À L'AS­SAUT DE L'IRON­MAN D'HA­WAÏ

Ch­ris­tian Wey­land, Thier­ry Dond­lin­ger (pho­to) et Da­ny Pa­pi sont trois potes qui ont dé­cro­ché leur place pour le plus pres­ti­gieux des tri­ath­lons : le cham­pion­nat du monde d'Iron­man à Ko­na, sur l'île d'Ha­waï, qui se dé­roule de­main. Les trois Luxem­bour­geois

Le Quotidien (Luxembourg) - - Faits De Société - En­tre­tien avec notre jour­na­liste De­nis Bas­tien

Après 3,8 km de na­ta­tion, 180 km de cy­clisme et en­fin 42,195 km de course à pied, ils es­pèrent bien ar­ri­ver au bout d'une sa­crée aven­ture.

Les trois com­pères avaient bonne mine et avaient l'air sa­cré­ment mo­ti­vés voi­ci quelques jours lors­qu'ils sont pas­sés nous voir. Ch­ris­tian Wey­land et Da­ny Pa­pi ont 38 ans, Thier­ry Dond­lin­ger, un an de plus. Pa­pi et Do nd­lin­ger sont li­cen­ciés au club de Mersch. Wey­land au club de Bel­vaux. En route!

Ra­con­tez comment cette idée de par­ti­ci­per à l'Iron­man d'Ha­waï vous est ve­nue?

Ch­ris­tian Wey­land : C'est le rêve de tout tri­ath­lète de par­ti­ci­per à ce triath­lon d'Ha­waï. Ça nous est ve­nu au mi­lieu de l'an­née 2016 lors­qu'on s'est pré­sen­té au dé­part, en Ma­lai­sie, d'un Iron­man qua­li­fi­ca­tif pour Ha­waï. On a dé­ci­dé d'avoir ce pro­jet tous les trois. Il fal­lait tout d'abord se qua­li­fier. On a par­ti­ci­pé à plu­sieurs épreuves en­semble, mais on s'est fi­na­le­ment qua­li­fiés sur trois épreuves dif­fé­rentes.

Da­ny Pa­pi : Lors­qu'on a com­men­cé à par­ti­ci­per à des épreuves longue dis­tance, on avait tou­jours le but de se qua­li­fier pour Ha­waï. On a dé­ci­dé en 2016 de s'y mettre à fond. Notre pre­mière course, c'était en Ma­lai­sie. Le deuxième ren­dez-vous, c'était en Afrique du Sud. Et en Au­triche la troi­sième. Mais Ch­ris­tian n'a pas pris le dé­part de la deuxième course, car il s'est qua­li­fié di­rec­te­ment en Ma­lai­sie.

C. W. : En Afrique du Sud, j'ai eu le der­nier ti­cket, mais Thier­ry (Dond­lin­ger) l'a ra­té pour seule­ment 40 se­condes!

Thier­ry Dond­lin­ger : C'était ra­geant...

D. P. : Les qua­li­fi­ca­tions se font par ca­té­go­rie d'âge se­lon un nombre de places dé­fi­ni. Il faut ter­mi­ner dans les cinq ou six pre­miers des épreuves qua­li­fi­ca­tives. Ce n'est pas évident.

C. W. : Mais nous avons le mau­vais âge, car la ca­té­go­rie 35-39 ans est qua­si­ment la plus forte en longue dis­tance. C'est dif­fi­cile de se qua­li­fier. En Ma­lai­sie, lorsque je me qua­li­fie, je ter­mine sixième, mais le cin­quième n'a pas pris sa place, j'en ai hé­ri­té.

Thier­ry, vous avez fi­na­le­ment pu ob­te­nir votre qua­li­fi­ca­tion...

