«Je me suis dit "pour­quoi pas moi?"»

Vingt-quatre heures avant d'ef­fec­tuer ses grands dé­buts en Bun­des­li­ga, GILLES BRAAS évoque les rai­sons de son pas­sage chez les pros, son ar­ri­vée à Dü­ren et son ac­cli­ma­ta­tion à son nou­vel uni­vers.

Le Quotidien (Luxembourg) - - Volley-ball Sports - En­tre­tien avec notre jour­na­liste Charles Mi­chel

Ses dé­buts en Bun­des­li­ga, le ca­pi­taine de l'équipe na­tio­nale les ef­fec­tue­ra de­main soir contre Ber­lin, le cham­pion en titre, dans une Are­na Kreis chauf­fée à blanc!

À 25 ans, pour­quoi avoir dé­ci­dé de ten­ter l'aven­ture pro­fes­sion­nelle?

Gilles Braas : Tout en­fant qui pra­tique un sport avec pas­sion a le même rêve : en faire son mé­tier. J'avais ce rêve et j'y ai goû­té lors de mon pas­sage à Co­burg en 2e Bun­des­li­ga (2012/2013). Même si je suis ren­tré au Luxem­bourg pour mes études, j'avais tou­jours cette idée dans un coin de ma tête. Cette an­née, l'oc­ca­sion s'est pré­sen­tée et j'ai ten­té ma chance.

En­fant, de quel club rê­viez-vous de por­ter le maillot?

Je n'ai pas sui­vi un club de très près...

Et un joueur?

Ga­min, je ne voyais pas beau­coup de matches de vol­ley. Il y avait bien le Bré­si­lien Gi­ba (NDLR : le ré­cep­tion­neur-at­ta­quant Gil­ber­to Amau­ry de Go­doy Fil­ho). Mais ce n'était pas ce qu'on peut ap­pe­ler une idole.

Comment, en­fant, en vient-on à vou­loir de­ve­nir pro­fes­sion­nel avec si peu de ré­fé­rences?

Quelque part, je fai­sais le lien avec le foot. Les mecs sont pro­fes­sion­nels et vivent de leur loi­sir. Ça me suf­fi­sait.

Que vous a ap­por­té cette ex­pé­rience à Co­burg?

Voir que même si je ve­nais du Luxem­bourg, il n'y avait pas une grande dif­fé­rence de ni­veau avec ceux qui jouaient en 2e Bun­des­li­ga et qui, pour la plu­part, étaient pas­sés par un centre de for­ma­tion.

Ins­ti­tu­teur à Ma­mer, vous avez trou­vé un ac­cord avec votre em­ployeur pour en­ta­mer cette car­rière pro­fes­sion­nelle. Ce choix re­pré­sente-t-il un sa­cri­fice fi­nan­cier?

Oui, car seuls les très bons joueurs gagnent l'équi­valent d'un sa­laire d'ins­ti­tu­teur au Luxem­bourg.

Ces der­niers mois, quand est re­ve­nue cette idée de goû­ter à nou­veau au monde pro?

Lors des ras­sem­ble­ments avec l'équipe na­tio­nale et des matches de qua­li­fi­ca­tion pour le cham­pion­nat du monde contre les Pays-Bas, la Grèce, la Slo­va­quie et l'Au­triche. Entre les en­traî­ne­ments à rai­son de deux séances par jour, des dé­pla­ce­ments, le quo­ti­dien res­sem­blait à ce­lui d'un joueur pro. Et l'idée est de­ve­nue plus concrète.

Aviez-vous quelque chose à prou­ver ou à vous prou­ver?

Oui, ce­lui d'avoir le ni­veau suf­fi­sant pour pré­tendre jouer à ce ni­veau. Et de me dire que je n'ai pas bos­sé pour rien ces der­nières sai­sons.

En tant que ca­pi­taine de l'équipe na­tio­nale, les par­cours de Ka­mil Ry­chli­cki et Ch­ris Zuid­berg ont-ils eu une in­ci­dence?

Oui, cer­tai­ne­ment. Quelque part, je me suis dit "pour­quoi pas moi?".

