POUR­QUOI ON NE

Special Madame Figaro - - Mags -

n ne m’écoute pas!» Il y a du Sa­cha Gui­try dans cette com­plainte, lui qui af­fir­mait: « Un égoïste, c’est ce­lui qui ne pense pas à moi.» Certes, au­jourd’hui, les psys nous disent que le sen­ti­ment de ne pas être écou­té(e) fi­gure par­mi les plaintes nu­mé­ro 1 sur le di­van. Et le psy­cho­logue et psy­chiatre Alain Bra­con­nier, qui pu­blie un livre sur le su­jet*, ajoute que ne pas se sen­tir écou­té est «dou­lou­reux». Le grand pro­blème de l’écoute est que c’est un éter­nel ping-pong avec l’autre. Le « tu ne m’écoutes pas quand je te parle! » ne suf­fit ja­mais car sou­vent… on ne parle pas au bon mo­ment. Tout com­mence ain­si. Il faut « écou­ter pour mieux se faire com­prendre », an­nonce Alain Bra­con­nier. Aus­si, quand vous avez l’im­pres­sion que le monde vous est hos­tile en ne vous lais­sant pas la pa­role, est-ce peut-être que vous ne la pre­nez pas au bon mo­ment. « Par­ler fait du bien, en­core faut-il sa­voir à qui on s’adresse et comment être écou­té », ajoute le psy. «Ces­sez de m’in­ter­rompre!» «Mais vous al­lez m’écou­ter?!» À re­gar­der les dé­bats po­li­tiques ac­tuels, on com­prend vite autre chose: toute prise de pa­role est une prise de pouvoir. «N’être pas écou­té équi­vaut à n’être pas res­pec­té», as­sure Alain Bra­con­nier. L’ir­rup­tion du nu­mé­rique a por­té un coup sup­plé­men­taire à notre fa­cul­té d’écoute. Non seule­ment parce qu’on a l’oeil sur le smart­phone, mais sur tout parce que, de SMS en post et en e-mails, on ré­pond en dif­fé­ré à

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