En ordre de marche

ESCH-SUR-AL­ZETTE À l'école du Brill, pa­rents et en­fants se sont rués dans les classes et la ren­trée s'est faite cal­me­ment en seule­ment quelques mi­nutes.

Le Quotidien (Luxembourg) - - Rentrée Scolaire Dossier - De notre jour­na­liste Au­drey Som­nard

Il y a bien eu les pa­rents per­dus, les re­tar­da­taires, ceux qui ne sa­vaient pas très bien où ils de­vaient se rendre. Mais tout est ren­tré très vite dans l'ordre et les en­sei­gnants ont pu faire connais­sance avec leurs nou­veaux élèves lors de cette ren­trée fi­na­le­ment très calme.

Ce­la fai­sait deux mois qu'on n'avait pas vu ça. Une mi­gra­tion de pe­tites têtes blondes avec leur car­table qui convergent avec leurs pa­rents vers l'école du Brill, au centre-ville d'Esch-sur-Al­zette. Le quar­tier est po­pu­laire, et à l'ins­tar du reste du pays, on y en­tend par­ler beau­coup de langues, même si le por­tu­gais do­mine. À 7 h 45, c'est l'ef­fer­ves­cence de­vant les portes de l'école qui ne tardent pas à ou­vrir. Ça tombe bien car une averse pointe le bout de son nez, alors on ne s'at­tarde pas dans la cour.

On re­con­naît les deux types de fa­mille : ceux qui ont l'ha­bi­tude et em­mènent tran­quille­ment leur en­fant vers la bonne classe et ne s'at­tardent pas plus que ça, et les autres. Ces pa­rents com­plè­te­ment per­dus, une feuille à la main et qui cherchent déses­pé­ré­ment le bon étage et la bonne classe. S'ajoutent à ce­la les pleurs des pe­tits frères et pe­tites soeurs en pous­sette qui ne res­te­ront pas, les pa­rents qui ont du mal à quit­ter leur en­fant et ceux en­core qui bom­bardent dé­jà de ques­tions l'en­sei­gnant qui les in­vite à la pro­chaine réunion pour avoir plus d'in­for­ma­tions.

Les pe­tites In­dya et Naya­na, 5 ans, sont ra­vies d'être de re­tour à l'école pour leur deuxième an­née au fon­da­men­tal. Les deux meilleures amies sont en­core en­semble cette an­née et se prennent dans les bras au mo­ment de ren­trer en classe. La ma­man d'In­dya laisse sa fille s'ins­tal­ler et la quitte tran­quille­ment. De toute fa­çon, cette der­nière est dé­jà oc­cu­pée à prendre ses marques dans sa nou­velle classe, avec sa co­pine.

«Avec sa meilleure amie, il est ra­vi»

Dans la classe, il y a aus­si Len­ny, 6 ans. Il est mi­traillé de pho­tos par son pa­pa, qui tient à im­mor­ta­li­ser ce mo­ment si par­ti­cu­lier. Len­ny a dé­jà pris pos­ses­sion des lieux et joue avec de la pâte à mo­de­ler. Lui non plus n'a au­cun pro­blème pour re­prendre l'école, même si les lo­caux du Brill re­pré­sentent une nou­veau­té : «Len­ny était en crèche et lors de la pre­mière an­née en fo­rêt au El­ler­gronn. Pour lui, l'école du Brill c'est nou­veau, mais il n'est pas tout seul. Le pro­jet pi­lote de l'école en fo­rêt a sé­pa­ré les élèves de la pre­mière an­née, mais ils sont quand même par deux en deuxième an­née. Et ça tombe bien, car Len­ny est avec sa meilleure amie, il est ra­vi!», ex­plique sa ma­man.

Les pa­rents sont un couple de Luxem­bour­geois qui ha­bitent le quar­tier. Une den­rée rare puis­qu'on en­tend fi­na­le­ment peu par­ler luxem­bour­geois au sein des fa­milles. Ils ont pris le temps pour la ren­trée de leur fils, car ils peuvent se le per­mettre. Ma­dame tra­vaille à mi-temps, tan­dis que mon­sieur est en congé pa­ren­tal pour s'oc­cu­per de leur deuxième en­fant, ins­tal­lé confor­ta­ble­ment dans la pous­sette. Une confi­gu­ra­tion idéale, ad­met la ma­man, alors que la plu­part des pa­rents doivent vite fi­ler à leur bu­reau.

De­lia Pi­fa­rot­ti a l'ha­bi­tude. Ce­la fait 35 ans qu'elle enseigne, alors elle en a vu d'autres. Elle sa­vait dès la fin de l'an­née sco­laire pré­cé­dente les élèves qu'elle al­lait avoir. Les en­sei­gnants rem­plissent des in­for­ma­tions som­maires sur chaque élève dans leur sys­tème in­terne. Sur 13 élèves cette an­née, De­lia a trois Luxem­bour­geois, une Fran­çaise et neuf Por­tu­gais. «On se dé­brouille. J'ai ap­pris le por­tu­gais il y a long­temps, ça per­met de dé­tendre les en­fants qui ne parlent que cette langue en dé­but d'an­née. Même si on passe ra­pi­de­ment au luxem­bour­geois, on est là pour ça après tout! Mais on est flexibles en ef­fet.»

L'en­sei­gnante ac­cueille les en­fants et donne une fiche d'ins­truc­tion aux pa­rents et quelques ex­pli­ca­tions ra­pides... en fran­çais. «Nous al­lons vite nous re­voir à la pro­chaine réunion pa­rents-en­sei­gnants», leur ex­plique De­lia Pi­fa­rot­ti. Une ma­man ar­rive un peu en re­tard avec sa fille, Mi­dian, 8 ans, qui a jusque-là fait sa sco­la­ri­té en France : «Ma fille ne parle que por­tu­gais et fran­çais, j'es­père que ce­la ne va pas po­ser pro­blème. Je l'ai mise au Brill car je tiens un ca­fé juste à cô­té alors c'est plus simple. Et puis l'ap­pren­tis­sage des langues est un atout. En France, ça n'au­rait pas été pa­reil», confie la ma­man qui a été vite ras­su­rée par l'en­sei­gnante.

Le pa­pa de Len­ny a te­nu à im­mor­ta­li­ser la ren­trée de son fils de 6 ans.

En guise d'en­trée en ma­tière, ces élèves sont ama­doués par une su­cre­rie.

Les meilleures co­pines In­dya et Naya­na sont ra­vies de se re­trou­ver cette an­née.

La classe de De­lia Pi­fa­rot­ti est dé­jà prête à tra­vailler.

La ren­trée, ce n'est pas la fête pour tout le monde...

Il a fal­lu vite dire au re­voir à ses en­fants ce ma­tin.

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