«Bo­ban B. croit sau­ver sa peau par son in­fluence»

LUXEM­BOURG Le pro­cès de Bo­ban B. et de neuf autres pré­ve­nus a en­ta­mé hier sa sixième se­maine avec le ré­qui­si­toire. Le par­quet n'a pas épar­gné le prin­ci­pal pré­ve­nu.

Le Quotidien (Luxembourg) - - Faits De Société -

Les preuves doivent être as­sez fi­ce­lées le jour de l'ar­res­ta­tion. Et c'était le cas. Il y a as­sez d'élé­ments à charge dans le dos­sier »,a sou­le­vé, hier ma­tin, le sub­sti­tut prin­ci­pal Mar­tine Wo­de­let au dé­but de son ré­qui­si­toire dans l'im­por­tante af­faire de tra­fic de ma­ri­jua­na et de co­caïne re­pro­ché à Bo­ban B. (32 ans) entre fé­vrier 2012 et la fin de l'été 2014. Neuf autres per­sonnes l'ac­com­pagnent sur le banc des pré­ve­nus.

«C'est une en­quête d'ex­cep­tion qui a du­ré plus de quatre ans, tant au ni­veau des moyens po­li­ciers que des res­sources fi­nan­cières em­ployées», a en­core rap­pe­lé la re­pré­sen­tante du par­quet avant de pas­ser en re­vue les points forts des in­ves­ti­ga­tions me­nées : pas moins de 26 clas­seurs re­cueillent l'en­semble des in­dices et preuves – mis­sions d'in­fil­tra­tion, ob­ser­va­tions, écoutes té­lé­pho­niques... – ayant conduit à l'ar­res­ta­tion des pre­miers pré­ve­nus le 22 oc­tobre 2015. Les trois pre­mières se­maines de ce pro­cès, les en­quê­teurs n'ont fait qu'ex­po­ser leur tra­vail.

Entre 250 et 300 kg de ma­ri­jua­na im­por­tés

«Rouage »et« ma­chi­na­tion», ce sont les termes em­ployés par le sub­sti­tut prin­ci­pal pour dé­crire les ac­ti­vi­tés illé­gales me­nées par le prin­ci­pal pré­ve­nu. «Bo­ban B. croit sau­ver sa peau par son in­fluence», a no­té la re­pré­sen­tante du par­quet en fai­sant ré­fé­rence à la volte-face du pré­ve­nu Ke­vin K. la se­maine pas­sée : « Lors de ses pre­mières dé­po­si­tions à la po­lice, il veut faire table rase. En­suite à la barre il re­vient sur ses aveux et es­saie de char­ger Bo­ban B. le moins pos­sible…»

Le par­quet de­mande au tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de ne pas re­te­nir les dé­cla­ra­tions faites par les pré­ve­nus à l'au­dience : «Car elles étaient loin de la réa­li­té et du dos­sier, à l'ex­cep­tion de celles de la pe­tite amie de l'époque de Bo­ban B.»

En sui­vant les dé­cla­ra­tions des pré­ve­nus à la po­lice et chez le juge d'ins­truc­tion, le mi­nis­tère pu­blic ar­rive à la conclu­sion que Bo­ban B. et son bras droit Ke­vin K. ont au moins im­por­té puis mis en cir­cu­la­tion de 250 à 300 kg de ma­ri­jua­na. Leurs four­nis­seurs au­raient été le co­pré­ve­nu Frank V. et un contact néer­lan­dais. À la barre, Frank V. a nié toute im­pli­ca­tion dans un tra­fic avec Bo­ban B. Le sub­sti­tut prin­ci­pal ré­plique : «Il est in­con­tes­table qu'il était im­pli­qué dans les plan­ta­tions de Trooz (B) et CourtSaint-Étienne. C'est lui qui four­nis­sait les bou­tures de can­na­bis, cher­chait les in­ves­tis­seurs et clients po­ten­tiels. Il les a trou­vés dans les per­sonnes de Bo­ban B. et Ke­vin K.» Outre l'im­por­tant tra­fic de drogue, le par­quet re­proche à Bo­ban B. d'avoir fal­si­fié toute une sé­rie de contrats de vente de voi­tures. Pour le par­quet, il s'agit clai­re­ment d'«un moyen pour jus­ti­fier ses ren­trées d'ar­gent li­quide vis-à-vis de sa banque.»

Une au­dience n'au­ra pas suf­fi pour ve­nir à bout du ré­qui­si­toire du par­quet. Le sub­sti­tut prin­ci­pal en­chaî­ne­ra de­main après-mi­di avec le tra­fic de co­caïne. «C'est un tra­fic de stu­pé­fiants qui s'est fait à l'in­su des Hells An­gels. C'est pré­ci­sé­ment là où le bât blesse et c'est ce qui met les pré­ve­nus dans de sales draps», a-t-il dé­jà aver­ti, hier. Lors de leurs dé­po­si­tions, plu­sieurs pré­ve­nus avaient en ef­fet une cer­taine ré­ti­cence à par­ler du club et de son fonc­tion­ne­ment in­terne.

F. A.

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