T. D. : Oui, c'était à Maas­tricht au mois d'août. C'était ma der­nière

«On sait juste qu'Hwaï, c'est ter­rible...» chance. J'ai eu chaud! J'ai ter­mi­né sixième, le pre­mier n'a pas pris sa place, donc j'ai pu me qua­li­fier. Mais c'était la guerre... Le ni­veau est très ser­ré. En Ma­lai­sie, les huit pre­miers se sont re­trou­vés en huit mi­nutes à l'ar­ri­vée...

Vous at­ten­dez quoi de cet Iron­man d'Ha­waï?

C. W. : Je me suis pré­pa­ré sé­rieu­se­ment. J'étais sur place en 2013 en tant que spec­ta­teur. J'ai bien conscience que c'est un triath­lon spé­cial. Les condi­tions mé­téo­ro­lo­giques sont dures. En gé­né­ral, dans une épreuve nor­male, si tu ar­rives au ki­lo­mètre 30 de la course à pied, c'est bon, tu as qua­si­ment as­su­ré. Pas à Ha­waï, tout peut ar­ri­ver...

non?

Pour quelle rai­son?

C. W. : D'abord à cause du vent et puis c'est chaud à cre­ver. Le dé­ca­lage ho­raire pèse aus­si sur les or­ga­nismes. Ces condi­tions dif­fi­ciles que vous dé­cri­vez, c'est aus­si ce qui fait le mythe de l'Iron­man d'Ha­waï,

C. W. : Oui, c'est ça. On ne peut rien pré­voir. On sait juste que c'est un triath­lon ter­rible.

Quand avez-vous dé­bu­té dans le triath­lon?

D. P. : C'était à Ma­jorque en 2016 dans une preuve de moyenne dis­tance.

T. D. : Moi c'était à Ro­sport, dans un courte dis­tance. Il s'agis­sait du cham­pion­nat luxem­bour­geois 2015.

Votre ex­pé­rience dans le triath­lon est donc très ré­cente. Vous ve­nez de quels sports?

D. P. : Avec Ch­ris­tian, on vient tous les de ux du cy­clisme. En­suite, je suis en­tré à l'ar­mée et j'ai com­men­cé par cou­rir. Il res­tait juste à na­ger!

T. D. : Étant mi­li­taire, j'ai tou­jours pra­ti­qué du sport, mais j'ai ache­té mon pre­mier vé­lo en 2014. Je ne rou­lais pas avant... Et pour la na­ta­tion, j'étais comme tout le monde. On sait na­ger mais on ne sait pas na­ger comme un tri­ath­lète, quoi...

Et main­te­nant, vous na­gez comme des tri­ath­lètes?

D. P. : On es­saie, mais pas comme des na­geurs. On se re­trouve quand même à la fin du pre­mier tiers.

C. W. : Si on ne na­geait pas un mi­ni­mum, on ne pour­rait pas se qua­li­fier. Je suis le plus mau­vais na­geur des trois et je suis vrai­ment à la li­mite. Je com­pense avec le vé­lo.

À vos yeux, qu'est-ce qui est le plus im­por­tant : réa­li­ser une per­for­mance ou plus sim­ple­ment se faire plai­sir et al­ler au bout du dé­fi?

D. P. : Pour moi, ce n'est pas as­sez de vou­loir fi­nir, car si on veut ter­mi­ner cette course, on va la ter­mi­ner sauf en­nui mé­ca­nique. On avait le plan de se qua­li­fier pour Ha­waï. On a par­ti­ci­pé à ces épreuves qua­li­fi­ca­tives. On a eu le ti­cket. Alors à Ha­waï, on fait quoi? Soit on se fait plai­sir, soit on donne tout! Et on risque de de­voir mar­cher les dix der­niers ki­lo­mètres. Je vais tout don­ner...

C. W. : On a la chance de se re­trou­ver dans une ca­té­go­rie d'âge où il faut faire un bon temps pour se qua­li­fier. On a fait ces épreuves en moins de 10 heures. Le temps maxi­mal à Ha­waï, c'est 16 heures. Alors on va le faire vrai­sem­bla­ble­ment.

