamme, l’amour de la vie et je l’ai consa­cré à ma vie pro­fes­sion­nelle. Suite à l’at­ten­tat qui m’a ci­blée, j’ai dé­ci­dé de créer la fon­da­tion qui vise à pro­mou­voir les va­leurs de la dé­mo­cra­tie, la li­ber­té d’ex­pres­sion, l’éga­li­té et les droits de l’Homme. MCF or­ga­nise deux grandes con­fé­rences an­nuelles: Wo­men on The Front Lines ( WOFL) met­tant en avant des femmes in­fluentes qui ont ins­pi­ré le lea­der­ship, le chan­ge­ment et l’in­no­va­tion dans leurs do­maines res­pec­tifs. Et Free Con­nec­tedMinds qui vise à ex­plo­rer un nou­vel en­semble d’idées sur l’im­pact de l’ère nu­mé­rique sur la po­li­tique, la culture, l’éco­no­mie et les re­la­tions so­ciales. De­ve­nue une ré­fé­rence, la re­mise des prix MCF Me­dia Awards consa­crés aux jour­na­listes pour leur cou­rage, leur en­ga­ge­ment, leur ex­cel­lence dans l’in­dus­trie des mé­dias et l’en­semble de leur car­rière.

Vous avez tra­ver­sé une rude épreuve. Vos im­pres­sions… Après 12 ans, les plaies ne font plus aus­si mal qu’au dé­but, lorsque j’ai per­du la moi­tié de mon corps. L’épreuve était très rude, avec tout ce qui a sui­vi comme am­pu­ta­tions, brû­lures au qua­trième de­gré, dou­leurs in­to­lé­rables... Je me suis ha­bi­tuée à mon corps et à au­cun mo­ment je ne me suis ré­si­gnée au des­tin ni bais­sé les bras. J’ai tou­jours re­gar­dé vers l’avant, j’ai tou­jours eu des pro­jets d’ave­nir. Après l’at­ten­tat, j’ai fi­ni ma thèse, créé la fon­da­tion, re­çu des prix au ni­veau in­ter­na­tio­nal, écrit des livres. J’ai réus­si à trans­for­mer un mal­heur en bon­heur.

En 2009 vous avez lan­cé la Fon­da­tion May Chi­diac... MCF est une or­ga­ni­sa­tion à but non lu­cra­tif dé­diée à la for­ma­tion, la re­cherche et l’édu­ca­tion sur les ques­tions de mé­dias, de dé­mo­cra­tie et de bien- être so­cial. L’Ins­ti­tut des mé­dias qui lui est af­fi­lié vise à com­bler le fossé entre l’uni­ver­si­té et l’in­dus­trie des mé­dias, en four­nis­sant aux étu­diants et aux pro­fes­sion­nels des ins­tal­la­tions tech­niques et des pro­grammes de for­ma­tion de pointe, afin d’amé­lio­rer leurs com­pé­tences et leur com­pé­ti­ti­vi­té. Je suis une éter­nelle in­sa­tis­faite. J’es­père que dans les an­nées pro­chaines nos ex­ploits se­ront en­core plus im­pres­sion­nants.

D’autres pro­jets? Oui, au ni­veau de la fon­da­tion et ses ac­ti­vi­tés et au ni­veau per­son­nel. J’ai des pro­jets mais je pré­fère ne rien ré­vé­ler pour le mo­ment. Chaque chose en son temps.

Vous avez re­çu de nom­breux prix. Pour le­quel penche votre coeur? Chaque nou­veau prix est tou­jours une source de joie qui me confirme que ce que j’ac­com­plis et mon dé­voue­ment à mon tra­vail ain­si que mon sa­cri­fice ne sont pas vains. J’ai ef­fec­ti­ve­ment re­çu beau­coup de prix. Entre autres, le prix UNES­CO « Guiller­mo Ca­no » pour la li­ber­té de la presse, et le prix « World PressF­ree­domHe­ro » de l’In­ter­na­tio­nal Press Ins­ti­tute ( IPI) dont je suis vrai­ment fière. J’ai été dé­co­rée par le pré­sident de la Ré­pu­blique fran­çaise, Jacques Chi­rac de la mé­daille du « Che­va­lier de l’Ordre de la Lé­gion d’Hon­neur » au Pa­lais de l’Ely­sée. Et re­çu, en juillet 2017, le prix « Dame de l’ordre de Saint Gré­goire- le- Grand » du Va­ti­can, et le prix « Pre­mioMi­ner­va, An­na Ma­ria Mam­mo­li­ti » en Ita­lie.

Comment la femme peut- elle être pro­duc­tive à vos yeux? Tout être hu­main doit être pro­duc­tif. C’est un choix à faire, une na­ture mais aus­si une mo­ti­va­tion pour réa­li­ser des pro­jets qui nous per­mettent de nous épa­nouir. La si­tua­tion de la femme est un peu plus dif­fi­cile parce qu’elle doit com­bi­ner avec d’autres « de­voirs » . Avoir une vie per­son­nelle et pro­fes­sion­nelle to­ta­le­ment ac­com­plies est fa­cile en théo­rie, mais plus dif­fi­cile en pra­tique. La femme doit sa­voir s’af­fir­mer et trou­ver sa place au sein d’une so­cié­té plu­tôt pa­triar­cale et al­ler au bout de ses pro­jets et ses rêves

Dr May Chi­diac.

Newspapers in French

Newspapers from Lebanon

© PressReader. All rights reserved.