Un sen­ti­ment d'in­jus­tice

Le Quotidien (Luxembourg) - - Faits De Société - K. G. (Le Ré­pu­bli­cain lor­rain)

Pour Me Na­dège Neh­lig, ses clientes, une fille et une pe­ti­te­fille de Fran­çois Pif­flin­ger, ont vé­cu «un vé­ri­table compte à re­bours. Elles ha­bi­taient avec le dé­funt et ont vé­cu l'en­fer en de­meu­rant constam­ment dans la crainte que les me­naces soient mises à exé­cu­tion. La dou­leur res­sen­tie de­puis le drame est am­pli­fiée et ra­vi­vée par ce sen­ti­ment d'in­jus­tice, de jus­tice dé­faillante dans son rôle, sa mis­sion de pro­tec­tion de l'in­di­vi­du». Co­rinne Pif­flin­ger, une des filles de la vic­time, se montre très trou­blée par «le manque de ré­ac­ti­vi­té des ser­vices ju­di­ciaires. Ce­la du­rait de­puis des an­nées. Mon père était un exu­toire pour Alain Ro­si­ni. Pen­dant deux ans, mon père a su­bi une si­tua­tion an­gois­sante. Il n'osait même plus sor­tir de la mai­son. On ne pou­vait que pres­sen­tir ce qui al­lait ar­ri­ver. Il faut lire l'ex­per­tise psy­cho­lo­gique réa­li­sée lors de la pre­mière af­faire de vio­lences. Il est par­ve­nu à nous bri­ser…»

Elle ne sait pas «trop quoi pen­ser de cette in­ac­tion de la jus­tice. Elle avait tout sous les yeux. Ce­la ra­joute à notre dou­leur de se dire que ça au­rait pu être évi­té. Ça, je le pense sin­cè­re­ment. Je suis al­lée ré­gu­liè­re­ment à la po­lice, qui me com­pre­nait, qui me di­sait que les in­for­ma­tions al­laient re­mon­ter. Je pen­sais que ce­la al­lait bou­ger, que quelque chose al­lait avan­cer, qu'on al­lait nous pro­té­ger. J'at­ten­dais, j'at­ten­dais… Mon père de­vrait être au­jourd'hui à nos cô­tés.»

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