C'ÉTAIT L'ESTADIO DA LU(Z)EMBOURG!

POR­TU­GAL Nous sommes al­lés vivre le choc Ben­fi­ca - Por­to au beau mi­lieu d'un vé­ri­table exode de sup­por­ters ve­nus du Grand-Du­ché. Et sur­tout ben­fi­quis­tas...

Le Quotidien (Luxembourg) - - Vorderseite - De notre en­voyé spé­cial à Lis­bonne, Jes­sy Fer­rei­ra

Le Luxem­bourg n'au­ra pas for­cé­ment le sou­rire cette se­maine. Pas en tout cas les sup­por­ters du Ben­fi­ca et en­core moins ceux qui étaient au stade, di­manche soir. À l'heure de re­prendre l'avion hier ma­tin di­rec­tion le Luxem­bourg, il y avait de l'amer­tume du cô­té des sup­por­ters du Ben­fi­ca. Quelques jours plus tôt, en dé­col­lant du Fin­del à des­ti­na­tion de Lis­bonne, tous s'at­ten­daient à autre chose qu'une dé­faite. Mais mal­heu­reu­se­ment pour eux, ils ont vu leur équipe perdre face à leur plus grand ri­val, le FC Por­to, à la der­nière mi­nute et, du coup, leur chance de rem­por­ter un quin­tu­plé s'ef­fon­drer mal­gré quatre jour­nées res­tant à jouer.

Pen­dant que les 3 000 sup­por­ters de Por­to pre­naient le che­min de la mai­son avec le sou­rire, cer­tains des 60 000 fans du Ben­fi­ca pre­naient eux l'avion en fai­sant la gri­mace. Mais ce dé­pla­ce­ment n'a pas lais­sé qu'un sou­ve­nir né­ga­tif pour ces fans ve­nus du Luxem­bourg. Ce n'est pas Thier­ry Nunes qui di­ra le contraire. Ce chauf­feur de bus de 31 ans est ve­nu avec des amis et son fils pour as­sis­ter à la ren­contre. «C'est la pre­mière fois que je me dé­place pour une ren­contre Ben- fi­ca - Por­to. J'avais en­vie de ve­nir voir l'am­biance, mais sur­tout d'y ame­ner mon fils. Je ne re­grette pas du tout d'avoir payé 125 eu­ros pour le vol et 45 eu­ros pour le ti­cket d'en­trée. Et pour l'hé­ber­ge­ment, on a dor­mi dans la fa­mille. Cô­té spor­tif, il faut dire qu'on n'a pas fait un grand match, mais l'ar­bitre n'a pas été à la hau­teur des exi­gences.» Beau­coup d'im­mi­grés ont le même res­sen­ti.

Alex offre son billet «au noir» à son oncle

Mais le plus fou dans cette his­toire, c'est le nombre de Luxem­bour­geois qui ont fait le dé­pla­ce­ment sans ti­cket pour ten­ter leur chance de­vant le stade, car les 64 000 places s'étaient ven­dues en seule­ment 24 heures.

Alex, 36 ans et ins­pec­teur de ca­mion, est ve­nu avec son père et son oncle pour as­sis­ter à la ren­contre, mais sans ti­cket, et c'est seule­ment à quelques heures du coup d'en­voi qu'il a trou­vé un billet. Seul bé­mol, il n'en a ob­te­nu qu'un... qu'il a dé­ci­dé d'of­frir à son oncle, une per­sonne âgée qui n'avait ja­mais été au stade. Cette bonne ac­tion, il n'hé­si­te­rait pas à la re­faire si le cas se re­pré­sen­tait : «Mon oncle n'a ja­mais été au stade, moi oui. Le foot c'est im­por­tant, mais la fa-

mille l'est en­core plus.» Alex a alors dé­ci­dé de re­gar­der la ren­contre à l'ex­té­rieur de­vant une rou­lotte avec une bi­fa­na et une Su­per Bock.

Plus fou en­core? Ser­gio Braz, 31 ans, di­ri­geant de ma­noeuvre aux CFL et ar­bitre au­près de la FLF, s'est dé­pla­cé avec trois amis et en a pro­fi­té pour pas­ser... par l'Al­garve afin de fê­ter un en­ter­re­ment de vie de gar­çon. Gros bud­get : la ba­ga­telle de 1 000 eu­ros pour trois jours. Et Mon­sieur s'est of­fert une place dans une loge du stade. Il avoue qu'il était «tout ex­ci­té».

Mal­gré la dé­faite.

Bru­no Fer­rei­ra, 32 ans et em­ployé à la Poste, a pro­fi­té de ce match pour al­ler faire un tour chez lui au vil­lage à 80 km de Lis­bonne et goû­ter à la spé­cia­li­té lo­cale. «Rien ne vaut le fait de pas­ser quelques heures dans son vil­lage, de re­trou­ver ses ra­cines. C'est juste dom­mage pour la dé­faite. J'ai souf­fert 90 mi­nutes et je m'at­ten­dais à un autre ré­sul­tat. Mal­heu­reu­se­ment, il faut vivre avec et conti­nuer à croire au titre. Une chose est sûre : je se­rai pré­sent ici le 15 mai avec l'es­poir de faire la fête à Mar­quês de Pom­bal.»

Sûr et cer­tain, per­sonne ne re­grette d'avoir dé­pen­sé de l'ar­gent pour ce dé­pla­ce­ment. Une ba­lade à

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