Jou­ma­na Has­wa­ny

« Le thème Rêve, Terre et Feu ré­sume la vie »

Prestige (Lebanon) - - Interview -

Ma­riant à mer­veille la plume au pin­ceau, l’ar­tiste peintre Jou­ma­na Has­wa­ny dé­voile dans son pre­mier re­cueil De Rêve, de Terre et de Feu, des ta­lents de style plu­ri­lingue.

Comment est née l’idée de l’ou­vrage? L’idée ré­si­dait dans mon in­cons­cient de­puis bien long­temps. Il fal­lait do­cu­men­ter les toiles puisque mon tra­vail suit un seul et unique thème: Rêve, Terre et Feu. C’était aus­si dû au be­soin in­ces­sant de cher­cher et de se re­cher­cher conti­nuel­le­ment. Le pro­cé­dé d’ex­pri­mer ses émo­tions et de s’ex­té­rio­ri­ser à tra­vers l'art est le même quel que soit cet art. Le « mé­ca­nisme » est le même.

Avez- vous com­pi­lé toutes vos oeuvres dans ce livre? Non, pas toutes mes oeuvres. J’ai com­pi­lé les oeuvres qui portent sur le su­jet du vil­lage Des Cèdres; le sous- titre de mon livre. La na­ture là- haut est un élé­ment consti­tuant es­sen­tiel de mon être. J’en ai fait l’écho de ma vie et la source de mon ins­pi­ra­tion à tra­vers mon pin­ceau.

S’agit- il d’une bio­gra­phie ra­con­tée à tra­vers le pin­ceau? Quand on peint, l’âme se li­bère du corps et l’on de­vient trans­pa­rent; on se confie li­bre­ment, on s’épanche sans re­te­nue, on s’aban­donne. Un pre­mier livre aus­si est souvent une forme dis­si­mu­lée de la bio­gra­phie de son au­teur.

Pour­quoi avez- vous choi­si ce titre? C’est un thème qui ré­sume la vie. Tout com­mence avec un Rêve et, pour le concré­ti­ser, vient la Terre; ré­sis­tance et dur la­beur. Et le tout a be­soin d’un car­bu­rant, d’où le Feu, ou la pas­sion. Ce sont les élé­ments es­sen­tiels nour­ris­sant la vie par la vie. Un équi­libre et une élé­va­tion. A mon ac­tif fi­gure une liste d’ex­po­si­tions in­di­vi­duelles et col­lec­tives au Li­ban et à l’étran­ger qui portent toutes le même titre.

La Val­lée de Qa­di­sha est om­ni­pré­sente dans vos oeuvres... La mai­son dans la­quelle j’ai vu le jour donne sur la Val­lée Sainte, la Val­lée de Qa­di­sha. Cette val­lée évoque en moi les sen­ti­ments les plus in­tenses qui se tra­duisent en une éner­gie lu­mi­neuse. L’his­toire de cette Val­lée est tout aus­si riche. Elle nous a lé­gué un hé­ri­tage re­li­gieux et cultu­rel en­ra­ci­né dans l’in­cons­cient col­lec­tif.

Que re­pré­sente l’homme aux yeux bleus? Il in­carne les gens de la ré­gion. Un vi­sage qui donne l’im­pres­sion d’une per­son­na­li­té dure et en même temps re­flète une beau­té du coeur qui est pré­cieuse et qui charme l’âme. Une im­pres­sion douce mais vio­lente, simple mais as­tu­cieuse et dé­fiante.

Que res­sen­tez- vous en fai­sant votre au­to- por­trait? Exac­te­ment ce que je res­sens en pei­gnant un pay­sage ou alors un por­trait. Je me re­trouve dans un arbre, une val­lée, une mon­tagne ou alors dans un autre per­son­nage. Par­fois, à force de re­gar­der et d’exa­mi­ner une toile, je perds ma sub­jec­ti­vi­té et mon ob­jec­ti­vi­té si­mul­ta­né­ment. Je pose la toile de­vant un mi­roir, et je la re­garde sous cet autre angle. Et c’est à ce mo­ment- là que je la dé­cor­tique réel­le­ment. C’est le cas des au­to- por­traits.

Le bleu et le jaune ha­billent les en­fants et la toile. Quel en est le lien? En toute sin­cé­ri­té je vous as­sure que cer­taines dé­ci­sions ne sont pas ré­flé­chies. Je les prends parce que pour moi ça sonne juste, ça me sa­tis­fait, ça rime avec mon état d’âme. Et si je vais es­sayer de m’ana­ly­ser dans cette toile, je di­rais peut- être parce que je suis mère et en même temps en­fant de cette terre.

Votre style est em­preint de poé­sie, de phi­lo­so­phie et d’op­ti­misme... Ce livre étreint mes pen­sées, mon coeur et mille cou­leurs. J’ai lais­sé les émo­tions et les sen­ti­ments gui­der ma main. Les ajus­te­ments sont ve­nus ul­té­rieu­re­ment. Un tra­vail ma­thé­ma­tique au ni­veau ver­ti­cal et ho­ri­zon­tal a pris place. Mon livre est écrit en trois langues et en une qua­trième qui est celle de mes toiles. Sché­ma­ti­que­ment par­lant, en face de chaque toile j’ai écrit en an­glais, en fran­çais et en arabe. J’ai fait en sorte que l’ex­pres­sion en l’une des langues soit phi­lo­so­phique, la se­conde poé­tique et la troi­sième lé­gère, ins­pi­rée de tous les jours, par­fois drôle. C’est un peu le style « tranches de vie » . Quant à l’op­ti­misme, il existe avec force et convic­tion.

Fe­riez- vous une se­conde ex­pé­rience du genre? Le Rêve, la Terre et le Feu sont les pro­fon­deurs de l’âme, du corps et de l’es­prit. C’est un tout in­di­vi­sible. Un livre où l’élé­ment « Feu » do­mine, « l’es­prit » prend le des­sus. Un se­cond livre est en cours où la « Terre » s’im­pose et un troi­sième où le « Rêve » prime. Je pro­fite de l’oc­ca­sion pour re­mer­cier mon édi­teur An­toine et Noise Sarl. Je tiens éga­le­ment à re­mer­cier ma grande amie Clau­dine Aoun Rou­koz pour sa pré­face, son sou­tien in­con­di­tion­nel et conti­nu et son pa­tro­nage de la si­gna­ture de mon livre au Sa­lon du Livre au Biel.

La ta­len­tueuse ar­tiste peintre Jou­ma­na Has­wa­ny. Dans un be­soin in­ces­sant de cher­cher et de se re­cher­cher conti­nuel­le­ment, elle ex­prime ses émo­tions et ses sen­ti­ments à tra­vers l’art.

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