T. D. : Le pre­mier longue dis­tance que j'ai fait, c'était le but, de ter­mi­ner. Plus main­te­nant. Dans les courses de sé­lec­tion, on s'est mis la pres­sion, par­ti­cu­liè­re­ment moi, car j'avais peur de ne p as réus­sir. À Ha­waï, je vou­drais me faire plai­sir, ce se­ra une ré­com­pense mais ça ne veut pas dire que je ne vou­drai pas tout don­ner , au contraire.

Dans ces longues dis­tances, quelle est la part de souf­france et de plai­sir?

C. W. : C'est tou­jours lié. C'est dur pour tout le monde.

Mais peu de dis­ci­plines sont si exi­geantes et gé­nèrent un point de rup­ture à évi­ter...

D. P. : La course est tel­le­ment longue qu'on peut faire beau­coup d'er­reurs avant la fin. Si tu as fais une par­tie de cy­clisme trop ra­pide, tu ne sau­ras pas cou­rir vite ton ma­ra­thon. Il faut gé­rer ton ef­fort.

Le mur du ma­ra­thon, vous le si­tuez où dans un Iron­man?

T. D. : Au ma­ra­thon, le mur vient bien au 30e ki­lo­mètre, mais je di­rais que c'est un mur beau­coup plus fa­cile à fran­chir que dans un Iron­man. Je di­rais que ce mur vient dans le ma­ra­thon aux alen­tours du 25e ki­lo­mètre. Comme c'est un mur très haut, il faut avoir un bon men­tal pour s'en sor­tir...

Sans vou­loir vous faire peur, vous re­dou­tez cet Iron­man d'Ha­waï?

T. D. : On n'a pas peur, mais on est bien conscient que ça va être dur...

D. P. : Nous avons ris­qué dans nos courses pour nous qua­li­fier. Le pro­blème, c'est qu'à Ha­waï, il ne faut pas ris­quer car le risque de le payer est fort. Si tu as un pro­blème sur le vé­lo au bout de 100 km, tu sais que tu vas te prendre le mur! Ta course est dé­jà ter­mi­née. T. D. : Même avec de bonnes jambes, même dans un bon jour, on sait qu'on va se le prendre, le mur. Les deux der­nières heures, ça va faire mal! D. P. : Mais ça fait mal à tout le monde...

C. W. : Sur une course de 8 ou 9 heures, tu ne peux pas connaître un bon jour à 100 %. Ça n'existe pas. En cy­clisme, ça peut ar­ri­ver. Pas en triath­lon. Tu as tou­jours des mo­ments où tu te sens moins bien. On pla­ni­fie une course idéale, mais si tu es à 80 %,

c'est presque par­fait.

C'est lors des apé­ros d'après­course qu'on a dé­ci­dé de nos fu­turs dé­fis...

(Ch­ris­tian Wey­land)

Les se­maines im­por­tantes, on a pas­sé jus­qu'à 32 heures.

Mais il y a eu des se­maines avec seule­ment 15 h d'en­traî­ne­ment...

(Ch­ris­tian Wey­land)

Lors des va­cances d'été, je par­tais le ma­tin, je ren­trais l'après-mi­di. Le dé­jeu­ner, ce n'était ja­mais au res­tau­rant...

(Da­ny Pa­pi)

Pour votre pré­par ation, com­bien d'heures par se­maine avez-vous pas­sé à vous en­traî­ner?

T. D. : Au moins 20 heures par se­maine. Et ça monte jus­qu'à 30 heures.

Comment avez-vous fait pour conci­lier vos vies per­son­nelles, pro­fes­sion­nelles et spor­tives?

