Les sau­ve­teurs lor­rains à pied d'oeuvre

SAINT-MAR­TIN L'équipe de Se­cou­ristes sans fron­tières a pu se rendre, jeu­di, sur l'île ra­va­gée par l'ou­ra­gan Ir­ma. La mis­sion com­mence pour les se­cou­ristes lor­rains.

Le Quotidien (Luxembourg) - - La Grande Région - Phi­lippe Marque (Le Ré­pu­bli­cain lor­rain)

La mis­sion de l'ONG Se­cou­ristes sans fron­tières se pour­suit dans le chaos. Neuf des douze membres ont réus­si mer­cre­di à ga­gner l'île de Saint-Mar­tin. Mais le reste de l'équipe et le fret n'est ar­ri­vé sur place que jeu­di mi­di.

Après 24 heures d'at­tente sans in­for­ma­tion ni prise en charge à l'aé­ro­port de Pointe-à-Pitre, l'ONG Se­cou­ristes sans fron­tières (SSF), es­sen­tiel­le­ment com­po­sée de Lor­rains et de Bour­gui­gnons, a en­fin pu bé­né­fi­cier en par­tie «du plus grand pont aé­rien mis en place en France de­puis la Se­conde Guerre mon­diale», dixit Em­ma­nuel Ma­cron.

Les ro­ta­tions entre Saint-Mar­tin et la Gua­de­loupe pour éva­cuer les res­ca­pés d'Ir­ma n'ont ef­fec­ti­ve­ment pas ces­sé jeu­di, que ce soit par avions mi­li­taires ou par le biais de com­pa­gnies lo­cales, Air An­tilles et Air Ca­raïbes, ré­qui­si­tion­nées. Mer­cre­di, à 13 h 30 heure lo­cale (18 h 30 en mé­tro­pole), six des douze se­cou­ristes aux uni­formes rouges ont pu bé­né­fi­cier d'une de ces ro­ta­tions pour ga­gner, en trois quarts d'heure, ce mi­nus­cule bout de France dé­vas­té. Mais avec pour seules af­faires un ba­gage à main cha­cun. Trois heures plus tard, trois autres équi­piers les re­joi­gnaient à l'aé­ro­gare de L'Es­pé­rance, avec cette fois les malles per­son­nelles de cha­cun des membres. Les trois der­niers équi­piers, blo­qués jeu­di ma­tin en­core à Pointe-à-Pitre, sont ar­ri­vés à Saint-Mar­tin jeu­di à 13 h heure lo­cale (19h en mé­tro­pole) avec les 1,6tonne de fret de l'as­so­cia­tion, sans le­quel cette équipe, com­po­sée de deux mé­de­cins, d'une in­fir­mière et de neuf dé­blayeurs, ne peut pas faire grand-chose.

Dans l'at­tente, SSF a éta­bli son très som­maire camp de base dans le quar­tier ul­tra­sé­cu­ri­sé du tout pe­tit aé­ro­port, où règne l'ef­fer­ves­cence d'une am­biance de guerre. Les mi­li­taires, qui ont pris le contrôle de l'in­fra­struc­ture, leur ont prê­té dix lits Pi­cot et cinq ra­tions à se par­ta­ger pour pas­ser leur pre­mière nuit dans la cha­leur moite de l'île. Elle s'est dé­rou­lée sur la ter­rasse cou­verte de par­ti­cu­liers, voi­sins de l'aé­ro­port, qui les ont gen­ti­ment ac­cueillis. Leurs mai­sons en bé­ton ont ré­sis­té à Ir­ma.

L'exode reste mas­sif

L'ONG, ré­veillée au pe­tit ma­tin par les trombes d'eau qui s'abattent par vague sur l'île, es­pé­rait jeu­di pou­voir ré­cu­pé­rer dans la jour­née la to­ta­li­té de son ef­fec­tif et de son ma­té­riel afin d'être opé­ra­tion­nelle sur le ter­rain dès ven­dre­di. La mis­sion de jeu­di consis­tant en prio­ri­té à se trou­ver une af­fec­ta­tion sur un théâtre d'opé­ra­tion pré­cis et à se pro­cu­rer des voi­tures, une den­rée de­ve­nue rare après le pas­sage du cy­clone.

En at­ten­dant, elle a pu ob­ser­ver le chaos d'une île qui vit de­puis une se­maine sans eau ni élec­tri­ci­té, où les pou­belles jonchent les rues, dé­ga­geant des odeurs pes­ti­len­tielles, et où l'exode reste mas­sif. De­puis cinq jours, plus de 5 000 per­sonnes ont fui. Cer­taines y aban­donnent même leurs vé­hi­cules de­vant l'aé­ro­port. Une si­tua­tion dont a bé­né­fi­cié une ONG qui ve­nait d'ar­ri­ver. Les pro­prié­taires leur ont confié les clés en leur ex­pli­quant qu'ils ne re­vien­draient ja­mais.

SSF a en­ga­gé 30 000 eu­ros sur cette mis­sion.

Dons pos­sibles en ligne (www.ssf­france.org) ou par chèque à l'ordre de : Se­cou­ristes sans fron­tières, 21 rue des Rous­sottes, 21 000 Di­jon.

Le camp de for­tune de l'ONG Se­cou­ristes sans fron­tières, ac­cueillie sur la ter­rasse cou­verte de par­ti­cu­liers, voi­sins de l'aé­ro­port.

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