Le titre en CEV Cup de Zuid­berg avec Tours ou la par­ti­ci­pa­tion de Ry­chli­cki en Ligue des cham­pions vous fai­saient rê­ver?

La Coupe d'Eu­rope, je l'ai jouée avec Wal­fer­dange même si ce n'était pas le même ni­veau. Et je vais la jouer cette sai­son avec Dü­ren. Mais ce n'était pas ma mo­ti­va­tion pre­mière.

À qui avez-vous an­non­cé en pre­mier lieu votre dé­ci­sion de pas­ser pro?

En pre­mier? Je ne sais plus... J'en ai par­lé à plu­sieurs per­sonnes. Et no­tam­ment à Die­ter Scholl (NDLR : en­traî­neur de l'équipe na­tio­nale) qui m'a mis en contact avec Dü­ren. J'ai pas­sé deux jours ici fin juin à m'en­traî­ner, à mon­trer ce que je sais faire et ap­pa­rem­ment ça leur a plu.

Comment se passe votre vie en Al­le­magne? Ça fait deux mois que je vis à Dü­ren qui est une pe­tite ville. Pour l'ins­tant, je n'ai pas trop eu l'oc­ca­sion de sor­tir et les jour­nées tournent au­tour du vol­ley. Le ma­tin, c'est 1 h 30 de mus­cu­la­tion, je rentre à l'ap­par­te­ment pour man­ger, je fais la sieste pour ré­cu­pé­rer et, à 17 h, je re­pars pour la deuxième séance d'en­traî­ne­ment.

Et votre in­té­gra­tion dans l'équipe?

Très bien. Comme je parle al­le­mand, je ne suis pas vrai­ment étran­ger. Ils me prennent un peu pour un Al­le­mand ici (il rit).

Vous avez été en­ga­gé comme deuxième pas­seur der­rière Sti­jn D'Hul­st ar­ri­vé en pro­ve­nance de Rou­lers...

Quand j'ai si­gné mon contrat, j'ai dit que je vou­lais avoir du temps de jeu et ils m'ont as­su­ré que je l'au­rais. Après, ve­nant du Luxem­bourg, je ne peux pas avoir de pré­ten­tions. Je dois être pa­tient, tra­vailler et évo­luer. Lors des matches de pré­pa­ra­tion, on a par­ta­gé le temps de jeu. Sauf lors des deux pre­miers où j'étais seul.

Lors des matches ami­caux, vous avez croi­sé deux fois Maa­seik et Ka­mil Ry­chli­cki...

Oui, c'était co­ol de jouer contre lui avec nos clubs. On a pas­sé en­suite la soi­rée en­semble à Dü­ren, c'était sym­pa. D'ailleurs, on n'a pas trop par­lé de vol­ley...

Quel est l'ob­jec­tif du club? At­teindre, comme la sai­son der­nière, les de­mi-fi­nales du play-off. Même si on sait que ce se­ra dif­fi­cile.

De­main, vous dé­bu­tez le cham­pion­nat par la ré­cep­tion de Ber­lin, le cham­pion en titre. C'est une bonne mise en ac­tion...

Au vu de nos quatre pre­miers matches*, le ca­len­drier n'est pas fa­cile. Soit on fait la sur­prise, soit on se re­trouve dé­jà avec une grosse pres­sion sur les épaules...

Comment sont les sup­por­ters de Dü­ren?

Plu­tôt sym­pas. Mes équi­piers m'ont dé­jà pré­ve­nu que sa­me­di, il de­vrait y avoir au moins 1 500 spec­ta­teurs et que vu l'am­biance qu'ils mettent, on ne s'en­ten­dra pas sur le ter­rain...

* Re­çoit Ber­lin, va à Lü­ne­burg, re­çoit Rhein-Main et va à Un­te­rha­ching.

Seuls les très bons joueurs gagnent l'équi­valent d'un sa­laire d'ins­ti­tu­teur au Luxem­bourg

Gilles Braas va vivre un rêve d'en­fant à Dü­ren.

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