Quelle so­lu­tion?

Le Quotidien (Luxembourg) - - Faits De Société - Li­sa La­grange (Le Ré­pu­bli­cain lor­rain)

La pre­mière salve de dés­in­fec­tion n'y a rien fait. Se­lon les étu­diants , trois bâ­ti­ments se­raient au­jourd'hui tou­chés.

On a comp­té : une qua­ran­taine de pi­qûres par se­maine, de­puis deux mois.» Hé­lène et Ana, ré­si­dentes du cam­pus du Saul­cy à Metz n'en peuvent plus. En sep­tembre, les deux étu­diantes, ori­gi­naires de Bou­lay et Faul­que­mont, in­tègrent cha­cune leur chambre au même étage du bâ­ti­ment P2 de la ci­té U, au cen­tre­ville de Metz. «La deuxième se­maine, on a com­men­cé à se faire pi­quer la nuit. Sur les bras et les jambes, beau­coup. On a d'abord cru à des mous­tiques…» Mais le phé­no­mène per­dure, puis s'am­pli­fie. Un jour, elles tombent nez à nez avec une pu­naise de lit. Puis plu­sieurs. Le jeune homme qui oc­cupe la chambre si­tuée entre les leurs ra­conte «une vé­ri­table in­va­sion, per­çue dès son ar­ri­vée alors que le der­nier oc­cu­pant ve­nait de quit­ter les lieux».

Fin sep­tembre, les jeunes filles si­gnalent leur pro­blème au Crous de Lor­raine. «Le trai­te­ment n'a pas eu lieu tout de suite. Il fal­lait contac­ter une en­tre­prise. Ce trai­te­ment s'ef­fec­tue en­suite sur trois se­maines. Mais le soir, on en a en­core vu. Après les va­cances de Tous­saint, quand on est ren­trées, il y en avait tou­jours.» Un nou­veau coup de té­lé­phone est pas­sé.

Ri­chard Wilms, di­rec­teur hé­ber­ge­ment du Crous de Lor­raine, ne mé­con­naît pas le pro­blème «qui ar­rive par­tout, même dans les hô­tels et les ci­né­mas», en ré­fé­rence au Ki­ne­po­lis de Thion­ville. Une en­tre­prise ex­té­rieure a été mis­sion­née. Un pro­to­cole sup­plé­men­taire a été pro­po­sé. «Ce­la me semble éton­nant que ça dure de­puis deux mois. Les étu­diants se dé­placent. Il faut

«On nous a dit que c'était de notre faute, qu'on n'avait pas res­pec­té le pro­to­cole. C'est faux! On a même ache­té un as­pi­ra­teur, un net­toyeur va­peur, des pro­duits chi­miques. Ça nous coûte une for­tune avec notre bud­get étu­diant. On passe une heure tous les soirs à net­toyer nos ma­te­las…»

«Ça se pro­page c'est évident»

Les jambes d'Hé­lène sont to­ta­le­ment bour­sou­flées. Son mé­de­cin est for­mel : à force d'être pi­quée, elle a dé­clen­ché une ré­ac­tion al­ler­gique.

«Je prends des mé­di­ca­ments. Mais je suis tou­jours pi­quée!»

Dif­fi­cile de connaître l'am­pleur pré­cise du phé­no­mène. Le Crous (lire ci­contre) ne donne pas de chiffres. Ana et Hé­lène ex­pliquent aus­si qu'un sen- aus­si dé­bar­ras­ser leurs af­faires pour évi­ter une ré­in­fes­ta­tion. C'est un su­jet sen­sible», ex­plique Ri­chard Wilms.

Que faire con­crè­te­ment? Une com­mu­ni­ca­tion pour que les étu­diants se si­gnalent afin d'évi­ter une pro­pa­ga­tion? «On peut l'en­vi­sa­ger. Nous ne vou­lons pas faire peur aux gens. Sur­tout que nous n'avons pas de so­lu­tions, le cam­pus de Metz est com­plet.» ti­ment de honte s'est ra­pi­de­ment ins­tal­lé. Du coup, c'est l'omer­ta. «On n'en parle pas ou peu, entre nous, sur le cam­pus. Même si on sait que ce n'est pas de notre faute, ce n'est pas fa­cile à vivre. Donc, c'est dif­fi­cile de sa­voir exac­te­ment com­bien de chambres sont tou­chées. Mais au­jourd'hui, on sait qu'il y en a aus­si dans les deux autres bâ­ti­ments. Ça se pro­page, c'est évident.»

De­puis leur chambre, les deux co­pines voient dé­sor­mais une benne se rem­plir pro­gres­si­ve­ment de ma­te­las. «On en dé­duit qu'on est loin d'être les seules. Nous, on a tou­jours nos ma­te­las. Et on laisse la benne à 2 m de nos fenêtres…»

Une nou­velle phase de dés­in­fec­tion doit avoir lieu cette se­maine. En tout, le cam­pus du Saul­cy compte 858 lo­ge­ments étu­diants.

Hé­lène et Ana ré­sident dans le bâ­ti­ment P2. Elles ont des connais­sances, éga­le­ment tou­chées par des pu­naises de lits, dans les bâ­ti­ments P1 et P5 du cam­pus du Saul­cy.

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