D. P. : Il faut d'abord l'ap­pui de la fa­mille, car, si­non, c'est im­pos­sible. Mais ef­fec­tuer les voyages en fa­mille a été un peu vé­cu comme une ré­com­pense. C'est plus fa­cile à ven- dre à la mai­son (il

rit). Si­non, c'est dur. Deux fois par se­maine à 6 h 30, on est dé­jà à la pis­cine.

C. W. : Cette pré­pa­ra­tion dure sur une longue pé­riode et né­ces­site beau­coup de sa­cri­fices pour la vie pri­vée. Tu dois t'en­traî­ner sans au­cune marge de ma­noeuvre. Les se­maines im­por­tantes, on a pas­sé jus­qu'à 32 heures. Mais il y a eu des se­maines avec seule­ment 15 heures d'en­traî­ne­ment...

T.D.: (Il rit) Ce n'était pas sou­vent quand même!

C. W. : Des fois tu fais une séance de 3 heures et tu as l'im­pres­sion que ce n'est rien!

D. P. : Moi, mes en­fants m'ont quel­que­fois peu vu lors des va­cances d'été. Je par­tais le ma­tin, je ren­trais l'après-mi­di. Le dé­jeu­ner, ce n'était ja­mais au res­tau­rant...

C. W. : Ma fille ne m'a pas beau­coup vu ces der­niers temps, mais elle se­ra à Ha­waï.

T. D. : Ce sont beau­coup de sa­cri­fices, mais on a ap­pris à

s'or­ga­ni­ser. On a tou­jours dans la voi­ture de quoi par­tir cou­rir ou al­ler na­ger.

Da­ny et Thier­ry, vous por­tez l'écus­son de l'ar­mée. Vous avez eu des fa­ci­li­tés pour vous en­traî­ner?

T. D. : Oui, nous en avons, mais on ne rentre pas dans la ca­té­go­rie des spor­tifs d'élite. Dès que notre bou­lot était fait, on a pu s'en­traî­ner.

D. P. : Et moi en tant que mo­ni­teur de sport, j'ai bé­né­fi­cié de fa­ci­li­tés, mais j'étais au bou­lot à 8 h et je par­tais à 17 h. Comme tous les autres. Avec Thier­ry, on s'est beau­coup en­traî­nés en­semble. On pas­sait presque plus de temps en­semble qu'avec nos fa­milles. Une fois, je me sou­viens qu'on avait fait plus de 6 heures de vé­lo. De re­tour à la mai­son, mon épouse m'a de­man­dé comment il al­lait. Je lui ré­ponds que je ne sa­vais pas, on ne s'était pas par­lé (il rit).

T. D. : Moi, je connais­sais la cou­leur de ses paires de soc­quettes. Je res­tais dans la roue...

Après cette par­ti­ci­pa­tion à Ha­waï, vous en­vi­sa­gez une suite?

T. D. : On est dé­jà en­re­gis­tré pour l'Iron­man de Franc­fort, qui se­ra le cham­pion­nat d'Eu­rope 2018. Per­son­nel­le­ment, si je de­vais de nou­veau me qua­li­fier pour Ha­waï, je ne met­trai plus le fo­cus là-des­sus. Je cher­che­rai à faire de bonnes courses et à amé­lio­rer mon temps.

D. P. : Moi, c'est pa­reil. Je ne veux plus mettre au­tant de pres­sion. Ce que nous avons vé­cu cette an­née n'était pas simple. Ch­ris­tian s'est qua­li­fié ra­pi­de­ment et Thier­ry a dû at­tendre la der­nière li­mite.

C. W. : Moi, je conti­nue­rai sû­re­ment un an en­core. Mais je vais voir ce que ça donne.

D. P. : On conti­nue­ra sû­re­ment mais sans pres­sion.

Ce n'est pas plus fa­cile de se re­cen­trer sur les épreuves de moyenne dis­tance?

