Sé­bas­tien Ré­my doit-il s'in­quié­ter de l'«autre» Sé­bas­tien?

Le meilleur pas­seur dé­ci­sif sur une sai­son de DN peut-il voir son «re­cord» ef­fa­cé par le ca­pi­taine du Pro­grès?

Le Quotidien (Luxembourg) - - Sports Football -

Douze ans dé­jà que nous nous sommes mis à comp­ter, au Quo­ti­dien, les passes dé­ci­sives, ce mar­queur fort de l'in­fluence d'un joueur sur la pro­duc­tion of­fen­sive de son équipe. Et his­to­ri­que­ment, c'est un fait qu'il se­ra dif­fi­cile de re­mettre en cause : sept passes dé­ci­sives en cinq jour­nées, c'est mo­nu­men­tal.

C'est pour­tant le to­tal réa­li­sé par Sé­bas­tien Thill, dont le pied gauche, à l'heure ac­tuelle, est chaud comme la braise. «Il a une patte ma­gique, on en pro­fite», se ré­gale Pao­lo Amo­dio, qui le com­pa­re­rait va­gue­ment, en termes de pré­ci­sion, à un Ma­nou Car­do­ni, «même si lui c'était plus dans le jeu parce qu'il avait l'oeil par­tout», ou à un Gor­don Braun, «gau­cher comme Sé­ba et qui lui aus­si avait ce truc».

Au rythme où ça va, Sé­bas­tien Thill peut nour­rir des es­poirs. Les mêmes que ceux que pou­vait nour­rir un Ke­vin Lou­ren­co, en dé­but de sai­son 2015/2016 quand il comp­tait dé­jà 5 passes dé­ci­sives en trois ren­contres. Le graal? Dé­pas­ser Sé­bas­tien Ré­my et ses 17 «as­sists» de la sai­son 2006/2007. Lou­ren­co n'avait peut-être pas l'ex­pé­rience et les at­ta­quants né­ces­saires, il y a deux ans, pour se his­ser à un tel de­gré d'ex­cel­lence. Thill pour­rait bien avoir les deux. Sé­bas­tien Ré­my doit-il s'en faire?

L'an­cien Du­de­lan­geois a le temps de voir ve­nir. En août 2015, in­ter­ro­gé sur l'état de forme du mi­lieu de ter­rain de Stras­sen, qui am­bi­tion­nait alors ou­ver­te­ment de le dé­bou­lon­ner, il avait pré­ve­nu : «C'est un ef­fort sur une longue du­rée et ce n'est ja­mais évident.» Thill a ce­pen­dant pour lui d'être prio­ri­taire, avec son frère Oli­vier, sur les phases ar­rê­tées, et de pos­sé­der d'ex­cel­lents joueurs de tête à cher­cher dans la surface. Ce qui ne mi­no­re­rait en rien sa per­for­mance, d'après les dires du pas­seur «num­ber 1» de ce XXIe siècle, Sé­bas­tien Ré­my : «Il suf­fit de voir toutes les phases ar­rê­tées qui ne donnent rien pour se rendre compte qu'il y a du tra­vail der­rière ceux qui font but!»

Ven­dre­di, Me­tin Ka­rayer, double bu­teur sur phases ar­rê­tées de­puis le dé­but de la sai­son, confir­mait les gammes, les com­bi­nai­sons ré­pé­tées chaque veille de match, pour bien dire que rien, en la ma­tière, n'est lais­sé au ha­sard. Un mot pour dé­crire les frères Thill sur cor­ner ou coup franc? «Oui : pré­cis», an­nonce Ka­rayer.

Il y a onze ans, Ré­my to­ta­li­sait huit passes dé­ci­sives en cinq matches. C'était plus cos­taud. Mais ce­la reste du même ton­neau.

J. M.

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