Hum­bert, en se­mi-li­ber­té

BGL LIGUE (8e JOUR­NÉE) Le mi­lieu de ter­rain Ju­lien Hum­bert pour­suit sa ba­taille ju­ri­dique pour s'ex­tir­per dé­fi­ni­ti­ve­ment de son contrat avec le F91, qui vou­lait l'en­voyer à Hamm alors qu'il a si­gné au RFCU.

Le Quotidien (Luxembourg) - - Sports Football - De notre jour­na­liste Ju­lien Mol­le­reau

Le Fran­çais a rom­pu uni­la­té­ra­le­ment son contrat, mais plus de deux mois après la re­prise de la sai­son, il n'a tou­jours pas pu ob­te­nir de li­cence ni com­men­cer à jouer avec son nou­veau club du Ra­cing. Ai­dé par l'UNFP (Union na­tio­nale des foot­bal­leurs pro­fes­sion­nels, en France) et la Fif­pro (son équi­va­lente in­ter­na­tio­nale), il a sai­si la FIFA. Qui tarde à rendre son ver­dict de­vant ce cas nou­veau pour elle.

Ju­lien Hum­bert ne ré­pond pas aux ques­tions. D'ailleurs, il a ar­rê­té de dé­cro­cher son té­lé­phone tout court. À 33 ans, son en­tou­rage, au RFCU, ex­plique que sa croi­sade n'a qu'un but : re­jouer au bal­lon le plus vite pos­sible et que pour ce faire, le joueur ne veut bra­quer per­sonne. Ni

à Du­de­lange, «où il a gar­dé d'ex­cel­lents contacts», as­sure un de ses co­équi­piers lui aus­si pas­sé au F91 ni à la FLF, par­tie pre­nante de cette «af­faire», puisque c'est elle, aus­si, qui ne veut pas mettre les pieds dans le plat en dé­li­vrant une li­cence tant que l'ar­bi­trage de la FIFA n'a pas été ren­du.

Il faut donc se conten­ter des vieilles dé­cla­ra­tions d'un gar­çon qui, à l'époque dé­jà, les consi­dé­rait comme un peu trop franches et pas uti­li­sables dans les médias. Il y a trois mois, le mi­lieu de ter­rain an­non­çait en ef­fet se lan­cer dans «une quête de li­ber­té et sans re­grets».

On est en oc­tobre, il n'a tou­jours pas re­joué. Ou alors si : en ami­cal. No­tam­ment dans une ren­contre face au F91 qui l'a vu dis­cu­ter sans ani­mo­si­té par­ti­cu­lière avec Di­no Toppmöl­ler, l'en­traî­neur qui l'a can­ton­né à l'équipe 2 la sai­son pas­sée. Le pro­blème, ce n'est de toute fa­çon pas le tech­ni­cien al­le­mand. Plu­tôt ses di­ri­geants, qui ont re­fu­sé un bon de sor­tie à un élé­ment sans his­toires après deux ans de pré­sence au club, quand Hum­bert a de­man­dé à pou­voir al­ler jouer au RFCU. À ce mo­ment, on lui fait com­prendre que non, il se­ra plu­tôt prê­té à Hamm.

«Je ne suis ni un idiot ni un en­fant»

En mai, il re­fuse tout net et bon­dit de fu­reur : «Je ne suis ni un idiot ni un en­fant. J'ai mon bac, trois gosses, des res­pon­sa­bi­li­tés. Qu'on me dise ce que je dois faire, ça al­lait quand j'étais pro, mais

là…» Puis­qu'il lui reste une sai­son en op­tion ac­co­lée à celle qu'il doit en­core dis­pu­ter en 2017/2018, Hum­bert pré­fère ne pas prendre le risque d'être blo­qué deux ans par Du­de­lange et prend ses res­pon­sa­bi­li­tés : il en ap­pelle à la jus­tice. Cette par­tie de son com­bat, ce sont ses nou­veaux di­ri­geants qui la ra­content.

La FIFA, donc, a été sai­sie. As­sis­té par deux syn­di­cats de joueurs pros (l'UNFP et la Fif­pro), d'un ca­bi­net d'avo­cats fran­çais spé­cia­li­sés dans le droit du tra­vail, no­tam­ment spor­tif (il s'oc­cupe ac­tuel­le­ment de l'épi­neux cas d'Ha­tem Ben Ar­fa, mis au pla­card au PSG) mais aus­si de son épouse, li­cen­ciée en droit, Hum­bert en­clenche deux ac­tions dont une au­près de l'ins­tance in­ter­na­tio­nale, se ré­fé­rant à un cha­pitre de ses sta­tuts, «la juste cause spor­tive».

«Il veut prou­ver que le foot, c'est un plai­sir»

C'est là que la FIFA a un peu per­du le fil puisque ja­mais, a prio­ri, ce prin­cipe n'avait été évo­qué au­près de ses ser­vices. Et pour cause : un joueur pro­fes­sion­nel très bien ré­mu­né­ré n'ira pas for­cé­ment au clash juste pour jouer au bal­lon. Tant que son club le paie... En DN, où le joueur non ama­teur (mais pas pro) n'est que très cor­rec­te­ment trai­té fi­nan­ciè­re­ment (sur­tout à Du­de­lange d'ailleurs), on au­rait donc la pos­si­bi­li­té d'in­vo­quer le droit à l'amu­se­ment pour être li­bé­ré d'un contrat? C'est ce que Ju­lien Hum­bert a plai­dé. Son droit à jouer au foot où il veut his­toire de prendre du plai­sir. Les rè­gle­ments pro­tec­tion­nistes de la fé­dé­ra­tion étant po­ten­tiel­le­ment en contra­dic­tion avec ce droit au bon­heur, se­lon ses dé­fen­seurs.

Dans l'en­tou­rage du joueur, on se dit op­ti­miste, les ju­ris­pru­dences de cet ordre al­lant toutes dans le même sens. Reste à sa­voir quand elle pren­dra la bonne di­rec­tion pour Ju­lien Hum­bert. Car en at­ten­dant, RFCU F91, ce week-end, ce se­ra sans lui… L'un de ses porte-pa­roles dans l'équipe ra­conte que ça ne le touche pas trop : «Il vient à l'en­traî­ne­ment, se donne. Il veut être un exemple et prou­ver que le foot, c'est un plai­sir…»

Ah, la joie de se prendre un pe­tit car­ton jaune de der­rière les fa­gots... Hum­bert ai­me­rait bien y re­goû­ter...

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