C. W. : Oui, il y en a plus, mais la longue dis­tance, c'est le vrai triath­lon.

T. D. : Un Iron­man, ça ne se fait pas à moi­tié. Moi, les courses de moyenne dis­tance, j'en fais pour l'en­traî­ne­ment. Mais ce n'est pas le but. Un cou­reur de ma­ra­thon veut faire du ma­ra­thon, pas du se­mi-ma­ra­thon. C'est pa­reil ici. La moi­tié, ce n'est plus un chal­lenge.

D. P. : Nous deux, nous nous étions qua­li­fiés pour les Mon­diaux de moyenne dis­tance aux États-Unis et fi­na­le­ment, nous n'y sommes pas al­lés...

Avez-vous échan­gé avec des Luxem­bour­geois qui ont par­ti­ci­pé à cet Iron­man d'Ha­waï?

C. W. : Oui, avec Dan De­thier qui est un bon co­pain. Je roule ré­gu­liè­re­ment avec lui. C'est le seul Luxem­bour­geois qui a rem­por­té sa ca­té­go­rie d'âge. Il s'est im­po­sé deux fois dans notre ca­té­go­rie des 35-39 ans. On se parle beau­coup.

D. P. : Et comme il est mi­li­taire, on le cô­toie éga­le­ment beau­coup. Et chez les pro­fes­sion­nels, Dirk Bo­ckel a même une fois ter­mi­né qua­trième

(2012). Lui était spor­tif d'élite.

Que vous-a-t-il dit?

D. P. : Il n'y a pas grand-chose à dire. Si on est un tri­ath­lète de longue dis­tance, tout le monde a son truc.

T. D. : Rien que pour se qua­li­fier, on mul­ti­plie les er­reurs, les ex­pé­riences. Alors, don­ner de bons conseils, c'est dif­fi­cile.

C. W. : Dan (De­thier) était là 7 fois et la chose que j'ai re­te­nue, c'est que les condi­tions mé­téo étaient chaque an­née dif­fé­rentes. Lors­qu'il a ga­gné sa ca­té­go­rie d'âge, son temps était in­fé­rieur à la plu­part de ses autres par­ti­ci­pa­tions.

D. P. : Il fau­dra être en forme pour le jour J et je pense que nous le se­rons.

C. W. : On a fait le mé­tier comme on dit!

Ch­ris­tian, lorsque vous cou­riez en cy­clisme, vous n'étiez pas si maigre...

C. W. : J'étais tou­jours trop gros, c'est vrai. Mais un cy­cliste ne s'en­traîne pas non plus 32 heures... Tu brûles beau­coup d'énergie en triath­lon.

D. P. : On n'a ja­mais fait de pause avec les épreuves de sé­lec­tion.

C. W. : On n'a ja­mais été si sé­rieux dans notre vie spor­tive que main­te­nant.

D.P.: On a in­ves­ti tel­le­ment de temps et d'ar­gent qu'on fait tout à 100 %. Si­non, ça ne sert à rien.

Vous vous êtes beau­coup en- traî­né en­semble?

D. P. : Moi et Thier­ry, oui. Ch­ris­tian se joi­gnait à nous le week-end. C. W. : Pour un sport in­di­vi­duel, je pense qu'on s'est beau­coup en­traî­nés en­semble. Ce­la m'a bien ai­dé de m'en­traî­ner en groupe pour les séances de na­ta­tion que j'aime moins. C'était

plus fa­cile. Pour les lon gues séances de cy­clisme, c'est plus fa­cile en groupe éga­le­ment.

Pour ré­su­mer, quoi dans cet Iron­man de Ha­waï?

C. W. : J'ai tou­jours en tête le dé­part, avec l'épreuve de na­ta­tion. C'est énorme. Ce­la se fait à l'an­cienne, tout le monde en­semble. Tu nages tout droit presque 2 km et tu dois re­ve­nir.

