RE­TOUR EN MAI 1968

Neimëns­ter cé­lè­bre­ra, le mois pro­chain, le 50e an­ni­ver­saire de Mai 68, à tra­vers ses ré­per­cus­sions au Luxem­bourg.

Le Quotidien (Luxembourg) - - Vorderseite -

Avec Six­ty8, sor­ti en 2017, le réa­li­sa­teur An­dy Bausch a pris tout le monde de court, alors que l'on fête les 50 ans de Mai 68 seule­ment cette an­née. Re­mon­tant au car­re­four des an­nées 60-70, entre ma­ni­fes­ta­tions, hip­pies et rock, il ra­conte le mou­ve­ment d'une par­tie de la jeu­nesse luxem­bour­geoise, en co­lère comme ra­re­ment. On était alors en 1971, soit trois ans après leurs ca­ma­rades de Pa­ris et de Ber­lin. «Les choses mettent tou­jours du temps à ar­ri­ver au pays. Et puis il ne faut pas ou­blier que nous n'avions pas d'étu­diants à l'époque. Ils étaient à l'étran­ger», rap­pelle l'un d'eux dans le do­cu­men­taire.

Plus ri­gou­reux sur les dates d'an­ni­ver­saire, Neimëns­ter, du­rant tout le mois de mai, res­sort les dra­peaux et le mé­ga­phone, prêt à en dé­coudre, une nou­velle fois, avec le ca­pi­ta­lisme, la so­cié­té de consom­ma­tion et de spec­tacle, l'alié­na­tion et l'ex­ploi­ta­tion... Mais il s'in­ter­roge sur­tout sur le rôle du Grand-Du­ché et les consé­quences de ces élans ré­vo­lu­tion­naires eu­ro­péens et amé­ri­cains sur son pe­tit mi­cro­cosme. Pour­quoi ces mou­ve­ments ont tar­dé à tra­ver­ser la fron­tière? Les vagues de protestations écla­taient en ef­fet à par­tir d'avril 1971 à Die­kirch. Pour­quoi l'«in­sur­rec­tion» a tour­né court aus­si ra­pi­de­ment?

Des com­bats et de la mu­sique!

Pour ame­ner des élé­ments de ré­ponse et don­ner un nou­vel éclai­rage sur l'époque, où il est ques­tion d'un monde à re­pen­ser, de cadres po­li­tiques à bri­ser et d'une pa­role à li­bé­rer, le CCRN s'est en­tou­ré de so­lides col­la­bo­ra­teurs. D'abord le Luxem­bourg Centre for Con­tem­po­ra­ry and Di­gi­tal His­to­ry (C2DH), qui pré­sen­te­ra l'ex­po­si­tion «Échos luxem­bour­geois de Mai 68», dans la­quelle, se­lon ses or­ga­ni­sa­teurs, on de­vi­ne­ra en fi­li­grane les ques­tions so­cié­tales qui ont mar­qué cette époque : conflits in­ter­gé­né­ra­tion­nels, ma­ni­fes­ta­tions pour la paix, droits des femmes, éman­ci­pa­tion cultu­relle et autres que­relles idéo­lo­giques.

Le C2DH, qui «ap­porte l'His­toire hors des murs de l'uni­ver­si­té», en­chaî­ne­ra avec Fo­rum Z, dis­cus­sion vouée à dé­mê­ler le mythe et la réa- li­té de ce Mai 68 à la luxem­bour­geoise, à en dé­cryp­ter les com­po­santes et à en dé­ga­ger l'hé­ri­tage réel – avec, de sur­croît, une pre­mière par­tie mu­si­cale! L'autre al­lié de poids est l'ha­bi­tuel Ins­ti­tut Pierre-Wer­ner (IPW) qui, de son cô­té, abor­de­ra l'après, à tra­vers un débat que mè­ne­ront les deux his­to­riennes Em­ma­nuelle Loyer (Sciences Po Pa­ris) et In­grid Gil­cher-Hol­tey (uni­ver­si­té de Bie­le­feld), évo­quant no­tam­ment la por­tée des mou­ve­ments in­ter­na­tio­naux de la fin des an­nées 60 et leurs consé­quences et in­fluences de nos jours.

Plu­sieurs films – dont le res­tau­ré Pa­no ne pas­se­ra pas (1969) du réa­li­sa­teur luxem­bour­geois Ody Roos – ap­puie­ront les ar­gu­ments, au même titre que la pièce de théâtre Tout ce qui nous reste de la ré­vo­lu­tion, c'est Si­mon, du col­lec­tif L'Avan­tage du Doute. En bande-son de cette com­mé­mo­ra­tion, les tra­di­tion­nels «Apé­ros» du di­manche cé­lé­bre­ront, pour le coup, le free jazz, dans ses as­pects les plus ex­tra­va­gants. Li­ber­té, quand tu nous tiens...

Lorsque le nom de Mai 68 ré­sonne dans les es­prits, il évoque des chan­ge­ments so­ciaux et ré­vo­lu­tions cultu­relles à tra­vers le globe. Mais quelle est la place du Luxem­bourg dans cette grande his­toire?

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