FEU D'AR­TI­FICE À CAT­TE­NOM

FRANCE Des mi­li­tants éco­lo­gistes, en­trés hier ma­tin dans la cen­trale nu­cléaire, ont ti­ré des feux d'ar­ti­fice pour aler­ter sur la vul­né­ra­bi­li­té de ce type de site, sus­ci­tant l'in­quié­tude du Luxem­bourg.

Le Quotidien (Luxembourg) - - Vorderseite -

Cette ac­tion dé­montre les «la­cunes fla­grantes» de la sé­cu­ri­té des ac­cès à la cen­trale, s'est alar­mée la mi­nistre de l'Environnement, Ca­role Dies­ch­bourg, alors que le Grand-Du­ché n'est si­tué qu' à une di­zaine de ki­lo­mètres de Cat­te­nom.

Le gou­ver­ne­ment luxem­bour­geois a ré­cla­mé à la France «une en­quête dé­taillée qui de­vra éclai­rer les cir­cons­tances de cet in­ci­dent» ET in­ter­pel­le­ra «le mi­nistre fran­çais de la Tran­si­tion éco­lo­gique et so­li­daire, Ni­co­las Hu­lot, sur cette in­tru­sion». «S'agis­sant d'un évé­ne­ment si­gni­fi­ca­tif par­ti­cu­lier, le mi­nis­tère des Af­faires étran­gères a dé­ci­dé au­jourd'hui de convo­quer une réunion ex­tra­or­di­naire de la Com­mis­sion mixte fran­co-luxem­bour­geoise de sé­cu­ri­té nu­cléaire», ajoute le gou­ver­ne­ment dans son com­mu­ni­qué.

Le groupe fran­çais EDF, qui ex­ploite la cen­trale, a re­con­nu une in­tru­sion mais af­firme que les mi­li­tants – qui ont ren­du pu­blique une vi­déo sur la­quelle on les voit ti­rer un feu d'ar­ti­fice au pied de la cen­trale – ont été ra­pi­de­ment stop­pés. «Pas d'ac­cès à la zone nu­cléaire. Pas d'im­pact sur la sû­re­té des ins­tal­la­tions», a twee­té EDF Cat­te­nom.

L'opé­ra­tion a été conduite vers 5 h 30 par une quin­zaine de mi­li­tants de l'ONG Green­peace, qui a dif­fu­sé une vi­déo mon­trant les feux d'ar­ti­fice ti­rés de­puis l'in­té­rieur du pé­ri­mètre de la cen­trale, illu­mi­nant de rose le ciel noc­turne et les ins­tal­la­tions.

Di­ver­gence sur la por­tée réelle de l'opé­ra­tion

La por­tée réelle de l'opé­ra­tion di­verge se­lon les sources. Green­peace dé­cla­rant avoir été tout près d'un bâ­ti­ment dan­ge­reux, les au­to­ri­tés ex­cluant cette pos­si­bi­li­té. «Les mi­li­tants de Green­peace sont de re­tour sur le site d'une cen­trale nu­cléaire afin de dé­non­cer les risques qui planent sur ces ins­tal­la­tions», a fait sa­voir l'ONG. Huit mi­li­tants ont été pla­cés en garde à vue, se­lon les au­to­ri­tés lo­cales, qui ne donnent pas la même ver­sion de l'in­tru­sion.

Se­lon EDF, ils ont été in­ter­cep­tés par les gen­darmes huit mi­nutes après leur in­tru­sion dans la cen­trale, qui compte quatre ré­ac­teurs à eau sous pres­sion d'une puis­sance de 1 300 mé­ga­watts (MWe) cha­cun.

L'opé­ra­teur a an­non­cé qu'il al­lait dé­po­ser plainte. Les mi­li­tants «risquent plu­sieurs an­nées de pri­son et plu­sieurs di­zaines de mil­liers d'eu­ros d'amende», a dé­cla­ré Oli­vier La­marre, di­rec­teur ad­joint du parc nu­cléaire d'EDF.

Ces mi­li­tants sont des «ir­res­pon­sables» car ils ont joué avec leur vie pour «une opé­ra­tion de com­mu­ni­ca­tion», a-t-il dé­non­cé, ajou­tant que Green­peace «n'a rien dé­mon­tré, si­non que le dis­po­si­tif de sé­cu­ri­té a fonc­tion­né par­fai­te­ment».

«Les mi­li­tants n'ont ap­pro­ché au­cune par­tie sen­sible du site »,a as­su­ré Georges Bos, di­rec­teur de ca­bi­net de la pré­fec­ture de la Mo­selle. Si un feu d'ar­ti­fice a été ti­ré, a pré­ci­sé Georges Bos, le tir n'a eu lieu qu'«au ni­veau des por­tails, soit à l'ex­té­rieur du site».

Ils «sont al­lés au pied de la pis­cine»

Ce­pen­dant, dans des images pu­bliées sur leur compte Twit­ter, on peut voir les mi­li­tants de Green­peace ti­rer un feu d'ar­ti­fice au pied d'un bâ­ti­ment de la cen­trale, qu'ils pré­sentent comme la pis­cine de com­bus­tible usa­gé. «Nous avons dé­clen­ché l'alarme dans la pre­mière clô­ture, mais nos mi­li­tants ont conti­nué tran­quille­ment, sont al­lés au pied de la pis­cine», a af­fir­mé Yan­nick Rous­se­let, char­gé de cam­pagne nu­cléaire pour Green­peace France.

Or, c'est bien sur la vul­né­ra­bi­li­té de ces ins­tal­la­tions qu'a vou­lu aler­ter l'ONG, deux jours après la re­mise d'un rap­port d'ex­perts sur ce su­jet (lire notre édi­tion de mer­cre­di). Dans ce rap­port, dont des ex­traits ont été pu­bliés mar­di, sept ex­perts man­da­tés par l'ONG se sont pen­chés en par­ti­cu­lier sur la ca­pa­ci­té de ré­sis­tance des pis­cines d'en­tre­po­sage des com­bus­tibles nu­cléaires usés en France et dans les cen­trales belges de Doel et Ti­hange. Ils ont poin­té du doigt ces pis­cines, qui peuvent conte­nir plus de com­bus­tibles que les coeurs des ré­ac­teurs, mais qui ne sont pas pro­té­gées comme ces der­niers par des en­ceintes de confi­ne­ment ren­for­cées.

Le parc nu­cléaire fran­çais, qui compte ac­tuel­le­ment 58 ré­ac­teurs en ac­ti­vi­té, est le deuxième plus im­por­tant du monde en puis­sance, après ce­lui des États-Unis. La France compte un to­tal de 63 pis­cines de com­bus­tibles usés.

L'opé­ra­tion a été conduite vers 5 h 30 hier par une quin­zaine de mi­li­tants de l'ONG Green­peace, qui a dif­fu­sé une vi­déo mon­trant les feux d'ar­ti­fice ti­rés de­puis l'in­té­rieur du pé­ri­mètre de la cen­trale, illu­mi­nant de rose le ciel noc­turne et les ins­tal­la­tions.

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