T. D. : C'est bien pour ceux qui re­gardent (il rit)...

C. W. : Je suis un mau­vais na­geur, mais je n'ai pas peur.

D. P. : Pour nous, c'est la na­ta­tion qu'on re­doute. La course com­men­ce­ra à la sor­tie de l'eau, après cette épreuve de na­ta­tion de masse et sans com­bi­nai­son.

T. D. : On ne peut pas com­pa­rer avec ce qu'on fait à l'en­traî­ne­ment en pis­cine.

C.W.: Tu as le cou­rant...

TD : Ce se­ra la ba­garre!

D. P. : Moi, je n'ai pas peur de la ba­garre.

T. D. : Ce n'est pas de la peur, mais juste une ap­pré­hen­sion. D. P. : Moi, ce qui me fait peur, c'est un simple en­nui mé­ca­nique sur le vé­lo.

Que se pas­se­rait-il alors?

D. P. : Il fau­drait ré­pa­rer soi-même. Si tu n'ar­rives pas à ré­pa­rer, c'est fi­ni.

C. W. : Le risque de cre­vai­son est im­por­tant à Ha­waï, avec les pierres. Mais une cre­vai­son, ça se ré­pare.

D. P. : En 2015, sur une épreuve da­noise, j'ai eu deux cre­vai­sons.

Pa­reil à Ma­jorque. Ça ar­rive.

Cette an­née, je touche du bois, je n'en ai pas eu... C. W. : Si c'est seule­ment une cre­vai­son, ça ira, la course n'est pas ter­mi­née. Tu perds cinq mi­nutes. L'hor­reur, ce se­rait la chaîne cas­sée.

D. P. : L'an pas­sé à Wies­ba­den, j'ai cas­sé mon dé­railleur! À Ha­waï, ce se­rait plus em­bê­tant car on ne sait pas si on au­ra la chance d'être à nou­veau au dé­part. D'ailleurs, si j'ai un en­nui mé­ca­nique alors je re­com­men­ce­rai tout! (il rit)

Et que fe­rez-vous après si vous réus­sis­sez à at­teindre vos ob­jec­tifs?

D. P. : J'ai dit à Thier­ry que si je par­ve­nais à rou­ler l'épreuve de cy­clisme à 240 watts, alors Thier­ry de­vra s'ali­gner sur le trail Ue­wer­sauer...

T. D. : On au­ra un bon apé­ro le len­de­main de l'ar­ri­vée! Comme à chaque course de qua­li­fi­ca­tion.

D. P. : En Ma­lai­sie, je m'en sou­viens en­core...

C. W. : C'est lors de ces apé­ros d'après-course, qu'on a dé­ci­dé de nos fu­turs dé­fis...

T. D. : Le jour même, on se dit plus ja­mais, mais deux jours après, on s'en­re­gistre pour les pro­chaines courses. En Afrique du Sud, j'avais ju­ré qu'on ne m'y re­pren­drait plus, et puis...

D. P. : En Ma­lai­sie, à l'aé­ro­port, je me suis en­re­gis­tré pour l'Afrique du Sud.

C. W. : Notre but, pen­dant toute l'an­née, était d'al­ler à Ha­waï tous les trois. Le pa­ri était ris­qué, il est réus­si.

D. P. : Après, ce se­ra dif­fi­cile de se fixer de nou­veaux ob­jec­tifs.

Le jour même, on se dit plus ja­mais mais deux jours après, on s'en­re­gistre pour les pro­chaines courses. En Afrique du Sud, j'avais ju­ré qu'on ne m'y re­pren­drait plus, et puis...

(Thier­ry Dond­lin­ger)

Si tu as un pro­blème sur le vé­lo au bout de 100 km, tu sais que tu vas te prendre le mur!

(Da­ny Pa­pi)

On au­ra un bon apé­ro le len­de­main de l'ar­ri­vée! Comme à chaque course de qua­li­fi­ca­tion

(Thier­ry Dond­lin­ger)

Thier­ry Dond­lin­ger

Da­ny Pa­pi

Ch­ris­tian Wey­land

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